Quidamned !

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lundi 8 mars 2010

La baraka virtuelle

Moi, j'ai la baraka.

J'ai 450 amis sur Facebook, 670 followers sur Twitter, 35 filles qui me veulent sur un site de rencontres à but exclusivement sexuel, 92 demandes de mise en relation sur Viadeo… grâce à l'internet, je suis partout. C'est la gloire.

Bon, j'exagère un peu.

Je n'ai que 45 amis sur Facebook, c'est très peu. Et c'est surtout la famille, quelques vrais amis, des relations. On ne se voit jamais car on est tous très occupés.

Les 67 followers sur Twitter, à part 4 amis, ce sont surtout des strip-teaseuses qui se fichent éperdument de ce que je raconte. Allez savoir pourquoi…

Les 35 filles qui veulent mon corps, c'est un mail automatique qui collecte des profils bidons avec des phrases racoleuses pour me faire cliquer sur le site et ainsi augmenter l'audience, qui permet de négocier des tarifs publicitaires pour des bannières ringardes. La honte du web. Pas de quoi être fier. Mais je ne me désinscris pas, parce que j'aime bien qu'on me dise que des dizaines de filles pensent à moi, me veulent dans leur lit. C'est flatteur. Illusoire, bien entendu, car je n'ai pas le temps de satisfaire 35 femmes, voyons…

Je n'ai pas 92 demandes de contact sur Viadeo, à peine quelques unes. Elle ne reflètent pas une volonté avérée des membres de ce réseau à caractère professionnel de me rencontrer ou de travailler avec moi, ne rêvons pas. C'est juste le résultat d'une routine qui fonctionne bien : quand on se connecte, le site propose une sélection aléatoire plus ou moins ciblée de "contacts potentiels" : ce sont généralement des gens qui connaissent les gens qu'on connait déjà. C'est l'opportunité d'étendre son réseau, de tisser sa toile. Il parait que c'est bon pour le business, pour trouver un job, d'avoir un réseau ; c'est ce qu'on dit, en tous cas, et ça ne coûte rien d'essayer, ou presque. Vous connaissez le slogan : 100% des gagnants ont tenté leur chance. Le networking, c'est un peu comme le loto…

Du coup, on prend l'habitude d'ajouter des inconnus dont on ne saura jamais rien. Avoir 200 contacts professionnels, ça ne rapportera probablement jamais le moindre copeck, mais c'est une fin en soi. Avoir un carnet de relations fourni, ça flatte. On a plein de relations. C'est cool.

Raconter sa vie, ça génère du buzz. Plus besoin de passer à la télé, exister sur internet, c'est déjà être une star. Pourvu qu'il y ait des commentaires !

Voilà donc la nouvelle bulle internet, increvable. Du rien à profusion. Du rien qui ne rapporte rien, qui ne sert à rien. Et du rien qui coûte.

Ben oui, ça coûte. Et pas seulement du temps, mais aussi de l'argent. Par faiblesse, je me suis laissé tenter par le pack premium de viadeo pour savoir qui consulte mon profil, quand, où, tout ! La plupart du temps, ce sont des collègues, des gens que je connais déjà, avec qui je ne travaillerai jamais en dehors de l'entreprise où je me trouve à l'instant T, c'est du networking redondant, inutile, une perte de temps.

Mais ce n'est pas important. Moi, en ce moment, j'ai plein d'amis.

vendredi 26 février 2010

Le comble du web

Le comble du web, c'est de regarder à la télévision une émission présentant une sélection de vidéos trouvées sur internet.

lundi 22 février 2010

Carrefour, le positif est de retour

La grande distrib' qui s'affiche, c'est généralement de la promo, du -30% sur une sélection d'articles, le nombre écrit en très très gros au centre.

C'est donc du nombre négatif, même si c'est positif pour vous, le consommateur perpétuel et peut-être futur client de Carrefour. Et positif pour l'annonceur, en termes de vente, de marges, puisqu'il fera des marges considérables quoiqu'il arrive, quitte à répercuter sur ses fournisseurs les réductions qu'il vous accorde.

Le positif est de retour. Le plus, ce qui manquait dans votre vie, il revient enfin, chez Carrefour.

Rappelez-vous les vieilles pubs : avec Carrefour, je po-si-ti-ve. Eh bien rebelotte. Finie la misère. Vous pouvez enfin revoir la vie du bon côté, en rouge et bleu, remettre du beurre bio dans vos épinards pas chers.

Et puis "de retour", ça rime avec Carrefour. Alors c'est bien.

Il fallait bien mettre quelque chose sous le logo, toutes les marques le font maintenant. C'est une "baseline". Le message qui accompagne la marque, pour ceux qui ne comprennent pas les valeurs exprimées par le graphisme du logo.

Chez Monoprix, "on fait quoi pour vous aujourd'hui".

Nike, qui n'écrit plus son nom, a longtemps affiché son slogan-clé, le fameux "Just do it", remixé parfois en "Do it just". De "juste fais-le (te pose pas de questions)", on glisse alors vers "fais-le bien".

Carrefour, mise aujourd'hui sur le retour. Carrefour, marque sur le retour ?

En période de crise globale soutenue, on peut y voir un retour de la méthode coué. C'est toujours la misère dans votre vie, on va essayer de repenser à autre chose, on va de nouveau po-si-ti-ver. Plus que jamais.

Vous ne serez pas plus heureux, mais au moins vous aurez de nouveau le sourire, le temps d'une promotion.

C'est que c'est en temps limité, les opés promo qui s'affichent. Payez-vous du beurre tant que c'est moins cher, après ce sera trop tard.

Carrefour ne rimerait-il pas avec toujours ?

samedi 2 janvier 2010

La chaîne hifi, c'est fini, place au mac mini…

Trentenaire en 2010, amateur de musique depuis l'enfance, c'est avoir tout connu en matériel hi-fi, du tourne-disque au lecteur mp3. Un héritage difficile à transmettre aux générations suivantes…

Voilà le challenge que je vous propose : aujourd'hui, si comme moi vous souhaitez permettre à vos enfants d'écouter facilement de la musique, que faire ?

Ce n'est pas simple, et les commerçants de tous bords ne nous aident pas beaucoup. Les fabricants non plus. C'est carrément le chaos.

Le support, déjà, soyons pragmatiques, c'est le MP3. Fini le CD de maman et papa, qui oblige à écouter une période restreinte du même artiste. Finie la compilation Top 50 de 1984, avec les 40% de variétés françaises obligatoires. Si votre enfant veut apprécier les nuances entre Berlioz, Al di Meola et Annie Cordy, c'est son droit, c'est son choix et ça repose sur le MP3.

Et qui mieux qu'iTunes gère le MP3 ?

Apple-phile ou Apple-phobe, iTunes ou autre, la musique se gère désormais par ordinateur. Il n'y a pas d'alternative.

Quel ordinateur pour gérer de la musique ? Du petit, du silencieux, pas trop cher… Le mac mini. Ajoutez un écran LCD d'entrée de gamme pas trop grand, un 15" suffirait mais c'est devenu rare, connectez le tout à un ampli bien choisi, avec deux belles enceintes, et c'est gagné. La connection internet ne gâche rien, elle vous permettra de mettre facilement à jour votre base de données à l'insertion d'un ultime CD-à-encoder-avant-de-le-jeter, un rapide passage sur un site de vente de musique pour compléter votre collection, se tenir à jour…

Au total : 3 prises de courant, une consommation de quelques centaines de watts, des câbles en tous genres…

Plus cher, mais mieux optimisé, le macbook d'entrée de gamme, tout blanc tou beau, aurait le mérite de combiner écran et ordi, une seule prise de courant, moins de fils, une consommation d'électricité réduite…

A la place de l'ampli, moins puriste et définitivement déconnecté du monde de la musique, un ensemble d'enceintes comprenant deux principales, un caisson de basses et éventuellement des satellites, le tout branché simplement sur le port audio de l'ordinateur… un rien de souffle, mais une consommation encore un peu plus faible…

Bref, la technologie rend la musique plus accessible et agréable, mais le mobilier devient digne de l'Enterprise, une installation qui tient plus du média center, qui poussera naturellement à la vidéo…

On est bien loin de la mini-chaîne de papa et maman, et quelque part, on se demande si ce progrès indéniable va vraiment dans le bon sens…

vendredi 1 janvier 2010

2010 ressemble déjà à 2009

En chimie, pour mettre en évidence la présence d'un élément, on fait une expérience simple : on crée un environnement témoin, on y injecte une élément connu, et on constate les effets.

En politique, l'expérience a été réalisée sous nous yeux deux fois, au passage à la nouvelle année.

• D'abord, avec les traditionnels vœux du Président de la République.

On parle ici d'un environnement stérile, basique, car il s'agit d'une tradition, d'un protocole. Il n'y a que peu de place pour l'individu, c'est surtout un message du chef de l'Etat à l'ensemble de ses compatriotes.

Comme nous sommes en 2010, notre Président est Nicolas Sarkozy, à qui on reproche toujours de ne pas coller au protocole, de ne pas assez respecter la fonction Présidentielle, d'être trop lui-même et pas assez l'idée que l'on se fait d'un Président en exercice, ce simple message est devenu pour l'opposition une occasion de plus pour critiquer le chef de l'Etat.

Faute !

Que lui-reproche-t-on cette fois ? Comme d'habitude !

Même message d'indignation, même critique systématique d'embellir la réalité, même message d'opposition symptomatique.

Que devait dire le Président de la République ? Devait-il utiliser ce message attendu comme chaque année par l'ensemble de la population afin de dresser un bilan personnel ? Devait-il rompre avec la tradition et employer un ton dur, plomber une ambinace traditionnellement rassurante, faire peur aux Français ?

A un moment où aucune critique n'a d'intérêt ou de fondement, le systématisme d'une opposition robotique, qui se répète sur le même ton à chaque sortie, l'a emporté de manière convaincante. Au lieu de traiter le chef de l'Etat en tant que tel, au lieu de respecter le protocole, au lieu de respecter une trêve annuelle au moment où les Français se reposent en famille pour préparer une nouvelle année, l'opposition a une nouvelle fois politisé, instrumentalisé un rendez-vous médiatique pour renouveler un message de haine et faire son auto-promotion par la critique.

La preuve est ainsi faite, scientifiquement : en milieu stérile, en présence de Nicolas Sarkozy, la Gauche présente le même discours que d'habitude, vide de sens, avide de pouvoir.

• Ensuite, la technologie permettant aujourd'hui de réaliser à moindres frais une vidéo et de la mettre en ligne, afin de toucher une audience potentiellement comparable à celle de la télévision, les prétendants à la Présidence se sont payés une allocution à la manière du Chef de l'Etat sur leur site internet. Il s'agit d'une véritable mise en concurrence des Vœux Présidentiels, des produits alternatifs imitant parfaitement l'original, à consommer immédiatement.

Seulement voilà, il faut se méfier des imitations. La contrefaçon, bien souvent, est de moindre qualité.

La preuve par l'image : composition improvisée, éclairage sommaire parfois carrément raté, aucune comparaison possible : la vidéo, maîtrisée dans le dispositif de Nicolas Sarkozy, orateur largement rôdé dans cet exercice, ne rend pas le même service à ses concurrents.

Le discours ? Toujours consensuel au début, très rapidement recentré sur l'individu, exacerbant le personnage, avec ses qualités et se défauts. Nul, que ce soit Dominique de Villepin, François Bayrou ou Martine Aubry, ne parvient à effacer l'image de l'usurpateur. Il n'y a aucune légitimité à ces vœux, autre que le souci de s'aligner au mieux sur l'image que donne le chef de l'Etat. Les prétendants restent des prétendants. L'illusion ne prend pas. Ce ne sont là que des vœux bis. De bien pâles copies. A l'heure du numérique, on revient aux crachouillis du vinyl, aux petits défauts de l'analogique. C'est un produit pirate, imparfait. Contrefait avec les moyens du bord, avec les qualités réelles des candidats à la candidature.

Il ne faut pas sous-estimer les qualités, pourtant reconnues et parfois agaçantes, de l'actuel chef de l'Etat. En communication, il rêgne en maître.

En l'imitant, les prétendants à la Présidentielle ne se rendent pas service : ils copient, hâtivement, mal, et contribuent certainement, par ces efforts maladroits et désespérés, à creuser le terrible écart qui les sépare du Président de la République. Par ces images bâclées, ils illustrent leur désespoir, ils mettent en images leur défaite. Ils construisent, tous ensemble, la victoire de Nicolas Sarkozy.

Copie, critique, haine teintée jalousie : voici donc les thèmes de campagne pré-Présidentielle qui continueront à polluer les antennes de télévision en 2010 comme en 2009.

2009 n'est plus, vive 2010… Et vivement 2012 !

samedi 26 décembre 2009

Pourquoi C dans l'air

Il y a des émissions qui marquent à la télévision française. Peut-être parce qu'elles sont rares, bien faites, et aussi parce qu'elles durent. Elles durent d'ailleurs sans doute parce qu'elles sont bien faites. Bref, elles font date.

C dans l'air pourrait rester dans les mémoires si elle dure. Et il faut qu'elle dure. Nous en avons besoin.

Nouvel outil d'information, cette émission, animée par Yves Calvi, en alternance avec Thierry Guerrier, propose une réflexion approfondie de 65 minutes sur un sujet d'actualité chaque jour de la semaine.

Le principe ? Un animateur, des invités bien choisis, de points de vue contrastés, et toujours le soin de recentrer le débat, de le ramener au point de vue du téléspectateur. L'animateur se met à notre place, il reste humble devant les sujets, il dirige son émission d'une main sure, avec bonne humeur et cela fonctionne.

Le pari ? Pour le téléspectateur, la possibilité en étant assidu d'avoir une réflexion mûre sur 3 à 5 sujets par semaine.

Le timing ? Diffusion en direct à 17h45, puis rediffusion à 22h25. En vacances ou au travail, même si on rentre tard, on est toujours dans le coup : avant ou après le dîner, il y a toujours un bon sujet, à survoler rapidement ou à regarder attentivement selon son intérêt. Après une journée stressante, l'ambiance souvent calme et détendue de l'émission rend le petit écran confortable et attrayant. C dans l'air ne vous presse pas, pas de jingle répétitif, pas de musique d'ambiance, pas de surproduction visuelle avec 30 plans à la minute, on oublierait presque qu'on regarde une émission de télévision… on peut recevoir l'information, prendre le temps de la réflexion, écouter les points de vue. C'est une activité à la fois intéressante, captivante, et reposante. Un rendez-vous devenu incontournable.

C'est une alternative bien pratique et vivante au journal papier, où chaque article reflère le point de vue unique de son auteur, et au journal télévisé, aux sujets brefs et formatés, à la paternité confuse.

Après "C'est pas sorcier", c'est une nouvelle preuve vivante que la télévision peut jouer un rôle éducatif, être divertissante en traitant des sujets sérieux, mettre en scène des débats sans provoquer, intéresser sans avoir à séduire.

Le constat est encourageant : il est possible de s'enrichir en regardant une émission de télévision.

Et on peut ne pas être d'accord. A tout moment, on peut couper le son, l'image, changer de chaîne. On peut abandonner quelques minutes le débat pour vaquer à quelque occupation, revenir en cours d'émission.

La perfection existe-t-elle à la télévision ?

Yves Calvi peut se tromper. La qualité de son émission, a priori constante, peut varier légérement d'un sujet à l'autre, si l'on en croit les témoignages d'internautes. Nul n'est parfait.

Mais on ne peut pas reprocher à Yves Calvi et Thierry Guerrier de ne pas essayer, jour près jour, de nous éclairer. L'exercice est difficile, c'est un vrai métier, c'est un beau challenge.

Pourvu que ça dure…

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