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jeudi 18 mars 2010

Le côté obscur de Bercy : Star Wars in concert

Bercy n'était pas comble ce mercredi 17 mars pour le concert Star Wars à 16h. Événement particulier, places un peu chères, horaire délicat, les raisons semblent évidentes. Et pourtant, c'était top, les absents ont décidément toujours tort… car la Force était bien au rendez-vous.

Pas évident de réunir du monde autour de la musique de John Williams dans une salle comme Bercy. Les mélomanes eurent préféré une salle plus adaptée à la dimension d'un orchestre symphonique, les parents n'ont pas posé leur journée pour amener leurs enfants malgré l'écran géant et la promesse d'images sublimes (c'est bien connu, les gamins et la Culture…). Du coup, il y avait beaucoup de geeks à Bercy cet après-midi, et logiquement, de nombreux sabres lasers ont illuminé la salle après l'entracte. L'ambiance était électrique, le public largement acquis faisant honneur au Royal Philharmonic Orchestra, saluant les interventions de l'acteur Anthony Daniels et applaudissant respectueusement la performance.

Pour être tout à fait honnête, on se demande un peu ce qu'on fait là, quand on arpente les abords de Bercy à quelques minutes du début du concert. On a aimé les films, on les revoit fréquemment en DVD et on se régale. On connait quelqu'un qui a les CDs de la bande originale du film, on a téléchargé quelques titres sur internet, comme la Marche Impériale. Mais assister à un concert de la musique du film, n'est-ce pas pousser le bouchon trop loin ?

Eh bien non. Dès les premières notes, plus de doute ! Une telle musique, ça ne souffre pas l'approximation du mp3, le casque mal posé sur les oreilles dans le métro, ça prend tout son sens au cinéma, ça reprend vie grâce à un orchestre symphonique, c'est une expérience. Ce concert, c'est une célébration. À un moment, on tombe sous le charme, on vit le mythe, on hésite parfois entre l'écran géant et l'orchestre à la fois proche et éloigné, on ne sait plus vraiment si on est au concert ou au cinéma… on oublie ses aprioris, on se contente donc de vivre le moment, de se laisser porter, griser…

La présence de l'acteur ? Mythique ! Orateur un peu timide par moments, mais très juste et professionnel dans un exercice difficile de présentateur entre deux morceaux, récitant son texte avec une présence honorable et un accent très british, Anthony Daniels a su faire chavirer l'auditoire en reprenant une unique fois son rôle de C3PO (diction et gestuelle), sous forme de clin d'œil, à la fin d'une phrase particulièrement longue, caractéristique du droïde de protocole souvent trop subtil. Ce n'était pas Harrison Ford, mais ce n'était pas plus mal, car l'acteur, seul présent dans les 6 films (et probablement plus abordable), représente parfaitement la "série". Et il y a eu une grande émotion quand, au moment de se séparer, l'acteur a lancé à la communauté de fans une déclaration particulièrement juste et presque solennelle : "Que la Force soit avec vous, toujours." En contexte, après 1h30 de musique, habité par la magie de l'univers des Jedi, c'était sincère, chaleureux et vibrant. Touchant. Car au-delà du récit et de la musique, une fois le spectacle (et le film) terminé, il reste un esprit, un élan, une inspiration. On peut en ressortir transcendé.

Même si ces histoires de droïdes et de guerre intergalactique peuvent paraître bien futiles, même si la commercialisation du phénomène Star Wars peut inspirer scepticisme et cynisme, il y avait de quoi rêver, s'enthousiasmer, apprécier de la grande musique, dans un lieu sans doute pas idéal pour la qualité acoustique, mais propice à une expérience enrichissante. Ce spectacle atypique avait bien un sens. Il fallait prendre le temps, prendre le risque, se laisser tenter. C'est ça aussi, le plaisir de la Culture.

lundi 15 mars 2010

Petites horreurs ordinaires du métro

Le métro, c'est souvent le choc des cultures. On s'y coupe les ongles, on se maquille, on bouffe. Le manque d'éducation en société, ce sont des images choc, des situations qui vous traumatisent, et le coupable s'en sort toujours, en toute impunité.

Plus maintenant.

Tom Sibley, comique et bloggeur New-Yorkais, a créé un petit site où il affiche sans pitié les images de voyageurs pris en flagrant délit de mauvais goût, de je-m'en-foutisme, de nihilisme sous-terrain. Grâce à une certaine notoriété, qui lui a notamment valu un article dans le New York Post, l'appel à témoins figurant en page d'accueil lui a permis de glaner de nombreuses contributions du monde entier, qui constituent aujourd'hui l'essentiel de sa troublante collection.

Cependant, attention ! Avant de vous laisser tenter par la chasse à l'image glauque, rappelez-vous que cette pratique n'est pas sans risques. Non contents de manifester un irrespect total pour autrui ou les installations publiques, les sujets peuvent très mal réagir à la vue d'un smartphone inquisiteur. Il est donc plutôt recommandé de rester, malheureusement, simples spectateurs.

Cliquez ici pour accéder au site.

Source : The New York Post

lundi 8 mars 2010

La baraka virtuelle

Moi, j'ai la baraka.

J'ai 450 amis sur Facebook, 670 followers sur Twitter, 35 filles qui me veulent sur un site de rencontres à but exclusivement sexuel, 92 demandes de mise en relation sur Viadeo… grâce à l'internet, je suis partout. C'est la gloire.

Bon, j'exagère un peu.

Je n'ai que 45 amis sur Facebook, c'est très peu. Et c'est surtout la famille, quelques vrais amis, des relations. On ne se voit jamais car on est tous très occupés.

Les 67 followers sur Twitter, à part 4 amis, ce sont surtout des strip-teaseuses qui se fichent éperdument de ce que je raconte. Allez savoir pourquoi…

Les 35 filles qui veulent mon corps, c'est un mail automatique qui collecte des profils bidons avec des phrases racoleuses pour me faire cliquer sur le site et ainsi augmenter l'audience, qui permet de négocier des tarifs publicitaires pour des bannières ringardes. La honte du web. Pas de quoi être fier. Mais je ne me désinscris pas, parce que j'aime bien qu'on me dise que des dizaines de filles pensent à moi, me veulent dans leur lit. C'est flatteur. Illusoire, bien entendu, car je n'ai pas le temps de satisfaire 35 femmes, voyons…

Je n'ai pas 92 demandes de contact sur Viadeo, à peine quelques unes. Elle ne reflètent pas une volonté avérée des membres de ce réseau à caractère professionnel de me rencontrer ou de travailler avec moi, ne rêvons pas. C'est juste le résultat d'une routine qui fonctionne bien : quand on se connecte, le site propose une sélection aléatoire plus ou moins ciblée de "contacts potentiels" : ce sont généralement des gens qui connaissent les gens qu'on connait déjà. C'est l'opportunité d'étendre son réseau, de tisser sa toile. Il parait que c'est bon pour le business, pour trouver un job, d'avoir un réseau ; c'est ce qu'on dit, en tous cas, et ça ne coûte rien d'essayer, ou presque. Vous connaissez le slogan : 100% des gagnants ont tenté leur chance. Le networking, c'est un peu comme le loto…

Du coup, on prend l'habitude d'ajouter des inconnus dont on ne saura jamais rien. Avoir 200 contacts professionnels, ça ne rapportera probablement jamais le moindre copeck, mais c'est une fin en soi. Avoir un carnet de relations fourni, ça flatte. On a plein de relations. C'est cool.

Raconter sa vie, ça génère du buzz. Plus besoin de passer à la télé, exister sur internet, c'est déjà être une star. Pourvu qu'il y ait des commentaires !

Voilà donc la nouvelle bulle internet, increvable. Du rien à profusion. Du rien qui ne rapporte rien, qui ne sert à rien. Et du rien qui coûte.

Ben oui, ça coûte. Et pas seulement du temps, mais aussi de l'argent. Par faiblesse, je me suis laissé tenter par le pack premium de viadeo pour savoir qui consulte mon profil, quand, où, tout ! La plupart du temps, ce sont des collègues, des gens que je connais déjà, avec qui je ne travaillerai jamais en dehors de l'entreprise où je me trouve à l'instant T, c'est du networking redondant, inutile, une perte de temps.

Mais ce n'est pas important. Moi, en ce moment, j'ai plein d'amis.

vendredi 26 février 2010

Le comble du web

Le comble du web, c'est de regarder à la télévision une émission présentant une sélection de vidéos trouvées sur internet.

lundi 22 février 2010

Carrefour, le positif est de retour

La grande distrib' qui s'affiche, c'est généralement de la promo, du -30% sur une sélection d'articles, le nombre écrit en très très gros au centre.

C'est donc du nombre négatif, même si c'est positif pour vous, le consommateur perpétuel et peut-être futur client de Carrefour. Et positif pour l'annonceur, en termes de vente, de marges, puisqu'il fera des marges considérables quoiqu'il arrive, quitte à répercuter sur ses fournisseurs les réductions qu'il vous accorde.

Le positif est de retour. Le plus, ce qui manquait dans votre vie, il revient enfin, chez Carrefour.

Rappelez-vous les vieilles pubs : avec Carrefour, je po-si-ti-ve. Eh bien rebelotte. Finie la misère. Vous pouvez enfin revoir la vie du bon côté, en rouge et bleu, remettre du beurre bio dans vos épinards pas chers.

Et puis "de retour", ça rime avec Carrefour. Alors c'est bien.

Il fallait bien mettre quelque chose sous le logo, toutes les marques le font maintenant. C'est une "baseline". Le message qui accompagne la marque, pour ceux qui ne comprennent pas les valeurs exprimées par le graphisme du logo.

Chez Monoprix, "on fait quoi pour vous aujourd'hui".

Nike, qui n'écrit plus son nom, a longtemps affiché son slogan-clé, le fameux "Just do it", remixé parfois en "Do it just". De "juste fais-le (te pose pas de questions)", on glisse alors vers "fais-le bien".

Carrefour, mise aujourd'hui sur le retour. Carrefour, marque sur le retour ?

En période de crise globale soutenue, on peut y voir un retour de la méthode coué. C'est toujours la misère dans votre vie, on va essayer de repenser à autre chose, on va de nouveau po-si-ti-ver. Plus que jamais.

Vous ne serez pas plus heureux, mais au moins vous aurez de nouveau le sourire, le temps d'une promotion.

C'est que c'est en temps limité, les opés promo qui s'affichent. Payez-vous du beurre tant que c'est moins cher, après ce sera trop tard.

Carrefour ne rimerait-il pas avec toujours ?

samedi 2 janvier 2010

La chaîne hifi, c'est fini, place au mac mini…

Trentenaire en 2010, amateur de musique depuis l'enfance, c'est avoir tout connu en matériel hi-fi, du tourne-disque au lecteur mp3. Un héritage difficile à transmettre aux générations suivantes…

Voilà le challenge que je vous propose : aujourd'hui, si comme moi vous souhaitez permettre à vos enfants d'écouter facilement de la musique, que faire ?

Ce n'est pas simple, et les commerçants de tous bords ne nous aident pas beaucoup. Les fabricants non plus. C'est carrément le chaos.

Le support, déjà, soyons pragmatiques, c'est le MP3. Fini le CD de maman et papa, qui oblige à écouter une période restreinte du même artiste. Finie la compilation Top 50 de 1984, avec les 40% de variétés françaises obligatoires. Si votre enfant veut apprécier les nuances entre Berlioz, Al di Meola et Annie Cordy, c'est son droit, c'est son choix et ça repose sur le MP3.

Et qui mieux qu'iTunes gère le MP3 ?

Apple-phile ou Apple-phobe, iTunes ou autre, la musique se gère désormais par ordinateur. Il n'y a pas d'alternative.

Quel ordinateur pour gérer de la musique ? Du petit, du silencieux, pas trop cher… Le mac mini. Ajoutez un écran LCD d'entrée de gamme pas trop grand, un 15" suffirait mais c'est devenu rare, connectez le tout à un ampli bien choisi, avec deux belles enceintes, et c'est gagné. La connection internet ne gâche rien, elle vous permettra de mettre facilement à jour votre base de données à l'insertion d'un ultime CD-à-encoder-avant-de-le-jeter, un rapide passage sur un site de vente de musique pour compléter votre collection, se tenir à jour…

Au total : 3 prises de courant, une consommation de quelques centaines de watts, des câbles en tous genres…

Plus cher, mais mieux optimisé, le macbook d'entrée de gamme, tout blanc tou beau, aurait le mérite de combiner écran et ordi, une seule prise de courant, moins de fils, une consommation d'électricité réduite…

A la place de l'ampli, moins puriste et définitivement déconnecté du monde de la musique, un ensemble d'enceintes comprenant deux principales, un caisson de basses et éventuellement des satellites, le tout branché simplement sur le port audio de l'ordinateur… un rien de souffle, mais une consommation encore un peu plus faible…

Bref, la technologie rend la musique plus accessible et agréable, mais le mobilier devient digne de l'Enterprise, une installation qui tient plus du média center, qui poussera naturellement à la vidéo…

On est bien loin de la mini-chaîne de papa et maman, et quelque part, on se demande si ce progrès indéniable va vraiment dans le bon sens…

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