Quidamned !

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jeudi 17 septembre 2009

Une nuit sous le feu nucléaire

Si vous n'avez rien de prévu le weekend du 3 octobre prochain, et si une nuit blanche ne vous fait pas peur, le cinéma Imax de Londres propose une nuit d'action pure à partir de 23h30.

Sur le plus grand écran d'Europe seront projetés à la suite les 4 épisodes de Terminator, pour la maudique somme de 26 livres par place. A noter que selon le film, l'image n'occupera qu'un tiers de l'imposant écran, avec des définitions variables. Et à cause du premier film, interdit aux moins de 18 ans, et de l'horaire bien entendu, cette projection sera non seulement réservée aux adultes consentants, mais surtout aux fans avertis de la "série".

Un Terminator, ça passe. Mais 4, il faut vraiment s'en sentir capable. Bref, ça va sentir le geek !

Voir le lien vers le site du cinéma Imax de Londres |fr]

mercredi 15 juillet 2009

Transformers 2 : le bon, le brutal et l'agaçant

Avant toute chose, débarrassons-nous de ceux qui trouvent le prix du ticket de cinéma trop cher. Ils n'ont rien compris. A la benne aussi, les critiques de cinéma qui se demandent pourquoi on a osé adapter un tel dessin animé au cinéma. Irrécupérables. Dans le même lot, ceux qui tutoient Michael Bay, qui méprisent Steven Spielberg et qui sont peut-être même sortis de la salle au bout de 32 minutes pour enchaîner sur un autre film. Pour accéder à Transformers 2, il faut en avoir vraiment envie et s'armer de patience.

Car il y a du pur génie dans ce film. Du techniquement impossible, de l'artistiquement à peine imaginable, du jamais vu au cinéma.

Oui, Hollywood, c'est la grosse machine. Du million à foison, du très lourd, parfois même trop lourd… Mais le contrat est rempli. Les plans se succèdent avec un certain style, une vision étonnante, un sens du ralenti et de l'action rares. On est au beau milieu d'une avalanche de métal, de combats intenses et efficaces, jamais répétitifs, car maîtrisés. Michael Bay, c'est cela, précisément. Le carnage organisé. Le quart de milliard de dollars bien dépensé.

Transformers 2, c'est le simple bonheur de participer, en tant que spectateur, à une aventure grandeur nature, dans le monde entier, dans l'espace, dans cette histoire presque grotesque où deux camps de robots extra-terrestres et radioactifs s'affrontent autour d'un simple garçon, d'une machine infernale, d'un enjeu planétaire. C'est de l'aventure moderne, hors-normes, gonflée, presque honteuse…

En un mot, c'est gamin.

Et c'est toute la réussite de cette adaptation, fidèle non seulement au dessin animé, mais probablement aussi aux innombrables scénarios de batailles imaginés par tout enfant qui s'amuse avec ses jouets Transformers signés Hasbro. Nous n'avions osé en rêver, Michael l'a fait. Deux fois !

C'est pourquoi, malgré l'exaspération ressentie lors de scènes "humaines" bâclées et sans queue ni tête, véritable cauchemar de cinéphile, il faut trouver la patience nécessaire pour accéder à ce que le film réserve de meilleur. Rester enfoncé dans son siège en laissant passer l'orage, en guettant l'embellie, qui ne tarde jamais. Il faut reconnaître qu'avec Luc Besson et ses fameux Leon, Nikita et compagnie, nous, français, avons été habitués à tellement mieux…

On peut aussi trouver des petites satisfactions, parfois dans des détails infimes, comme ce robot ennemi (decepticon pour les adeptes) à peine débarqué sur Terre, qui dégage d'un revers un drapeau américain. Ou encore le cadre qui prétend, au nom de la Sécurité Nationale, prendre le contrôle d'opérations qui le dépassent largement, et qui finit par être écarté; quand ça chauffe au front, Optimus prime.

Si vous aimez le grand spectacle et les petits robots qui se transforment en tutures, vous êtes probablement déjà allé voir ce film. Si vous allez au cinéma pour vous changer les idées et vous divertir, n'hésitez pas. Ce film vaut la peine d'être vu sur un écran de cinéma.

samedi 20 décembre 2008

En finir avec le Terminator ? Mais pourquoi donc ?

Il y eut une époque où l'idée d'un troisième Rambo faisait rire. Un quatrième Rocky. Pourquoi pas 12 ?

Puis s'est installée la notion de trilogie. Après tout, il y avait bien eu 3 Star Wars. Et encore, en observant simplement que le premier était en fait l'épisode IV, on aurait pu se douter de ce qui risquait d'arriver; une seconde trilogie.

En gros, Hollywood trouve toujours un moyen de nous présenter son nouveau bijou. En changeant le concept, les personnages, les acteurs. Mais en gardant le titre… ou la marque. C'est le principe de la franchise. Oui oui, comme les chaînes de magasins. A la base de l'activité cinématographique, on trouve du commerce, tout simplement. Et n'en déplaise à certains, c'est comme ça que ça marche.

Alors vous pensez bien qu'un monde comme celui du Terminator, on n'a pas fini d'en entendre parler. Enfin, surtout, de le voir.

Sans James Cameron, sans Arnold. Et avec Christian Bale, par dessus le marché.

A son corps défendant, Bale a réussi beaucoup de choses dans sa carrière. Dans Pocahontas, déjà, il donnait la réplique à Mel Gibson. Dans Batman Begins, succédant à Michael Keaton, Val Kilmer et George Clooney, il a réussi à s'approprier la double identité de Bruce Wayne, et mine de rien, à lui donner une consistance encore jamais vue. Si la franchise a enfin réussi à convaincre, au prix d'un redémarrage en règle, c'est surtout grâce à lui.

Mieux, quand d'autres se laissaient enfermer dans un costume de super-héros (Tobey Maguirre en Spiderman ?), Mister Bale a poursuivi une carrière honorable, que ce soit en chanteur folk (I'm not there) ou en cowboy raté (3:10 to Yuma). Et toujours en bonne compagnie : Heath Ledger, Kate Blanchett, Russel Crowe, pour ne citer que les plus connus.

Alors pensez donc, s'il a pu redonner ses lettres de noblesse à un héros qui se balade en costume de chauve-souris, imaginez-le en héros de la résistance contre une armée de machine ! Qui mieux que Bale aurait pu incarner le personnage tant attendu de John Connor ?

Contrairement à Batman et Star Wars, le succès de la franchise (déjà une trilogie) est fondé sur le récit des événements qui précèdent la grande guerre entre hommes et machines, ou plutôt les batailles livrées par d'autres héros afin d'éviter ce conflit perdu d'avance. Cette grande guerre, ce personnage de John Connor, on en a entendu parler, on en a vu quelques extraits lors des films précédents, mais on n'a jamais eu le détail.

Eh bien justement, avec les nouvelles technologies, les progrès sérieux en matière de mise en scène d'effets spéciaux, ces messieurs d'Hollywood ont saisi l'occasion de nous raconter toute l'histoire. Plus besoin de Cameron. Arnold peut continuer sa carrière politique. Finie la patte à modeler de Stan Winston et le stop motion. La franchise va bien, merci.

Au vu de la bande-annonce, qui est certainement révélatrice d'un film costaud, il va y a voir du sport, de l'émotion et peut-être, quelque part, un peu de scénario.

Voir la bande-annonce de Terminator Salvation.

Vous avez aimé Terminator ? Eh bien vous n'avez encore rien vu.

vendredi 5 septembre 2008

Hollywood : entre origines et originalité

Des nouvelles d'Hollywood, rapportées par mon ami Nicolas Copin, sur son blog. Il revient. Après Batman et Superman, c'est Robocop qui profite des progrès techniques et cinématographiques, ainsi que du renouvellement de génération, et de la grande place désormais attribuée aux héros de comics sur le très grand écran, pour dépoussiérer une franchise qui avait bien mal tourné.

Si vous avez raté Robocop, l'œuvre mythique de Paul Verhoeven (qui a enchaîné sur Basic Instinct et Starship Troopers, entre autres), vous n'avez probablement pas vu Robocop 2, d'Irvin Keschner, une suite inégale mais passable. Robocop 3, lui, n'est sorti que dans quelques vidéo clubs.

Si vous avez vu le premier Robocop, vous avez peut-être été scandalisé par la violence, l'apparition du gore dans un film difficilement classable. Il était interdit aux moins de 13 ans lors de sa sortie en salles, car il dénote un rapport à la vie humaine, et particulièrement au corps humain, propre à Verhoeven : dans un film bien structuré et l'ambiance basique, quand ça saigne, ça ne coule pas, ça éclate. Du pré-Tarantino caractérisé.

Après le succès de Batman Begins, restart insipiré d'une franchise épuisée et décousue, le policier robot peut donc revenir. Les studios ne sont pas dirigés par des gens originaux (artistes ?) : ça marche chez les copains, alors on fait pareil.

Il faut se rappeler le succès de Strange Spécial Origines, recueil mensuel de comics qui permettait aux fans de redécouvrir des héros bien ancrés dans leurs formules respectives; on y faisait la lumière sur des aspects souvent méconnus de leur personnalité, généralement liés à leur génèse ou à un épisode marquant de leur carrière.

Le spectateur, cible théorique de ces œuvres (produits ?), pourrait se plaindre de la pauvreté artistique d'une démarche qui vise à intégrer systématiquement le pourquoi du comment de chaque personnage de chaque film. C'est une option, pas une nécessité.

En l'occurrence, dans The Dark Knight, on évoque ici et là l'origine du joker, mais il n'y a pas de séquence dédiée - le fameux flashback nous a été épargné. Sans ce détour, on entre ainsi dans le vif du sujet, le joker reste entier dans son mystère. Et même quand il parle de son père, qui lui aurait infligé les cicatrices qui le caractérisent (le sourire étendu), il reste maître du récit. Après tout, il raconte peut-être cela pour se donner un genre dramatique : allez savoir s'il ne s'est pas tailladé lui-même le visage sans autre raison que, justement, la perte de la raison (cf. "Souriez", the killing joke, classique de Brian Bolland et Allan Moore).

Mais voilà. Le spectateur intéresse les studios pour sa capacité à payer sa place, pas pour son point de vue artistique. On veut qu'il se déplace, qu'il ait envie de voir, qu'il paye, pas nécessairement qu'il soit à l'aise une fois qu'il s'assied dans la salle. Pas nécessairement qu'il soit satisfait - il ne reviendra pas pour ce film-là, mais son insatisfaction le motivera probablement à tenter sa chance ailleurs, et c'est bon, globalement, pour le cinéma.

Ainsi revient Robocop, dans ce qui ne serait ni une suite, ni un remake, mais probablement un nouveau regard sur le même personnage, comme Marvel se l'est permis avec Hulk. On ne prend pas les mêmes, mais on recommence. Comme si Verhoeven n'avait jamais existé. Puisque ça marche.

En termes de stratégie, on peut se demander si l'effet de modene va pas finir par jouer des tours aux "suits" qui dirigent les studios hollywoodiens. Si un jour, Warner décide de faire mourir Batman, va-t-on assister à une hécatombe dans l'ensemble des franchises comics (et assimilés) ?

vendredi 1 août 2008

Hancock + Hulk : le plan H !

Sachant que le gros problème du blockbuster estival américain, c'est souvent le scénario - ou son absence d'intérêt, de relief, de variété - on lance le plan H. Dernière expérience cinématographique en date, le plan de l'été, ce sont deux films à la suite : Hulk et Hancock. En pariant qu'il y en aura au moins un pour racheter l'autre, on s'assure une soirée réussie. Banco !

Hulk, deuxième du nom, s'incrit parfaitement dans la mouvance actuelle du film-tiré-de-comics. On sent la poigne de Marvel, qui maîtrise désormais ses projets d'un point de vue financier, donc artistique. En gros, on est clairement dans le ton de la BD, avec juste ce qu'il faut de l'adaptation télé.

Avec Marvel, pas question de confier le rôle principal à un acteur de sitcom qui connait bien le producteur, ou une vieille gloire sur le retour, avec un cacheton minable. Edward Norton est un grand acteur, aussi bien fragile (Fight Club) que nerveux (American history X), un véritable mutant ! Fait pour ce rôle de frêle savant habité par le spectre d'une expérience passée, qui le transforme dans ses moments de panique en une créature

La faille du projet, c'est l'alter-ego brutal et peu causant (même s'il finit par parler, mais si peu). À part castagner et rugir, la bête ne fait pas grand chose, et ses méthodes prévisibles pour en découdre avec l'ennemi ne peuvent que lasser, même si elles sont spectaculaires. Et comme le but ultime du héros, c'est d'en finir avec son traumatisme vert, ce qui sonnerait bien entendu le glas de cette production (la vie du savant n'ayant rien de passionnant), on tourne tranquillement en rond.

Verdict : Divertissant, à voir, mais pas à revoir sans une pizza et une partie de poker entre potes.

Hancock, énième film de Will Smith-lui-même-tout-seul-sur-l'affiche ? C'est ce que laissait entrevoir la bande-annonce, et ça dure environ une demi-heure, le temps de présenter le personnage.

Surprise de l'été, Hancock repose sur un petit scénario bien senti, toujours pas trop subtil, pas trop riche (ce n'est pas le genre), juste quelques lignes de plus que d'habitude, et on s'en contentera.

Nouvelle Will-Smith-girl, Charlize Théron étonne, une fois de plus, par la subtilité de son interprétation. Grande actrice dans un petit film, en lieu et place de l'habituelle bimbo-de-chez-playboy à peine rhabillée, Miss Théron soulage son partenaire interplanétaire, à qui on demande trop souvent de porter les énormes productions sans cervelle. Forcément, on s'ennuie moins, on s'émerveille, même.

Verdict : Divertissant aussi, surprenant pour un petit film à budget extravagant, à voir.

C'est l'été, oubliez vos tracas, ne cherchez pas midi à 14 heures, ne vous demandez pas pourquoi les super-héros envahissent le grand écran. Si vous avez quelques heures à perdre, voilà deux productions un peu trop chères pour ce qu'on voit, mais qui passent bien; de quoi passer une soirée agréable et reposante pour la tête, mais pas pour les yeux. Réveillez l'ado qui someille en vous !

mardi 15 avril 2008

99 francs : à voir 99 fois

Ce n'est pas tous les jours qu'on regarde un divx qui vous donne envie d'acheter le DVD.

Un divx, le plus souvent c'est un fichier pirate. Le principe, contrairement à la loi, c'est de le faire tourner entre copains pour éviter de payer. Et ça nuit clairement à la création artistique. Par définition.

Jan Kounen avait abordé le sujet au moment de la sortir de Blueberry, en mettant en avant un point assez juste, déclinable à l'envi : pourquoi regarder un film d'une qualité extraordinaire sur un écran 15" avec une compression sauvage ?

Aujourd'hui, avec les écrans 24 à 30", les cartes graphiques grand public avancées et les codecs de compression aboutis, la qualité des fichiers piratés est excellente. Mais le problème se pose toujours. Un film à la maison, c'est bien, mais ça n'a rien à voir avec un écran de 30 mètres de large et de 10 mètres de haut. Réagir tout seul dans son salon ou au milieu d'une foule, c'est très différent. C'est bien aussi. Mais pas nécessairement pour découvrir un film. Nécessairement pas, devrais-je dire.

99 francs, il fallait le voir en salles. Enfant de la pub, partie prenante du système, employé dune boîte de com, je n'ai pas souhaité me replonger dans cet univers si familier en dehors de mes heures de travail.

Et j'ai eu tort.

Parce que c'est Kounen. Ce n'est pas du cinéma américain, dont il emprunte quelques codes. Ce n'est pas du cinéma français. C'est un monde à part. De la mise en scène juste, extrêment juste. Pointilleuse. On n'imagine pas la tension sur le tournage, parce qu'on oublie que tout ça a été tourné; mais en y réfléchissant après coup, on se dit que M. Kounen, il doit vraiment emmerder ses acteurs entre deux claps. Pour les pousser à l'excellence. Regardez bien : tous sont justes. Pas une seconde de relâchement. Pas de faute. Nickel.

Parce que Jean Dujardin ne fait pas du OSS117 ou du Jean Dujardin. Il est Octave Parango, il n'est pas vraiment Beigbeider, il est quelque chose d'autre. Il est authentique, sans être caricatural.

Même le point qui me fache encore un peu, que le réalisateur explique très bien, et qui doit agacer tout le monde par sa longueur (j'essaie de ne pas en dire trop), je crois que je vais finir par l'apprécier. Un auteur, ça se respecte. Surtout quand il sort le grand jeu, dans un exercice pas évident, qui consiste à s'approprier l'œuvre d'un autre, et à en faire son propre chef d'œuvre.

99 francs : à voir absolument, à revoir passionnément, à faire des pauses, des retours, à consommer sans modération.

Actuellement en prix vert à la Fnac. J'y cours.

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