Quidamned !

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mardi 25 décembre 2007

News à 2 vitesses

Si Kennedy se faisait assassiner aujourd'hui, il n'y aurait pas une vidéo comme celle de Zapruder, mais au moins 5 sous des angles différents, en haute définition, avec des couleurs impeccables et une image stabilisée. En comptant les téléphones portables, une bonne trentaine de films amateurs pourraient être exploitées sur internet ou à la télévision. Et s'il y avait effectivement plusieurs tireurs, au moins deux d'entre eux seraient identifiés en quelques heures…

Désormais, avec internet, le pouvoir (l'information) est plus que jamais entre les mains du peuple : les institutions sont complètement dépassées. Les images vont plus vite que le son, le mail a remplacé le téléphone arabe, plus personne n'attend le journal de 20 heures pour avoir des nouvelles du monde entier. La censure existe, tardive et maladroite, pour ne pas dire inefficace. Pour un site fermé, combien ouvrent dans la minute qui suit, combien de mails diffusent à la vitesse de la lumière les quelques pixels qui font désormais l'actualité, l'événement ?

Au réveillon cette année, il y avait deux versions de chaque histoire : celle d'internet, toujours à la pointe, et celle de la télévision, avec ses 2 temps de retard (un pour le traitement de l'information et un pour la censure).

Alors que l'ancienne génération se demandait si Miss France allait devoir rendre sa couronne après la publication de photos embarrassantes (mais jolies, cela dit), la jeune génération savait déjà qu'un autre scandale avait éclaté, mettant en cause la transparence de l'élection elle-même, "apparemment" truquée pour relancer le tourisme dans une région touchée par le virus Chikungunya.

Alors que les premiers se demandaient si Laure Manaudou serait en forme pour les prochains Jeux Olympiques, les autres pouvaient attester de sa forme physique impeccable grâce à des images qui ne passeront jamais à la télévision.

Dans quel camp êtes-vous ? Surinformés ou dépassés ?

Même si vous n'aviez pas internet, si vous saturez, si l'actu people ne vous intéresse pas, il y a forcément quelqu'un dans votre entourage qui surfe allègrement, et qui vous appellera pour vous donner de biens meilleurs scoops que Claire Chazal.

samedi 15 décembre 2007

C'est ma plus belle réunion

La réunion, c'est ma nouvelle passion.

Pendant la réunion, je suis injoignable. Le téléphone peut toujours sonner, je l'entends à travers la porte en contre-plaqué de la salle de réunion qui jouxte mon bureau.

Laissez-moi tranquille ! Je brainstorme.

Mon autre téléphone, celui dont seul mon chéri a le numéro, vibre dans ma poche. D'une main, je lui envoie un message - je suis devenue experte, ce n'est pas ma première réunion.

Dans les grosses boîtes, ils font des réunions. Alors dans ma PME, si on veut partir à l'assaut des grosses boîtes, il faut faire des réunions.

Logique, non ?

Moi, ça me plait.

On ne fait jamais rien, en réunion, mais ça nous responsabilise.

Et désormais, quand j'oublie un truc, j'ai l'excuse en or : j'étais en réunion.

Vous comprenez, on est quelqu'un, en réunion. Surtout quand on en sort. On peut enfin dire : "Je sors de réunion !". Même s'il ne s'y est rien passé, comme d'habitude.

Bon, c'est vrai, on débute, en réunion. On est à deux de tension, on pige que dalle, mais on est là.

Mais on ne pourra pas nous reprocher de n'avoir rien fait…

jeudi 13 décembre 2007

Le roi est fou !

On peut passer des mois à chasser une bonne recrue. On peut chercher pendant des années l'idée géniale qui remettra une entreprise sur les rails (sans jamais la trouver). Et parfois, on peut tout simplement tomber nez à nez, au détour d'un couloir, sur la cause essentielle de tous les maux d'une entreprise.

C'est une expérience unique.

Un moment de cinéma, le dénouement d'un terrible scénario.

Voilà l'homme qui prend les décisions que les autres regrettent, qui opère les changements à ne surtout pas opérer, qui recrute et finit par promouvoir au détriment de ceux qui triment les incompétents les plus aboutis de la profession - une classe d'élite.

Le voilà, triomphant en petit comité, parmi ceux qui comptent, célébrant sa dernière trouvaille avec une satisfaction d'une rare pureté.

Au milieu de ce petit discours informel, une phrase, une seule, à retenir, un contre-sens caractérisé. L'expression d'une certitude dénuée de réalité.

Il ne s'agit même pas de favoritisme, du moins pas à ce moment-là, peut-être quelques semaines plus tôt.

Ce moment-là, c'est la grande illusion. La magie. Le charme agit. L'employeur se fait prestidigitateur, il change l'incompétent en travailleur qualifié, adoubé par la direction, doublement certifié.

Cet homme-là a fait son choix, à la tête de l'employé qui lui plaît bien, avec qui il a partagé à peine quelques phrases, les siennes; la personne qui a eu le bon goût de l'écouter parler sans l'interrompre, qui n'a pas eu le temps ni l'occasion de démontrer ses nombreux défauts, sera son atout, son champion, son legs à l'entreprise, frappé de son sceau.

Cet homme-là ne se trompe jamais. Certains savent qu'il se trompe mais ne peuvent pas le contrer-dire; ceux qui peuvent le contre-dire ne savent pas.

Dans une entreprise qui se cherche, cet homme-là est le plus dangereux de tous, car il ne se contente pas d'être incompétent : il recrute les incompétents, les garde, les multiplie. Il cultive la médiocrité, récompense au pif, et s'indigne des mauvais chiffres de l'entreprise, qu'il explique très bien : le marché, le 11 septembre (2001, ça date quand même, non ?), les clients, le numérique (qui n'est donc pas un progrès ?)…

Et cet homme est chef d'entreprise…

vendredi 30 novembre 2007

Rien ne va plus à Cap Canaveral

Vous avez déjà vu plusieurs fois les images du lancement d'une fusée, réussi ou non.

Compte à rebours. Décollage. Scène de joie incroyable dans la salle de contrôle.

Curieusement, je n'y avais jamais réfléchi. Comme souvent à la télé, on prend ce qu'on nous donne sans discuter, ça passe ou ça casse, pas le temps de réfléchir qu'on se retrouve dans le Vaucluse pour l'ouverture du Beaujolais. Pas le temps de voir que l'ombre de Buzz Aldrine déconne complètement lors de son premier pas sur la Lune.

Cette joie dans la salle de contrôle, les tapes dans tous les sens, les gens qui s'embrassent, à chaque lancement réussi chez des professionnels du lancement de fusée, c'est quand même lourd de sens. On imagine la pression ressentie par chaque collaborateur, qui sait très bien que le bâtiment a des chances de ne jamais arriver à destination, équipage avec. Quand on revient sur les causes d'accident dans ce secteur, on comprend que bien peu de choses peuvent tout faire rater, coûter des vies, des millions de dollars et d'heures de travail; c'est un projet de plusieurs années qui peut partir en fumée en quelques secondes sous le nez de centaines de milliers de téléspectateurs. On ne se cure pas le nez le jour du lancement, à Cap Canaveral, sous peine de finir au Zapping.

On parle de pression.

Quel rapport entre Cap Canaveral et la communication ?

Tout. Sauf la fusée.

Le lancement, la pression de résultat, les délais de malade, l'impression que toute la planète vous regarde et que c'est le drame à la moindre erreur. Dans la communication, on ne lance pas des fusées (mais ça ne saurait tarder, elles seront rouges et jaunes, on sait tout faire dans la com, on n'a peur de rien). On lance des opérations promotionnelles, des campagnes publicitaires, à tire-larigo, et on brasse des budgets colossaux.

Bon, j'exagère. Il y a bien des petites différences.

Le chef de projet, à la NASA, ne retarde pas un lancement pour grossir le logo sur la fusée à la dernière minute. Claire Chazal et CNN attendent !

Il ne viendrait pas à l'idée du pilote, même en proie à une forme de fatigue mélée de dépression, d'expédier la fusée dans un champ de patates uniquement parce qu'il en a plein le dos.

Le préposé au contrôle de pression des turbines ne se permettrait pas, par peur de tout faire foirer, de ne pas dire qu'il y a un gros voyant rouge qui clignote alors que le lancement se prépare.

"Je m'en fous, c'est pas ma fusée !", ça n'existe pas à Cap Canaveral.

Quand on participe à un lancement avec des vies en jeu, on est toujours lucides et responsables.

Enfin, j'espère…

mardi 20 novembre 2007

Le client est roi, mais quel genre de roi ?

Une devise, ça fait classe, ça rassure, ça sert à tout.

Dans la communication, c'est souvent le pot de terre contre le pot de fer. On a beau brainstormer comme des beaux diables, retravailler sa création jusqu'au bout de la nuit, expliquer qu'on ne peut plus faire de modification pendant l'impression, il y a toujours quelqu'un pour dire la phrase qui tue. Peut-être, mais… le client est roi.

Une belle manière de rompre toute discussion.

Mais au fait, un roi, qu'est ce que c'est au juste ?

Notre dernier roi, en France, était Louis XVI. Son dernier acte marquant a été de convoquer les États généraux (le Clergé, la Noblesse et le Tiers État) le 5 mai 1789 afin de leur faire voter de nouveaux impôts pour renflouer les caisses de l'État, en vain. Le Tiers État a proposé d'accorder plus de libertés, d'organiser une répartition plus juste des impôts et une nouvelle manière de gouverner. Le refus du Roi s'inscrit dans une succession d'événements qui ont amené la chute de la monarchie. Un client, comme un roi, peut s'il n'y prend pas garde, se faire renverser par une révolution !

Henry VIII (1509-1547) était roi d'Angleterre, il a fait assassiner deux de ses femmes, dont l'une en demandant expréssement au bourreau de s'y reprendre à plusieurs fois pour la décapiter (il suffit de couper un peu mollement). Est-ce que vous voudriez de lui comme client ?

Considérer son client comme un roi, supposant que cela lui donne tous les droits, cela lui donne aussi certainement des devoirs. Respect, dignité, patience. Après tout, un roi n'est pas entouré que de laquais - il y a bien des chevaliers, des dignitaires. Si le client pouvait être un roi maganime et organisé, cela ferait du bien à pas mal d'agences de communication.

vendredi 16 novembre 2007

Le retour de Madame Olson

Personnage imbuvable, impitoyable et incontournable de la saga de la "Petite Maison dans la Prairie", Madame Olson était la femme du brave commerçant du village, qui ne perdait pas une occasion de blesser par sa méchanceté les simples mortels infortunés, parmi lesquels les fameux Ingalls.

Certains ont dû la vénérer secrètement et reproduisent aujourd'hui ce comportement dans l'exercice de leur fonction. Ils prennent vraisemblablement un malin plaisir à faire travailler des gens pour rien, à insulter et /ou humilier les êtres plus faibles et moins fortunés, ceux dont ils ont bien souvent le destin en main.

C'est tout le pouvoir de l'annonceur sur les agences de communication, par exemple, et d'aucuns abusent allègrement de cette position de force.

Tous les moyens sont bons pour, finalement, bassement, discuter les prix.

La méchanceté, à la mode jusque dans les cabinets de recrutement, personnifiée sur le petit écran par Laurence Boccolini, une fausse méchante trahie par ses lacunes d'actrice. La méchanceté, ça paye : cela permet souvent de gagner 10% sur une facture.

Il y a des méthodes pour bien gâcher la vie des autres, au travail comme à la maison.

On met la pression pour montrer qui est le boss. Il suffit d'appeler toutes les heures pour savoir si le travail demandé "avance".

On impose arbitrairement des délais défiant toute logique pour tester la réactivité, et on gueule dès la première minute de dépassement, augmentant le volume à chaque demi-heure supplémentaire.

On fait de la rétention d'informations pour mieux semer la panique dans un dossier. Ah, je ne te l'ai pas dit ? Désolé. Débrouille-toi, je ne change pas mon délai.

On menace de retirer le budget de l'année suivante, de ne pas payer l'opération en cours. On fait mine d'aller voir ailleurs, alors que plus personne ne veut travailler avec vous !

Coups de téléphones assassins, mails de remerciements assortis d'une petite vacherie à destination des n+1, n+2 et n+3.

Rendez-vous compte : il y a des gens qui hurlent au téléphone, passent littéralement leurs nerfs sur des stagiaires, parfois même sur des professionnels chevronnés. Les victimes les plus stoïques dépriment un peu, mais savent encaisser. D'autres, plus sensibles, ne sachant pas lire entre les lignes, ne parvenant plus à décrypter une situation absurde, fondent en larmes, pâlissent, vont vômir aux toilettes. Et il y a ceux qui souffrent en silence, et qui se préparent très calmement un ulcère à l'estomac. On finit par douter de ses compétences, on se demande si le jeu en vaut la chandèle. On démissionne. On ne peut rien dire, car c'est le client, et rien de bon ne sort jamais d'un conflit avec un client, surtout pour celui qui est généralement accusé d'en être l'origine exclusive - la victime ! Combien de carrières ont été brisées par pure malveillance ?

Ces méchants intouchables posent un gros problème dans le monde du travail.

Attention, il s'agit peut-être d'un cas clinique banal. On ne reproduit pas ce type de comportement par hasard. Il faut chercher dans l'enfance un parent inutilement violent ou abusif. Dans la scolarité, un responsable de cycle un peu sévère, à la critique cassante. Au cours des études supérieures, un professeur désobligeant. Aujourd'hui, les anciennes victimes sont en position de rendre coup pour coup, et elles ne s'en privent pas.

Ou alors, on a affaire à des gens foncièrement méchants, incapables de se réfreiner, enfin débarrassés de toute forme d'autorité, et qui abusent impunément de leur petit pouvoir sur autrui.

On parle de pénibilité du travail pour les cheminots, mais il va falloir s'intéresser sans trop tarder au travail de bureau, lieu de souffrance psychologique et d'abus. Personne ne veut travailler pour Madame Olson. Personne ne devrait laisser sa santé se détériorer au travail. Cela n'en vaut pas la peine.

mercredi 14 novembre 2007

Logique du chiffre

On peut faire dire n'importe quoi aux chiffres, notamment en entreprise. Et tout particulièrement dans la communication.

Pourquoi changer les méthodes ? Les chiffres sont au vert !

Pourquoi travailler plus ? Le chiffre d'affaires est excellent !

De quel chiffre d'affaires parlons-nous ? De celui qui était déjà à ce niveau avant nous, c'est-à-dire le business généré par d'autres ? Est-ce qu'il faut s'enorgueillir d'avoir tout simplement maintenu le chiffre, freiné la descente malgré la "crise", nettement amélioré sans pouvoir donner une seule bonne raison ?

Est-ce que l'équipe qui ouvre le Champagne ne se félicite pas du travail d'une équipe précédente, remerciée sans ménagement quelque mois plus tôt ? Le succès célébré prépare-t-il la chute à venir ?

Qui fait le chiffre d'affaires d'une entreprise ? Le grand patron, le directeur général, l'équipe commerciale, les créatifs, les techniciens ? Faut-il féliciter celui qui fait entrer le client ou celui qui le retient ?

Lorsqu'un client augmente son budget de communication, le chiffre d'affaires de son agence augmente aussi, faut-il y voir un succès pour l'équipe commerciale qui aurait su trouver les mots justes pour déclencher l'investissement ou une stratégie d'ores et déjà formulée par le service marketing de l'annonceur ?

La fameuse crise de la communication du début du siècle est-elle liée aux attentats du 11 septembre 2001, à l'émergence du numérique ou à d'autres problématiques du secteur ? Tout à la fois ?

Et si l'Équipe de France de Rugby avait remporté la Coupe du Monde, est-ce que cela aurait permis aux entreprises mêmes les plus mal gérées de profiter de l'euphorie et de faire du chiffre ?

Finalement, qui a le plus d'impact sur le chiffre d'affaires de votre entreprise ? Chabal, Ben Laden ou Steve Jobs ?

Ou bien vous ?

mercredi 7 novembre 2007

Pas beau l'avion

Incompétent ?

Pourquoi tu dis ça ? T'es méchant. Et puis t'es qui pour dire ça ?

Dis donc, qu'est-ce que c'est que ce mauvais esprit ? Je veux pas le savoir, tu n'as aucune raison d'être désagréable. On est une équipe. Déjà que le client nous prend la tête et nous parle comme à des chiens, alors on ne va pas s'engueuler entre nous.

Tu n'as pas gueulé ? Tu as bien dit le mot "incompétent". C'est pas très gentil.

Bon, d'accord, tu n'as pas gueulé. Qu'est-ce que tu es pointilleux !

Enfin, tu n'es pas facile, quand même. Faut être mignon.

Comment ça, tu as dû tout refaire ? On ne t'avait pas dit quoi ? Tu sais, moi, vos histoires…

Bref, essayez d'être un peu plus gentil quand même.

D'abord, tout le monde ici est compétent. Si tu penses qu'on a besoin de formation, faut en parler.

Bon, je file, j'ai des courses à faire et je suis claqué.

C'est ça, on en reparle demain.

vendredi 26 octobre 2007

Terminologie du cool

Dans la com, on n'est pas des intellos.

Si on avait fait Polytechnique, on ne serait pas payé à vendre des idées à des vendeurs de yaourts.

On l'aime bien le client, il nous fait vivre juste ce qu'il faut. Il chipote sur les devis, mais bon, on n'a pas trop le choix en même temps. Des fois, le client, il nous met trop la pression. Il nous impose des délais de fou furieux parce que souvent, il comprend pas vraiment notre métier.

Dans le métier, on est obligés d'inventer des mots, parce que c'est pas facile d'exprimer son idée avec très peu de vocabulaire.

Mais la com, au fond, c'est tout simple.

Une pub, c'est carré. Ecran de télé, quatre-par-trois dans le métro, page de magazine. Tout carré, ou rectangulaire si vous voulez, mais vous chipotez. Dans ce carré, on distingue 3 composants : le fond, les textes et les visuels.

Le fond, c 'est le papier. Faut pas que ce soit trop blanc, sinon ça fait vide. Vu ce qu'on facture en fab, vaut mieux pas être radin sur la couleur. La fabrication, c'est tout ce qui tourne autour de l'impression (achat de papier, impression, façonnage, livraison). Vous chipotez, là. Je vais pas tout vous expliquer (j'ai pas le temps). Faites comme moi, quand vous ne savez pas, vous ne dites rien ! Bon, de toutes façons, j'ai besoin d'une petite pause, je vais me fumer une clope, alors je vous accorde encore 5 minutes, mais pas plus, je dois aller à un brainstorming dans 10 minutes (une réunion qui, malgré son nom, ne nécessite pas d'avoir un cerveau).

Les textes, c'est le rédac qui les écrit. Quand le rédac n'est pas dispo, c'est bibi qui s'y colle. Bibi, c'est n'importe qui, après tout, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour trouver une accroche. Une accroche, c'est un bout de texte qui flotte. Il flotte, quand il est posé sur rien, on a l'impression qu'il est en l'air. Le client aime bien quand c'est aéré, mais faut pas que ça flotte trop. C'est quelqu'un de sensible, le client.

Quand c'est pas du texte, c'est du visuel : reuf (rough = esquisse, un dessin quoi), photo, volume (truc pas plat). Un visuel, faut que ça ait de la pêche. Un visuel pas assez péchu, c'est fade. Faut demander au graphiste de le péchufier un peu.

Le graphiste, il est trop fort, il fait des trucs, je pige que dalle. Des années que je le vois faire, et j'ai toujours rien compris. En même temps, c'est pas mon boulot.

Ce que le client aime chez nous, c'est notre réactivité. Les autres, ils dorment, mais nous, on est réactifs ! On nous demande un truc et paf ! on le fait.

Chipotez pas. Rapide, c'est pas pareil. On est ré-a-ctifs. On réagit. On agit. On est trop forts et les autres ils sont trop nuls.

D'ailleurs, on va faire un pot. Pendant un pot, on n'est ni vraiment au boulot, ni vraiment à la maison, on peut se lacher un peu, mais pas trop. Il y a de l'alcool, des chips, un peu de musique, pour fêter un départ, deux arrivées, une compet gagnée et un nouveau budget.

Quoi, on n'a pas le droit de respirer un peu, de s'amuser ?

Vous chipotez vraiment trop. Vous êtes pas cool. Vous n'avez aucun avenir dans la pub.

lundi 22 octobre 2007

La Pub pour les Nuls

Il y a probablement une grille tarifaire qui régit les droits d'utilisation d'une chanson dans une publicité, avec l'accord de l'auteur, de l'éditeur ou des ayant-droit. Si j'étais journaliste, je devrais faire ma recherche et obtenir cette grille avant de l'évoquer, mais ceci n'est qu'un blog, alors nous allons rester dans l'hypothèse.

Tout en haut de cette grille, le plus cher doit être l'utilisation de la chanson originale, qui implique peut-être l'image de l'artiste. Et comme c'est prohibitif, cela doit coûter beaucoup moins cher de la réenregistrer avec un groupe de jeunes, si possible avec un peu de saxophone. Il doit y avoir une astuce, car c'est généralement une version inédite, pour ne pas dire massacrée, qui nous est servie.

Très franchement, c'est assez embarrassant d'entendre un air de Laurent Voulzy sur une pub de pastis, mais à la limite, il eût été préférable que ce soit son interprétation. Utiliser une œuvre d'art pour faire de la pub, c'est délicat; la dénaturer en prime, c'est intolérable.

Mais j'imagine qu'un partenariat avec Laurent Voulzy, en plus de la chanson, c'est plus cher à l'achat. En termes de retombées, ça doit être plus intéressant quand même, et plus satisfaisant d'un point de vue artistique; si ça se trouve, Laurent Voulzy aime bien le pastis…

Le point de vue artistique dans la pub, face aux arguments commerciaux, ou aux arguments des commerciaux…

Le but de la musique, c'est d'accompagner le message publicitaire, pas de lutter avec lui.

En général, à moins que le message d'une chanson colle parfaitement avec le message de l'annonceur, il n'y a pas lieu d'utiliser les parties chantées, à moins de les réinterpréter pour éviter le clash.

Pendant la finale de la Coupe du Monde de rugby, l'Oréal a présenté un gel coiffant, utilisant une version de "Walk Like an Egyptian", vieux tube des Bangles repris plusieurs fois.

La musique colle bien au spot, c'est vivant, ça ne sent pas le réchauffé, on reconnait le titre. En revanche, le texte original ne colle pas vraiment - pas d'égyptien à l'horizon, pas de gens de profil, pas de bras en Z, pas d'identification au clip original, où tout le monde y compris la Statue de la Liberté se livre au pas révisité de l'égyptien.

Et pourtant, en fin de spot, est arrivé le refrain de la chanson, "Walk like an egyptian", sans lien ni avec l'image, le ton, ou l'accroche - les égyptiens utilisaient-ils un gel coiffant ?

A qui doit-on cette intervention ?

Au client, qui estime le coût des droits d'utilisation trop exhorbitant pour ne pas s'assurer que le spectateur la chanson ? C'est à ce genre de considérations qu'on doit l'identification de "Pierre Barthez, champion de tennis", dans plusieurs spots pour Lipton Yellow au milieu des années 80, montrant les limites du partenariat pas cher avec une vieille gloire méconnaissable - Bjorn Borg ne devait pas boire de thé.

Au commercial qui aime bien la chanson, qui pense que ça fait vendre si les gens identifient la marque à un tube, répercutant le succès de la chanson originale sur le produit, peu importe la confusion que cela engendre ?

Au directeur artistique, qui avait proposé la chanson au départ du projet, et qui ne se remet toujours pas du fait qu'on ait privilégié la voie sans égyptiens ?

En principe, quand on fait de la pub, il faut oublier les principes. Il paraît que ça nuit à la créativité. L'important, c'est ce qui reste de ces messages publicitaires. Pierre Barthez était un joueur de tennis, je ne bois toujours pas de thé, et si je veux avoir l'air d'un égyptien, il va falloir que je me coiffe.

vendredi 12 octobre 2007

Coca-cola, big mac et Chabal

Que faire, que dire, pour se faire remarquer sur le net ?

Parler de vélib, ça, c'est déjà fait. Et encore, je n'ai pas tout dit !

Citer des marques archi-connues pour que cela ne passe pas pour de la publicité : Google, Pepsi, Pizza Hut, Microsoft, Apple, Mc Donald's.

Evoquer des hommes politiques qui font parler d'eux : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal.

Choisir des créneaux moins à la mode pour remonter au top des recherches Google : Jean Ferrat, Olivetti, Tati, Jacques Toubon.

Attirer l'attention de ceux qui surveillent le net, sans toutefois les citer directement : Bleu Marine, Commissaire Mégret,

Citer des associations, du coup : act'up, Emmaüs, attac.

Ah, surtout ce weekend, parler de sport, en feignant de chercher un angle moderne : savez-vous que Chabal aurait été relooké ?

Voilà, on a fait à peu près le tour. Ah, l'élément excitant ? La petite touche féminine qui attire les curieux ? Le bon mot, qui revient certainement dans 1 requête sur 10 : nymphomane.

Avec ça, si vous n'arrivez pas à trouver cette page, c'est qu'il y a conspiration !

D'ailleurs, si vous découvrez ce site pour la première fois, bienvenu, mais je ne vous félicite pas : vous êtes victime de la pub !

jeudi 13 septembre 2007

Rugby : la coupe est pleine !

Difficile d'échapper au ballon ovale ces jours-ci. C'est simple, il est partout !

La popularité croissante du sport est alimentée par la multiplication des outils et agences de communication, réunis autour d'un même neurone.

Depuis six mois, toutes les agences se sont passées le mot : faites ce que vous voulez, mais collez-moi un ballon ovale quelque part ! Le plan est simple : il y a un événement majeur, ce n'est pas la Coupe du monde de foot, mais on va faire comme si. Les marques ont imposé leur concept : si ça ne parle pas de rugby, nous ne payons pas !

Le concept, justement, parlons-en. Quel est-il ? Souvent, ce n'est pas très fouillé.

Le manque d'humour des annonceurs reflète un excès de confiance. Pas besoin d'être drôle, ça se vend tout seul. On voit des choses du style : On va tranformer l'essai avec X ! Mouais… Pourquoi pas : Entrez dans la mélée ?

Il y avait pourtant moyen de s'amuser. Laissez-moi réfléchir…

En avant ! Osé… Pas sur que tout le monde comprenne. Ne ratez pas la troisième mi-temps ! Pourquoi pas, une marque de bière… Si vous venez de vous faire plaquer… Pour un site de rencontres !

Ceci dit, la bonne idée, c'est d'avoir privilégié la forme. Ovale. Vague. Facilement reconnaissable. Et sans accent toulousain.

Plaignons l'annonceur, discret ces derniers temps, qui a déboursé des sommes astronomiques pour un partenariat avec des joueurs de l'Equipe de France, crucifiée dès son premier match…

Visibilité maximum, donc, mais pour quel résultat ?

Pour le rugby, c'est-à-dire le sport, la fédé, les licenciés, les amateurs, c'est une belle revanche sur le foot, jusqu'alors enfant chéri et bien gaté des annonceurs et sponsors. Pour les marques, en revanche, il faudra attendre une étude pour démontrer le peu d'impact de ce mariage forcé.

Pour le public, un consensus semble se dégager : la Coupe du Monde est à peine commencée et déjà, on en a raz-le-bol du rugby !

mercredi 29 août 2007

Braguette éjectable

Qui sortira le premier pantalon avec braguette éjectable ?

Un jean, un short peut-être, pour tester le marché dans un premier temps…

C'est tout ce qu'il nous manque, à nous, les hommes.

On a tout le reste. Le succès, la puissance, le style.

La seule chose qui nous échappe, qui nous oblige à chasser, qui nous stimule, c'est le sexe ! Et donc, généralement, les femmes. Pas une femme, mais toutes les femmes. Il faut avoir l'esprit large, ne pas restreindre inutilement son champ d'action. Tôt ou tard, ça finira par payer !

Enfin, si on en croit la pub…

L'affichage publicitaire, qui nous montre généralement des femmes en sous-vêtements, prêtes à l'emploi : ce n'est pas une femme qui s'habille ; elle vient de tomber la robe du soir hors de prix, et ne se prépare certainement pas à jouer au bridge. Et les hommes en costume, surs d'eux, prêts à tout, séducteurs en toutes circonstances… Prêts à passer à l'acte.

C'est un plan en trois étapes. Simple mais efficace. Progressif.

Une voiture de sport, avec sièges en cuir rabatables, climatisation, lecteur MP3 et soundsystem intégré, une authentique chambre d'hôtel sur roues, capable de monter à 240 km/h, mais qui ne dépassera jamais le 130.

Un costume qui respire la classe, que l'on n'hésite pas à garder partout, même sur un vélib ! Signe de stabilité financière. Vous pouvez vous approchez, Mademoiselle.

Et la fragrance, la sous-couche de déo, pour l'effet magique. Le décroche-coeur, dégraffe-soutif !

La très grande classe, au point où on en est, ce serait bien la braguette éjectable. Bouton discret dans la manche, clic, zip, doing ! En un dixième de seconde, sans perdre la pose, sans retirer l'uniforme surtout, pour ne pas gâcher l'effet. Le James Bond de l'amour. On ne perd pas de temps - faudrait pas passer pour un poête…

Simple et efficace. A quand ?

mardi 14 août 2007

La classe internationale

Associer des sportifs à une marque, c'est un exercice à risque.

Cela arrive fréquemment dans la com, la pub si vous préférez, où les agences n'hésitent pas à réunir sur une même affiche des écouteurs et un footballeur, ou à faire enfiler des talons aiguille à un rugbyman pour un spot télé.

C'est la loi de l'image, celle du sportif se vendant parfois très bien.

Mais comment apprécier la valeur visuelle d'un sportif ?

Le meilleur exemple, c'est Michael Jordan. Professionnel depuis ses débuts, il n'a jamais, de mémoire de fan, laissé une mauvaise impression, que ce soit dans un spot diffusé dans le monde entier ou dans un minuscule encart de magazine. Toujours propre, le regard travaillé, exercant un contrôle total, à commencer par lui-même : bien habillé, rasé, propre sur lui, et définitivement concentré. C'est le sportif qui n'a jamais déçu, que ce soit sur le terrain ou en dehors (agacé par les comparaisons entre Jordan et Kobe Bryant, la vedette en titre de la NBA, son entraineur disait qu'en 110 matches de play-offs, il avait livré 90 performances extraordinaires, le reste étant encore très haut-dessus de la moyenne). Ce qu'on peut appeler un sportif accompli, à plus d'un titre.

On ne peut être que déçu quand on voit un joueur français, éclatant de réussite sur le parquet, courtisé par des marques prestigieuses, mais incapable de comprendre ce qu'on attend réellement de lui en achetant son image - aucune intensité dans le regard, pas rasé pour une énième séance photo, et assez peu concerné par l'utilisation finale des clichés.

C'est d'ailleurs pourquoi, régulièrement, les marques refusent de renouveler un contrat, mettant un terme à une relation coûteuse, aux faibles retombées. Bon nombre de sportifs ne remplissent qu'à moitié leur contrat, trainant les pieds pour se rendre aux rendez-vous obligatoires, la tête ailleurs, pas vraiment professionnels.

Il ne suffit pas d'être soi-même. C'est un nouveau challenge, comme sur le plan sportif, il faut tout reprendre à zéro, et construire sa réussite. Pas question de se reposer. Il ne faut pas simplement jouer les stars, mais en être une, et assumer son statut.

mercredi 8 août 2007

Stop la promo !

A Hollywood, et plus généralement aux Etats-Unis, les carrières se font et se défont très vite.

Exemple de la superstar d'hier aujourd'hui oubliée, Kevin Costner.

Danse avec les loups, JFK, Robin des Bois, Les Incorruptibles…

Bodyguard ?

Waterworld…

Au dos de la pochette du DVD de JFK, on peut lire ceci : "JFK confirme la consécration de Kevin Costner comme l'une des plus grandes stars du cinéma américain".

Au moment de l'édition de ce DVD, en 2000, il eut été plus juste d'écrire "confirmait alors…". Pas très vendeur, je vous l'accorde, mais authentique, ça peut avoir son charme.

Peut-être un jour, la promo passée de mode, pourra-t-on lire des commentaires de ce style : "Avant de tourner dans des navets et de tomber dans l'oubli, Kevin Costner a signé dans JFK une performance qui laissait imaginer une carrière digne des plus grandes stars du cinéma américain".