Quidamned !

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mercredi 15 octobre 2008

Un moment Souchon à partager

La bonne blague du moment, qui résume bien ce que tout le monde a sur le bout de la langue en quelques phrases faciles et pas méchantes, est signée Alain Souchon. Et c'est gratuit !

C'est bien lui, on le reconnait, c'est sur son site, à l'adresse suivante :

http://www.alainsouchon.net/

En une petite vidéo, l'artiste fait évidemment sa promo, mais c'est à s'y méprendre.

Coup de pub bien senti ou démarche sincère, ou bien encore les deux ?

Souchon revient, il ne nous a jamais quitté, il était juste en vacances, vous dit-il…

Il résume l'actualité chaude du moment en une chanson, gratuite, car tout va mal : vous, l'industrie, lui ?

Et ça sonne juste, ça rappelle l'à-propos de Foule sentimentale, il y a déjà 15 ans.

Musicalement, est-ce bon, est-ce pauvre, est-ce typique, allez savoir… Ce titre gratuit, sur fond de crise, c'est avant tout un grand éclat de rire (pour moi), une émotion bien vraie dans ces situations invraisemblables (pour l'industrie du disque et le monde de la finance, Wall Street, qui rattrappe le monde entier, Main Street). Et entre deux sourires, cependant, dans ces phrases bien écrites, entre deux jeux de mots bien sentis, on se rappelle qu'il évoque des choses très sérieuses, il nous explique quand même que des jobs sont en jeu, et ce message grave qui passe dans une ambiance légère, c'est du Souchon pur, son art si maîtrisé (il veut du live, cet homme-là).

Alors ça sent le tube, comme en ces temps reculés où les rockers et autres chanteurs de variété sonnaient la révolte.

Soudain, fini la star'ac, fini le bla-bla, place à l'artiste.

Souchon revient au bon moment, juste le temps de laisser passer un peu la crise… ou peut-être pour arriver, en France, au moment le plus critique, fin novembre ?

On sent déjà l'événement.

dimanche 12 octobre 2008

Metal qui dure

Pas rouillés, les 4 de Metallica.

Pas mal, la jaquette de l'album, originale dans le concept, c'est déjà une performance au milieu de toute cette production de galette numérique.

Musicalement, ça tient la route, ça brlle par endroits, avec des sonorités ici et là, des arrangements par-ci par-là qui rappellent nettement des anciens titres, les meilleurs, donc on pardonne.

C'est neuf avec un peu de vieux, c'est du renouvellement, avec un respect et un attachement à leur propre héritage musical, un nouvel album qui rappelle les meilleurs moments de la vie du groupe sans toutefois sentir le réchauffé.

Encore quelques écoutes, et ce sera effectivement un nouvel album réussi.

Mais il faut laisser un peu le temps au disque de s'installer entre nos deux oreilles.

C'est l'effet Metallica grand cru.

Eh oui. À l'avant garde du métal, ou encore du rock moderne, ces gens-là réinventent leur style à chaque album, c'est du pur génie bien vivant, au sommet de son art, alors pour le quidam qui essaie de suivre, c'est comme du Chomsky pour un linguiste : ça se digère lentement.

Mais déjà, au bout de deux semaines, il y a les mélodies qui restent, qui trottent gentiment dans la tête, un goût de revenez-y caractéristique, d'abord sur 2-3 titres, puis dans quelque temps sur tout l'album.

Metallica est toujours là, vous salue bien, et continue d'écrire sa légende.

Et attention ! Vivement le concert tout près de chez vous, ce sera encore bien meilleur.

Eh oui ! Metallica, c'est avant tout un groupe de scène, et ces quelques titres couchés sur la galette, seront grandioses en live, une fois levés… (rien que pour confirmer de visu la présence d'un bassiste, pas évidente, dans la continuité des habitudes du groupe, qui ont provoqué le départ furibard de Jason Newsted, avant le précédent album).

Mention spéciale pour All nightmare long, The day that never comes et Cyanide, c'est-à-dire le milieu de l'album, qui s'écoute en boucle sans être répétitif. Metallica, c'est l'anti-boucle, justement, l'anti-club, ça change de rythme tout le temps, on s'ennuie donc rarement. Bon, c'est sur, encore une fois, pour ceux qui n'auraient toujours pas compris, Metallica, ça reste du métal… Avis aux amateurs !

Il y a de l'inspiration, du grand riff qui tache, de grands moments de pur rock. Merci à eux.

vendredi 21 décembre 2007

Que voyez-vous quand vous regardez Amy Winehouse ?

Curieux public qui s'affaire autour d'une si petite personne avec une si grande voix.

Elle n'est pas top-modèle, elle en est consciente, et elle boit en partie à cause de ça : tout le monde la regarde, mais elle ne se trouve pas belle.

Elle vient chanter ses chansons, on vient l'écouter, la voir en os plus qu'en chair, la voir boire et tituber, la voir peut-être un jour faire scandale.

Qui dans la foule qui se déplace à ses concerts ou feuillette un magazine dont elle fait la couverture, aime sincèrement sa musique ?

Qui parmi son public trouve dans ce personnage controversable à loisir un écho, un modèle, une excuse pour son propre comportement discutable, inavouable, honteux ?

Qui parmi nous aurait bien besoin d'une cure, mais préfère dire "non, non, non" en se sentant désormais à la mode ?

Pour combien d'entre nous, fans plus ou moins déclarés, Amy Winehouse représente-t-elle un danger, la tentation de la drogue, de l'alcool, de l'excès en toute impunité ?

A quel moment l'artiste devient-elle symbole de débauche ?

Est-ce d'ailleurs son message, ou est-elle exploitée contre son gré pour défendre les causes les moins défendables, pire encore qu'un artiste qui vend son image pour un produit quelconque, un véritable porte-malheur ? Une caution pour tous les alcooliques, toxicomanes de tous niveaux, filles et garçons de mauvaise vie, mauvaise hygiène et parfois aussi mauvaise haleine ?

Et vous, que voyez-vous quand vous regardez Amy Winehouse ?

Ses tatouages ? Ses yeux ? Son corps ? Les traces de poudre sous ses narines ? Les marques laissées par une seringue dans le creux de ses bras ?

Qui voit encore, sous cette couche de pub, à travers la brume de tabloïd, derrière la façade marketing, une jeune artiste talentueuse qui prend une place de choix sur la scène internationale ? Qui voit encore une chanteuse, et non une "diva", "people" ou encore une alcoolique ?

Pour redécouvrir cette artiste, il suffit peut-être tout simplement de se procurer un de ses albums, de faire le vide et de laisser place à la musique, rien qu'à la musique. Pas de clip, pas de journal, pas de web, rien que l'artiste, son talent, son art. Coupons un instant la news-machine et admirons le temps d'un album une artiste étonnante.

Et dites-moi alors ce que vous voyez…