Quidamned !

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mercredi 31 octobre 2007

56 secondes

56 secondes, c'est le temps écoulé lors de ma dernière conversation téléphonique avec ma grand-mère, incluant une quizaine de sonneries avant décrochage.

Je poursuivais la conversation quand elle raccrocha brusquement, me laissant finir ma phrase, à peine entamée, dans le vide. Sensation désagréable que j'évite pourtant en veillant à ne pas laisser le moindre blanc entre deux phrases. Mais je ne suis pas le seul à travailler mon style, visiblement.

Et pourtant, rien ne presse.

Retraitée depuis quelques années, occupée à ne rien faire et à regarder la télé, ma grand-mère est plutôt bavarde en général, mais jamais au téléphone. C'est le propre des générations qui ont connu le téléphone depuis son origine, le coût de la communication étant prohibitif, rendant toute conversation minimaliste.

Or, bénéficiant d'un forfait illimité chez Free, je sais que cet appel téléphonique national ne me coûtera pas un sou, qu'il dure 1 ou 55 minutes. Ma grand-mère devrait le savoir, je lui ai dit maintes fois, mais elle a sans doute oublié, ce concept étant trop nouveau pour elle. Moi qui pensais la divertir un peu, je reste sur ma faim, mais je ne me formalise pas, bien entendu. Elle n'y est pas pour grand chose.

Les compagnies de télécoms, en revanche…

mardi 30 octobre 2007

Les légendes vieillissent mal

Pour apprécier une œuvre d'art à sa juste valeur, il faut une solide culture. Cela permet de situer le travail de l'artiste par rapport à une époque, à des moyens, à ses contemporains, et éventuellement à ce qui se fait de mieux en la matière, toutes époques confondues. Un véritable travail en soi. Mais cela n'empêche pas n'importe qui d'avoir sa propre sensibilité, et peut-être de ressentir quelque chose pour un artiste raté du XXème siècle. C'est l'émotion qui compte.

Faut-il aimer les classiques ?

Que se passe-t-il si, alors que vous faîtes l'effort de connaître ce qu'il faut connaître, les monstres sacrés, vous ne ressentez pas le même élan que vos aînés ?

Etes-vous irrécupérable si vous n'êtes pas sensible au regard subtil de la Joconde ? Etes-vous inculte si vous avez du mal à écouter un album entier de Led Zeppelin ?

Nombreux sont ceux qui écoutent toujours Led Zeppelin, avec la même ferveur… que les gens de l'époque. Il s'agit de gens qui ont grandi après Led Zep, à qui on a appris que c'était une grand groupe de rock, un précurseur, un incontournable qu'il fallait savoir apprécier.

Mais est-ce que ces nouveaux adeptes apprécient réellement cette musique, ou bien s'ys sentent-ils obligés ?

Il y a eu du progrès depuis, une évolution technique et culturelle indéniable, et le fait d'écouter la même chose qu'il y a 30 ans, avec un esprit de culte, c'est quand même particulier. Pour avoir résisté au mouvement, j'ai pu me rendre compte de l'aspect cultiste d'une telle démarche - il a fallu convaincre que je n'aimais pas, et ça a déplu. Je suis alors sorti du cercle des "puristes". Je me suis exclu du mouvement, et j'ai perdu une forme de respect de la part des véritables amateurs. Il fallait aimer Led Zep ! Se forcer, au besoin…

Elvis Presley a inventé le rock, mais le rock n'est pas resté figé à l'époque d'Elvis. S'il était vivant aujourd'hui, Elvis lui-même se régalerait peut-être avec un home studio, et préterait peut-être sa voix à une collaboration type Gorillaz, laissant à de jeunes talents le soin de mettre en musique sa voix unique. Il signerait probablement un contrat de partenariat avec Slim Fast, ses photos de scène avec 30 kilos de trop servant à vanter les bienfaits des régimes à vocation amincissante.

Fan de Jimi Hendrix, ayant lu plusieurs biographies, possédant tous ses albums studio, je suis incapable d'écouter un seul album d'une traite. Il y a du bon et du moins bon, du purement expérimental que l'artiste considérait peut-être raté, vu qu'il amorçait une profonde évolution de son propre style peu avant de mourir. Hendrix, de son vivant, se disait médusé de voir ses fans, guitaristes en herbe, se casser la tête à reproduire ses erreurs - montrant le problème posé par l'approche de sa musique sans recul, comme un culte.

Et que dire du live ? Quelle déception quand, à la faveur d'une édition en DVD du légendaire concert de l'Isle de Wight, je me suis rendu compte avec horreur de la mauvaise qualité sonore ! Je suis d'accord pour faire mon pélerinage, mais pas en marchant sur des cendres. D'autant que les fameuses Fender du maître ne tenaient pas aussi bien l'accord qu'aujourd'hui, et comme il brutalisait son instrument (avant d'y mettre le feu, rien qu'en tirant sur les cordes pour sortir ses sons inoubliables), il devait réaccorder parfois en plein morceau ! Ce DVD n'a pas bougé de son étagère depuis sa da te d'achat, à mon grand regret. En revanche, le fameux hymne national américain revisité par Jimi, présent sur la compilation "the ultimate experience", bénéficie d'une excellente qualité d'enregistrement, je l'écoute régulièrment avec le même plaisir, même si j'ai pu constater auprès de mes proches que j'étais bien seul dans mon bonheur. Pour beaucoup de gens, la prouesse d'Hendrix est plutôt désagréable.

Nous vivons une époque extraordinaire d'un point de vue technologique, les sounds system des salles, le soin apporté à la préparation des événements et la qualité des enregistrements donnant un produit qui n'a rien à envier aux légendes des 60's ou des 70's. Et musicalement, bon nombre de groupes ont repris le flambeau, et amenant plus loin, et avecc une plus grande maîtrise de tous les aspects de leur musique, un art devenu mature.

Souvenez-vous qu'Hendrix pompait allègrement des classiques de blues pour organiser ses propres morceaux, s'inspirait de lectures discutables pour écrire ses paroles et manquait singulièrement de répertoire personnel au plus fort de sa légende. Quelques-uns de ses titres cultes portent sa griffe, mais ont été composés par Bob Dylan (All along the watchtower, Like a rolling stone). Et très franchement, en tant que chanteur, c'était assez approximatif techniquement.

Si Guns'n'Roses est devenu un groupe de renommée planétaire en quelques années, c'est pour avoir sublimé ce qui restait du rock, amenant le genre à un sommet technique et musical rarement atteint. Le talent de Slash à la guitare, qui continue à vivre bien longtemps après la chute du groupe, n'a rien à envier ni à Hendrix, ni a Jimmy Page, même s'il leur doit probablement une partie de son inspiration. On parle ici d'influence.

C'est, du reste, tout l'intérêt des "bonnes" reprises. La version live de Knockin' on heaven's door, telle que jouée par Guns'n'Roses lors du concert à la mémoire de Freddie Mercury à Wembley en 1992, est un classique, une version particulièrement aboutie du morceau de Bob Dylan. On atteint un sommet sonore, particulièrement harmonieux et intense, le symbole de ce qu'a représenté un des plus grands groupes de rock de tous les temps, mélant métal, rock et blues. Ce n'est pas un hasard si ce titre a été un grand succès commercial (se distinguant du concert lui-même, moins apprécié), largement diffusé sur MTV (toujours dans le bons coups), rencontrant l'approbation d'un public particulièrement large et eclectique : c'est une interprétation qui a transcendé les barrières culturelles. Le "freedom" de Robbie Williams, en revanche, est considéré comme une régression par rapport à la version originale, signée George Michael.

Et c'est bien Puff Daddy qui a remis Cashmere au goût du jour, s'appropriant par sample juste ce qu'il fallait du morceau original pour faire son tube, "Come with me" (bande originale du film Godzilla). Nombreux sont ceux qui préfèrent son style viril à la voix cassée de Robert Plant, son rythme bien carré et intense à la version un peu molle de ses illustres précédesseurs.

Il faut connaître ses classiques, conserver la mémoire, perpétuer les mythes. Ces gens-là ont leur place dans un musée, dans un coin de ma discothèque virtuelle, mais pas sur ma table de chevet et, au bout du compte, pas sur mon ipod.

samedi 27 octobre 2007

Velib de nuit

Encore un dogme qui tombe : je croyais que la première baisse de température aurait raison de ma passion naissante pour le vélib.

Eh bien ce soir, la solution vélib était la plus rapide. 21 minutes entre l'avenue de la grande armée et la porte de St Cloud, borne à borne. En métro, ligne 1 et ligne 9, avec changement à Franklin d. Roosevelt, à 23h, il faut compter environ 30-35 minutes, plus selon le temps d'attente. La nuit, la rue est à nous !

Bien entendu, l'effort compense pas mal la fraîcheur nocturne. Je ne saurais que demain si j'ai attrapé froid.

En attendant, quelle sensation exaltante de liberté !

Seul bémol, en arrivant au port, un petit relâchement d'attention à l'approche de la station de taxis, j'aurais pu me faire renverser si le chauffeur avait démarré un peu vite; je l'avais vu s'avancer légèrement avant de décider de déboîter, j'aurais dû tout simplement rester derrière lui et attendre de voir dans quelle direction il allait partir au lieu de m'engager.

Le vélo à Paris, je le répète, c'est sans danger à condition de rester vigilant à chaque instant.

samedi 20 octobre 2007

Le jour d'après

Il semble que quelque chose est arrivé en France et la société n'est plus exactement la même.

Le dernier Président de la République était soupçonné de souplesses financières, mais à part une photo en tenue d'Adam rapidement censurée, jamais ses mœurs n'ont fait l'objet d'une quelconque couverture médiatique. Discrétion ou droiture, allez savoir…

Son prédecesseur avait eu une vie sentimentale plus agitée, mais il a fallu un scoop tardif pour découvrir un enfant illégitime, et un récent article dans un magazine pour faire étât offciellement de sa relation avec une chanteuse de renommée internationale, les deux amants étant décédés des années avant la parution de l'article. Discrétion et méthode, deux septennats sans l'ombre d'un scandale.

Aujourd'hui, si on s'intéresse un peu à la vie privée du Président de la République, simple curiosité liée à l'annonce de sa séparation, les choses sont plus compliquées. Hypermédiatique, le Président s'astreint à une forme de transparence presque troublante.

En fait, et c'est assez rassurant, il semble que l'opinion se fiche pas mal de la vie privée du Président. Il reste homme, sa vie subit les mêmes aléas que n'importe qui, cela le rend certainement plus humain aux yeux de l'opinion que certains de ses prédécesseurs, élevés sur un piédestal factice. Il s'inscrit parfaitement dans une société en pleine mutation : les mots "divorce" ou "famille recomposée" sont devenus banals.

D'autres mots entrent dans le language courant, comme "sex buddy" ou "fuck buddy", désignant la même chose, à savoir cette personne avec qui on couche, juste pour s'amuser. Nous vivons une époque moderne, où les gens sont plus fidèles à leur opérateur de téléphone mobile qu'à leur amour.

D'ailleurs, que désigne exactement le "sex buddy" ? Est-ce un partenaire de longue date, disponible en toutes circonstances pour répondre mutuellement à ses besoins naturels ? Est-ce qu'on peut en avoir plusieurs, comme les correspondants, ou est-ce qu'il n'y en a qu'un seul, comme LE confident ? Pourquoi y aurait-il des contraintes, d'ailleurs, le but du jeu étant d'être libre ?

Tu es mon "sex buddy", je te confie toute ma libido, fais-en bon usage… Est-ce qu'on va voir éclore la notion de "sex team", l'équipe de bons potes toujours prêts à assouvir une petite envie ?

Bien entendu, tous ces avatars existent depuis longtemps, ils étaient sans doute réservés à certaines franges plus extrêmes ou insouciantes de la société, à des films interdits, mais il semble que tout cela se démocratise.

De même que l'alcool, autrefois réservé à une partie des adultes, se démocratise chez les jeunes, de plus en plus tôt, tant le besoin de se "démonter la tête" se fait sentir.

Sexe, drogue et alcool ne sont plus des choses exceptionnelles, des moments d'ivresse rares que l'on attend longtemps, ce seraient aujourd'hui des choses banales, nécessaires, parfois exclusives. Enfin, bien entendu, dans des familles laxistes, où les parents sont absents même quand ils sont présents, où les enfants sont soi-disant autonomes, laissés pour compte.

C'est inquiétant, parce que toutes ces activités à haute dose trop tôt ne mènent à rien, si ce n'est au désenchantement. L'excès de plaisir n'amène pas à plus de plaisir, il l'ascepstise. Et pendant qu'on sort, qu'on boit, qu'on se saute dessus les uns les autres, en dehors ou parfois à la place des heures de lycée ou de collège, on ne fait pas grand chose de sa vie.

Pendant qu'on se démonte la tête, seul le corps continue à vivre, l'esprit est emprisonné. Si les jeunes ont autant besoin de faire taire leur cerveau, c'est sans doute parce qu'ils se sentent mal, ils ont besoin de fuir la réalité, et c'est grave. "Tais-toi cerveau ou je te tue avec un coton-tige !" Homer Simpson dans le texte, sur les lèvres de nos enfants.

Notre Président n'a aucun souci à se faire pour son image : il a un bon job, il a la classe et il ne boit pas d'alcool. C'est un excellent exemple pour la jeunesse !

jeudi 18 octobre 2007

L'extase de l'or

L'extase de l'or, c'est un titre d'Ennio Morricone.

C'est aussi la musique d'intro de chaque concert de Metallica depuis une bonne dizaine (ooops, vingtaine, je me fais vieux !) d'années.

Dans le film dont elle est tirée, elle accompagne la course de Tuco (le truand), une petite ruée vers l'or toute personnelle, sous le regard attentif des deux autres personnages principaux interprétés par Lee Van Cleef (la brute) et Clint Eastwood (le bon). La scène se passe dans un cimetière, puisque le trésor se trouve dans une tombe. Une séquence typique du western spaghetti.

Cette chasse au trésor, cette soif d'or, l'impression que tout va se régler si la quête atteint son but, et qui provoque cette euphorie quand le but se rapproche, tout cela se retrouve dans la musique d'Ennio Morricone, traversant les âges.

Aujourd'hui, rien n'a changé.

L'or est toujours là, précieux et improbable trésor. Il attise toujours la convoitise, facilite la duperie, et rend certainement plus malheureux encore la majorité d'éternels perdants qu'il tient en dépendance.

L'or n'est pas dans une tombe, mais inscrit sur un ticket de lotterie, sur une carte à gratter.

C'est une carte de baseball d'Honus Wagner, vendue 2,8 millions de dollars en février dernier.

C'est un panier de basket marqué des 3/4 du terrain par un jeune noir lors d'un concours à Chicago, qui rapporte 1 million de dollars.

C'est une balle de baseball frappée par Barry Bonds à San Francisco devant 43154 personnes, attrappée par un jeune fan, revendue 752,467.20 dollars en 31 enchères.

L'extase de l'or, c'est l'ivresse de la découverte, le soulagement de la quête aboutie, l'illusion que tout problème est enfin résolu. Mais l'or n'est pas une fin en soi. Ce n'est pas le jugement dernier. Ce n'est qu'un moyen d'accéder à autre chose. L'extase ne dure qu'un instant, c'est toute sa valeur.

Imaginez l'heureux gagnant de l'Euromillion, après une nuit de fête, finissant par revenir à la réalité, avec son butin et une existence à poursuivre, se demandant bêtement : "Que faire, maintenant ?"

lundi 15 octobre 2007

J'ai encoré débranché ma télé !

On le sait, un événement comme la Coupe du Monde de rugby modifie les comportements de consommation.

Certains billets se sont revendus à hauteur de 500 euros pendant la semaine pour le match de ce samedi, opposant la France à l'Angleterre au Stade de France.

Moi, j'ai été contraint d'acheter un cable d'antenne pour la somme exacte de 5,99 euros. Et pourtant, je ne suis pas à proprement parler un fan de rugby.

Le plus fou, c'est que je suis quand même passé dans le rayon des décodeurs TNT avant de faire mon choix. Qui sait de combien la note aurait été agravée si un vendeur de ce grand magasin avait été disponible ?

Ceci dit, ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas collé devant l'écran à 21h, j'ai donc échappé à la pub.

Enfin, presque.

Pendant la mi-temps, j'ai pris un malin plaisir à regarder qui avait déboursé les 180 000 euros annoncés pour faire parler de sa marque. Et je n'ai pas été déçu, car j'ai pu constater avec quelle aisance la chaîne a compacté les différents messages, alternant les courtes séquences des annonceurs avec sa propre promo. Je n'avais jamais vu un tel saucisonnage.

Dès la fin du match, j'ai tout naturellement débranché et soigneusement enroulé mon cable presque neuf, et je le ressortirai à la prochaine Coupe du Monde. Cette discipline me fait gagner environ 1h30 d'activité par jour.

Il n'y a pas d'homme indésirable

Que peut-on faire pour un homme qui tombe dans la zone "indésirable" ? Vous savez, cet endroit sordide que tout le monde traverse un jour, où aucune femme au monde ne veut de vous.

Ne riez pas, n'essayez pas de dire que ça n'arrive jamais, ça arrive à tout le monde, vous dis-je. Et vous devriez savoir que je n'aime pas me répéter.

Cette zone indésirable, j'y ai séjourné tellement longtemps que j'ai fini par payer un loyer.

Aujourd'hui, je partage mon temps comme beaucoup de trentenaires, entre différentes zones plus ou moins chaudes, dans lesquelles on ne s'ennuie jamais. Si tout se passe bien, ça va durer encore une bonne vingtaine d'années, peut-être même plus grâce au Viagra et à la fortune qui m'attend - vous savez, celle qui attend probablement tout gratteur de Millionnaire.

De mon paradis tropical, j'ai une vue imprenable sur la zone "indésirable", et je suis sidéré de voir les gens qui y sont actuellement. Sidéré !

C'est comme cette fille exceptionnelle que vous croisez dans la rue, vous vous retournez pour voir qui elle embrasse, et vous voyez une sorte de singe imberbe avec plus de défauts et de boutons que vous à l'adolescence, fringué comme Ken le Survivant, qui l'engueule comme une tapineuse fatiguée parce qu'il est en retard, mais comme elle n'a pas branché son téléphone, il n'a pas pu la prévenir. Histoire authentique, un peu datée, je vous l'accorde.

Il y a en ce moment même des mecs extraordinaires qui doutent de leur pouvoir de séduction (de leur virilité parfois !) alors que des filles extrêmes gâchent leurs plus belles années avec des zombies.

Alors mon message à tous ces beaux mecs à la tête bien faite et bien pleine est le suivant : démaquez ! Arrêtez de cibler les filles célibataires, ne vous considérez pas comme un salaud si vous entreprenez une fille qui s'ennuie avec son mec. Superman, le sauveur de ces demoiselles, c'est vous. Libérez l'Eminem qui est en vous, souquez les artibans, et à l'abordage !

Quoi quoi quoi ? La peur de prendre un rateau (la fille qui dit non, en langage ado du début 90) ?

Prenez des risques. Recevez une gifle ! Commandez un aller-retour avec chevalière ! Si vous vous plantez, plantez-vous carrément, mais tentez votre chance au lieu de rester chez vous ou de vous réfugier dans votre travail.

Nous sommes dans un pays froid, avec une fracture sociale encore plus évidente en matière de mœurs. Il faut se battre pour arriver à séduire une femme, remplir des formulaires interminables, montrer six fois patte blanche avant de décrocher une audition et lutter contre des principes moyen-ageux pour atteindre, enfin, le grand bonheur. Alors si vous hésitez ou si vous cherchez la voie la plus simple en apparence, vous ne faites qu'allonger le temps d'attente. Pour info, une fille célibataire, c'est comme un chômeur, il y a une bonne raison pour ça. La disponibilité n'est pas un garantie de réussite : elle sait déjà ce que c'est que de vivre sans, elle a eu le temps de réaliser que ce n'est pas plus mal, elle n'est donc pas pressée de se remettre avec un mec et elle vous le fera comprendre très vite.

Alors n'hésitez plus.

Allez donc me chercher cette vie de rêve avec la fille qu'il vous faut !

Vous ferez trois heureux : vous, elle et moi.

dimanche 14 octobre 2007

Moment de vérité

A quel moment sait-on qui on est censé devenir ?

Tiger Woods a dû comprendre assez rapidement qu'il était fait pour jouer au golf, mais quand a-t-il réalisé qu'il était capable de dominer son sport au point de devenir le sportif le plus riche de tous les temps ?

Pour un Matt Damon ou un David Duchovny, quel a été le tournant de leur carrière ? La différence entre un petit rôle dans une série télé et la tête d'affiche d'un film a gros budget ?

Qu'est-ce qui permet à ces individus de maîtriser leur rôle dans les moindres détails, d'être au top au moment où tous les autres intervenants du business font leur travail, de réaliser leur performance au moment où tout fonctionne pour eux ?

Pour nous, simples mortels, la question se pose clairement : comment réussir à tout faire fonctionner en même temps, convaincre tout le monde de suivre le mouvement et se convaincre soi-même que c'est le bon moment pour exprimer ce minuscule talent ?

A quel moment faut-il savoir prendre confiance, ne faire confiance qu'à soi-même, se lancer à corps perdu pour atteindre un sommet ? Est-ce qu'on sait déjà avec certitude que l'on va réussir ? Ou bien est-ce qu'on n'a jamais cette certitude ?

Est-ce que c'est l'incertitude qui pousse à l'exploit ?

Il faudrait être prêt à assumer les conséquences en cas d'échec, notamment pour un choix de carrière.

James Hetfield a abandonné son job dans une usine de stickers au début des années 80 pour se produire en Europe avec une petite formation nommée Metallica (le groupe qui a attiré le plus de spectateurs en Amérique du Nord dans les années 90). Est-ce qu'il avait peur ? Est-ce qu'il est rassuré aujourd'hui ?

Mais dites donc…

Quand on devient adulte, on ne devrait plus avoir peur. Il faut prendre des décisions, avancer, ne plus regarder derrière soi.

En principe, qui ne tente rien n'a rien. On n'a donc pas le choix, il faut se jeter à l'eau tôt ou tard.

Peut-être que tous les Tiger Woods du monde n'ont pas autant réfléchi; certains ont pris une bonne cuite pour oublier, d'autres sont simplement allés se coucher.

Au moment le plus important de ma carrière, après avoir retourné la question dans ma tête pendant 10 minutes, c'est exactement ce que je vais faire.

Finie la psychose. La nuit porte conseil.

Et demain, je mets les bouchées doubles. Ce qui me manque en talent, je le compenserai par le travail.

Voilà mes certitudes !

vendredi 12 octobre 2007

Si ce n'est pas cassé, c'est que ça marche encore

Voilà une belle leçon à retenir après quelques années passées en PME : tant que ça passe, tout va bien. Le jour où ça cassera, on avisera.

L'essentiel, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas de problème. On est vendredi, on a encore passé une semaine sans que ça ne gueule trop, on verra bien la semaine prochaine.

Cette règle est valable aussi bien pour le matériel que pour l'humain.

Tant que les gens ne sont pas cassés complètement, juste usés, on peut continuer à s'appuyer dessus. Mettre la pression.

Ils finiront bien par casser, on les remplacera par les suivants, plus jeunes, plus robustes, moins gourmands en salaire.

En attendant, qu'est-ce qu'ils résistent ! On aurait tort de se priver…

Si les gens ne sont pas épuisés et au bord de la crise de nerf le jeudi soir, c'est qu'on a raté quelque chose. En serrant un peu la vis, on aurait pu leur faire faire plus, pour le même tarif. Intolérable manque à gagner !

Une bonne entreprise, c'est avant tout des bons principes.

mercredi 10 octobre 2007

Velib : jour n°3

J'ai trouvé le très bon point du vélib, après quelques voyages.

Il faut du temps pour s'en apercevoir, car c'est quelque chose qui a disparu, par rapport au bon vieux vélo familial.

Le problème du vélo, pour le cycliste occasionnel, c'est la selle. La première fois fait toujours très mal. Et la seconde est une petite torture, comme on ne s'est pas remis de la première.

Eh bien ce vélib, objet lourd auquel on trouve tous les défauts de la terre sur les divers forums, est non seulement une bicyclette très correcte, mais surtout extrêmement confortable !

On peut rire au nez de ces mécréants qui ont comparé le prix de location effectif du bolide à celui d'un vélo d'entrée de gamme, selon des procédés douteux, du reste; le tarif est fait pour vous inciter à ne pas garder le bolide, juste à faire un trajet, de moins d'une demi-heure si vous voulez éviter l'euro forfaitaire, de moins d'une heure si vous estimez qu'un euro, ce n'est pas cher payé. Dans une ville comme Paris, avec ses grands axes et une répartition équitable des stations velib, cela vous permet de couvrir à peu près toutes les distances. C'est comme le métro, on ne vous demande pas d'y séjourner, mais juste d'y passer.

Et puis vous pouvez toujours faire le tour des magasins avant de trouver une selle aussi bien étudiée. Un conseil, ne vous arrêtez pas au rayon VTT, filez directement voir les vélos suédois - ceux où l'on se tient droit, qui ne nécessitent pas un coup de pied de karatéka pour les enfourcher.

C'est un peu comme le prix de la bouteille d'eau. Le format 50cl, que vous achetez le midi pour accompagner votre déjeuner, est bien plus chère en comparaison du format 150cl (ou 1,5l) que vous achetez en faisant vos courses au supermarché. Idem pour le sandwitch à l'aéroport, comparé à celui du centre ville, ou encore à celui que vous préparez chez vous. Ibidem pour le pop corn maison, celui du supermarché, ou de la salle de cinéma - il a le même goût, mais la note est toujours plus salée. Ce n'est pas le même produit, tout simplement, il est donc inutile et vicié de tenter de les comparer.

Le velib, je le prends, je roule, et je le jette (à une station en exigeant mon reçu). C'est le vélo jetable, zéro encombrement hors utilisation, disponible partout dans Paris.

Aujourd'hui, finie la période d'essai, je suis convaincu. Je me permets donc de le recommander, avec la plus grande prudence, bien entendu.

jeudi 4 octobre 2007

Velib - Jour n°2

Pas facile de trouver un velib disponible aux heures de sortie de bureau.

Rapide consultation du site internet : trois bornes à proximité, avec respectivement 5, 3 et 2 vélos disponibles. La station aux 5 vélos est située dans la zone la plus fréquentée; les vélos risquent de partir vite, mais il peut en arriver autant. Let's go !

Fatalement, une fois sur place, plus un vélo… A peine arrivés, les bolides repartent. Elle marche très fort, cette opération !

Les vélos finissent pas arriver en nombre, c'est l'aubaine. Enfin presque; quand la borne affiche une page de démarrage de Windows, ce n'est pas la peine d'insister…

On ne se décourage pas, on cherche une station non loin de là. Un vélo disponible cette fois, mais immobilisé par un déraillement. Il ne faut pas être pressé, vu le nombre de vélibs en circulation, en toute probabilité, l'attente ne doit pas être si longue…

Hélas, muni d'un ticket (je suis toujours en phase de test), j'ai un handicap majeur sur l'usager à carte, qui doit simplement présenter son sésame magnétique sur la bite d'amarage du vélib, alors que je dois m'affranchir d'une procédure en 5 actes sur la borne principale. Et ça ne rate pas : après avoir attendu gentiment, seul sur la station déserte, qu'un usager veuille bien raccrocher son deux-roues, je me fais prendre de vitesse par une dame d'un certain age (et d'un poids certain) qui, munie de son pass Navigo et en faisant un sourire complice au cycliste sortant, se saisit du vélib qui m'était destiné ! Pour mon intervention, trop improvisée pour faire l'objet d'une mention ici, j'ai eu droit à un trésor de sagesse : "J'ai une carte, je m'en sers." Après réflexion, j'avais un pied, moi aussi, et j'aurais dû m'en servir; mais je ne suis pas du genre à troubler l'ordre public, surtout sans l'espoir d'apprendre les bonnes manières à cette brave dame.

Fâché, mais plus surpris (c'est la deuxième fois en deux expériences que cette aventure m'arrive, les gens sont ce qu'ils sont), quelque minutes plus tard, un nouveau vélo est rentré au bercail, et j'ai passé mes nerfs sur les pédales, rattrappant probablement mon retard.

Et c'est une fois sur le vélo, en oubliant les difficultés pour en arriver là, qu'on apprécie l'expérience. Quelle joie de rouler, à si peu de frais, sur un tel engin !

Quel bonheur de s'arrêter au feu rouge, de poser le pied à terre, et de penser à tous ces nigauds qui noircissent le web de leurs complaintes !

Celui qui trouve trop chère l'amende à 90 euros pour avoir grillé un feu rouge en vélib ? Arrête ton char ! Si on m'y prend, faites-moi payer le prix fort ! Ce n'est pourtant pas compliqué de s'arrêter; il n'y a aucune excuse ! C'est sur, dès qu'on s'arrête, on perd du temps; parfois, la rue étant déserte, c'est un peu agaçant de devoir attendre son tour… mais c'est le code ! Il faut être bête et discipliné ! Ce n'est pas compliqué… Et s'il faut faire casquer 90 euros pour faire prendre le pli, pourquoi pas ? Enrichissez l'Etat, il a besoin de vous…

Celui qui trouve qu'une demi-heure gratuite, ce n'est pas assez. Cela me rappelle un client dans une boulangerie qui, ayant commandé une demi-baguette qu'il trouvait trop petite, demandait pourquoi on ne mettait pas plus de pâte. Donnez du gratuit, on vous en demandera toujours plus.

Celui qui détaille toutes ses mésaventures, du déraillement au guidon défectueux… Comme si sous prétexte qu'on paie un service, on doit être prémuni de tout souci mécanique !

Jusqu'ici, je n'ai pas eu de crevaison, de déraillement, de casse quelconque… mais ça viendra nécessairement. Cela ne me réjouit pas, mais à quoi bon s'illusionner ? J'espère m'en tirer sans trop de bobos, sachant qu'on n'est jamais très loin d'une station (il me semble qu'il y en a tous les 300 mètres).

Et en attendant, quelle expérience !

mardi 25 septembre 2007

Suivez le vélib !

Grande expérience que ce vélib !

Impressionné par les structures, abouties et bien présentes dans toute la capitale, j'ai fini par tester le sysème, et je n'ai pas été déçu.

Ticket en main, j'ai fait 4 stations avec mon acolyte de père pour trouver, enfin, deux vélos.

Le temps pour nous de voir deux phénomènes qui traversent les ages : le connard qui vous prend un vélo sous le nez, avec sa carte magnétique, et le client fâché, qui gueule après le vélo en panne, à 100 mètres d'une station de métro et 60 d'une station de bus ! Ces parisiens…

Trop lourd, le vélib ? On l'a déjà bien assez entendu. Pour le quidam qui ne fait pas de sport, bien sur ! Mais pour qui a de bons mollets, ce petit bijou gagne en stabilité, et quel confort ! Pour affronter les rues de la capitale, mieux vaut une bonne carcasse…

Sur plat, ça roule très bien; pas besoin d'appuyer beaucoup sur les pédales pour se propulser ! En côte, c'est nécessairement plus dur, mais en jouant du pouce avec les 3 vitesses particulièrement bien conçues, on a de quoi moduler son effort.

Mais dites donc, c'est un peu normal que cette activité soit fatigante, non ? C'est un peu le but, du reste. On fait un peu de sport en se déplaçant. Ceux qui croyaient que le gadget se déplacerait tout seul seront fatalement déçus, et on les plaint !

Et quel soulagement de pouvoir se débarrasser de son vélo à tout moment, dès la première goutte de pluie, de l'abandonner à une station sans craindre qu'on vous le vole ou le vandalise. Clic, clac, je rends mon velib et je prends un reçu, on ne sait jamais…

Alors ceci dit, il ne faut pas voir cet engin comme un moyen de transport à part entière. C'est un outil de balade, certainement mieux pour rentrer chez soi le soir, tranquillement, que pour aller se stresser dès le matin dans le traffic parisien. Il ne faut pas être pressé, prendre une bonne marge, et se faire plaisir. Certainement pas essayer de ratrapper un retard. Car il ne faut pas oublier que rouler à vélo dans Paris, c'est très dangereux. Il faut être prudent, connaître ses limites, respecter le code de la route et ne pas se prendre pour une voiture.

En soi, le système du vélib est bon. Mais tout repose sur l'utilisateur. Il est écrit sur le guidon de ne pas monter sur les trottoirs, de ne pas prendre de sens interdit, de respecter les feux rouges et de ne pas prendre de passager. On voit pourtant pas mal de gens s'affranchir de ces simples règles, comme si on avait le choix. En toute probabilité, ces gens-là finiront par avoir ou causer un accident. On les aura pourtant prévenus.

Vélib, le vélo en liberté, oui, mais pas pour en faire n'importe quoi.

En conclusion, je salue cette initiative, qui se marie très bien avec les fameuses pistes cyclables. Seule petite contradiction cocasse : la première demi-heure est gratuite, l'utilisateur est donc encouragé à faire moins pour ne pas débourser son premier euro (deuxième en comptant le prix du ticket une journée), ce qui l'empêche nécessairement de faire la dose de sport quotidienne recommandée (une demi-heure). Par souci de cohérence avec les recommandations de santé publique, il conviendrait de porter la gratuité à 40-45 minutes, mais on abuse peut-être…

mercredi 19 septembre 2007

Ecrire une lettre en 2007

Dans un article de milieu de page du journal Le Monde, loin de la une, sur une petite colonne, on apprend que la plupart des professeurs n'ont pas reçu la fameuse lettre de Nicolas Sarkozy. C'est parfaitement normal : ce document de 35 pages, rendu officiel le 4 septembre dernier, a été édité et distribué aux médias et à certaines personnalités, mais la plupart des exemplaires destinés aux éducateurs ne seront imprimés qu'à partir du 21 ou 22 septembre. Les destinataires annoncés ne recevront donc le courrier Présidentiel que 3 semaines après son annonce initiale.

En 2007, ce n'est pas le moyen le plus direct de faire passer un message, si tel est bien votre but.

Le texte, disponible sur internet, a d'ores et déjà été lu par bon nombre de professeurs. L'information circule bien plus vite sur les "autoroutes" dédiés que par routage "réel". Par conséquent, sur un million d'exemplaires prévus, combien iront directement à la poubelle ?

La mécanique de l'opération suggère que c'est le geste qui compte, le fait que le Président de la République s'adresse, par des moyens archaïques, à ceux qui pratiquent, en France, l'éducation. S'adresser aux éducateurs, certes. La démarche en elle-même fait débat, les éducateurs n'étant que la moitié de l'équation éducative, l'autre moitié étant les élèves. Mais le faire de manière si publique, que la lettre est entre les mains des média 3 bonnes semaines avant ses "véritables" destinataires ?

Du reste, le message du Président n'est pas tout à fait juste. Début septembre, il ne fallait pas dire : "Je m'adresse aux éducateurs", mais "Je m'adresse aujourd'hui aux médias et à quelques personnalités pour annoncer que j'ai écrit une lettre de 35 pages à l'attention des éducateurs, que je la ferai imprimer dans 3 semaines, ils finiront bien par la recevoir dans le mois qui vient."

Et comment justifier une telle débauche de moyens désuets, l'édition d'1 million d'exemplaires papier, le routage, dans un pays où le taux d'équipement en accès internet haut débit est l'un des meilleurs d'Europe, où tout professeur peut avoir accès, d'une manière ou d'une autre, à ce genre d'informations ? Quelques pages sur un site du gouvernement, et l'affaire était classée !

S'il s'agit d'un souci d'équité, tout le monde n'étant pas égal devant l'outil informatique, les solutions ne manquent pas : pourquoi ne pas faire circuler un fichier pdf à l'attention des chefs d'établissements scolaires, avec pour consigne d'en éditer au moins un exemplaire, consultable par l'ensemble du corps enseignant dans la salle des professeurs, à la bibliothèque ou ailleurs ?

Quelle conclusion ?

Le goût du symbôle, au prix d'une méthode lourde, maladroite et coûteuse ? Le luxe du papier imprimé par la volonté Présidentielle ? Le sens du spectacle, peut-être…

mardi 11 septembre 2007

Porno pour tous

Invité à un mariage le weekend dernier dans le Nord, j'ai goûté à la joie simple de la chambre d'hôtel.

2h30 du matin, fatigué mais pas épuisé, je me suis allongé, télécommande à la main, et j'ai commencé un tour des chaînes. Un bon Derrick pour trouver le sommeil, il n'y a rien de tel.

Je n'ai pas été déçu par mes découvertes nocturnes.

Un docu intéressant sur le tournage du film "A boire", avec Edouard Baer, Atmen Kelif et Emmanuelle Béart. Une adaptation du Jerry Springer show en français (belge ?), à la fois amusante et consternante. La finale féminine de l'US open, rapidement zappée.

Et soudain, de l'action ! Le gros plan classique du film porno, dynamique et vigoureux, fixé sur la rétine dès le premier dixième de seconde, impossible de reconnaître les acteurs à première vue ! Une chaîne spécialisée sans péage, à portée de télécommande.

Consternation !

Ce service serait, sauf erreur, en standard dans toutes les chambres de cette chaîne d'hôtels nationale !

Si vous laissez vos enfants dans la chambre voisine, passé une certaine heure, ils ont la possibilité de se rincer l'oeil, la télécommande n'étant évidemment pas équipée d'un système de reconnaissance biométrique…

Heureusement que tous les parents de France sont bienveillants et ne laisseraient pas leurs enfants sans surveillance…

jeudi 30 août 2007

Kéké numérique

Intemporel, indécrottable, sublime, le kéké est toujours là où on ne l'attend pas.

Kéké sport, kéké glisse, kéké pro.

Le virage technologique, le bug de l'an 2000, les catastrophes naturelles, rien ne l'arrête.

Dans votre bus, oui, votre bus, il est au téléphone pendant tout le trajet, déjà au travail, il parle vite et fort, comme dans son salon. Il optimise, vous comprenez ?

Quand il arrivera au travail, il commencera par une pause café, il prendra son temps, mais dans le bus, pas de temps à perdre !

Il n'a pas d'éducation, mais une formation professionnelle, vous comprenez ?

Il vit son travail à fond, c'est un killer, il n'a pas le temps pour le reste.

Enfin, si, mais pas officiellement…

Il cultive sa vie privée, toujours des bons plans, qu'il échange sur MSN, ce scandale toléré bien bêtement sur le lieu de travail, qui repousse les réunions, déconcentre en permanence, ponctue la journée comme aucun dossier.

Le kéké, c'est une culture du déplacé en évolution permanente.

Il travaille mal, vit mal, mange mal. Mais il est libre, vous comprenez ?

Libre.

Au boulot, tout est vital.

Le dossier doit partir ce soir. On envoie un coursier, deux coursiers, on refait tout, on fait travailler les autres, surtout. C'est une question de vie ou de mort.

Alors c'est pas pour ces cons du bus qu'il va se gêner, vous comprenez ? C'est vital, on vous dit ! Cela passe avant tout !

Il envoie tous ses mails en "priorité la plus haute".

Ecoute bonhomme, je me fous de ce que tu fais en ce moment, il me faut mon dossier ASAP. Azappe. Me zappe pas. Asse Soune Asse Possibole.

Tout est urgent. Ou parfois méga-urgent. Ultra-urgent. Stratégique. Politique.

Tout est important.

Sauf l'humain.

Dans l'entreprise aujourd'hui, ce n'est même plus le patronnat qui opresse les employés, car il y a des lois, des syndicats, des recours en justice.

Le vrai danger, c'est le kéké.

Nuisible, et pas que dans son entreprise. Nuisible partout, 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Infatigable, inévitable, incroyable kéké.

Actuellement, tapant un SMS méga-important dans un cinéma près de chez vous.

mardi 28 août 2007

Compétition mondiale

Le net pose des problèmes à pas mal de jeunes gens, de nos jours.

Non, vous ne rêvez pas, il y a du talent dans le monde.

Beaucoup de talent.

C'est à la fois stimulant et frustrant. Si vous cherchez bien, tout ce que vous rêvez de réaliser un jour doit pouvoir se trouver, fait en deux nuits par un ado surdoué du fin fond du Wisconsin ou en Allemagne, peut-être même quelqu'un tout près de chez vous.

Tout graphiste, photographe, journaliste, écrivain, vidéaste amateur, semi-pro ou pro a de quoi se mesurer avec les meilleurs, qui ont souvent un site plus attrayant.

C'est une bénédiction et une malédiction.

J'en connais que ça stimule, d'autres que ça décourage.

Cela ne doit pas vous empêcher de faire ce que vous avez envie de faire. Tout le monde a commencé un jour. Aucune honte à faire ses débuts, souvent médiocres. C'est après, en travaillant, en se renseignant, en apprenant, qu'il faut arriver à faire quelque chose de satisfaisant, pour vous, vos proches et peut-être votre futur employeur.

Il faut faire un choix : découragez-vous vite, si vous sentez que ce n'est pas votre partie, et que la concurrence est déjà écransante. Ou alors, si vous vous sentez suffisamment de taille, ne vous découragez pas, avancez à votre rythme, faites ce que vous avez à faire, mettez-vous sérieusement au travail et peut-être, un jour, vous trouverez votre place. Allez de l'avant, apprenez à travailler, à être productif, à réaliser des choses simples, puis à les enrichir.

Le net n'est pas représentatif du monde du travail.

Les employeurs recherchent régulièrement des travailleurs. Il y a du chômage, particulièrement en France, mais il y a aussi une rotation constante dans les entreprises.

Il y a des places à prendre. Si vous êtes sérieux, honnête et travailleur, en toute probabilité, vous finirez par être remarqué.

Ne vous laissez pas impressionner par le prodige de la 3D ou le jeune photographe qui réalisent des merveilles en un rien de temps, dès leur adolescence. Ils n'ont peut-être pas les qualités requises pour prendre le job que vous convoitez. Le sens du contact humain, le respect des délais, la motivation pour travailler efficacement avec régularité entre 9h et 17h du lundi au vendredi.

Tout le monde a sa chance.

Message de service (entreprise du proche avenir)

Monsieur Jean-Pierre B., contrôleur de gestion, est prié de ne plus abuser de cassoulet à la cantine de l'agence.

Sa production fécale de 452g, en date du vendredi 18 avril à 16h14, dans les WC du premier étage, a contribué à boucher le conduit, rendant le cabinet inutilisable par l'ensemble du personnel. Il apparait en outre que la chasse d'eau n'a été activée ce jour-là qu'à 15h32 et à 16h45, par des collègues; le scanner intégré au bouton de la chasse d'eau est formel : il n'a pas relevé les empreintes de Jean-Pierre B. ce jour-là, et pas davantage durant le mois, malgré des passages quotidiens, comme en attestent les capteurs rétiniens à l'entrée du cabinet. Quand Justine C. a actionné la chasse, 3 secondes après que le capteur rétinien de l'entrée eut capté sa présence, cela a provoqué une crue inquiétante du niveau d'eau, décelée par le système infra-rouge intégré à la cuvette, qui a activé immédiatement l'arrêt de l'arrivée d'eau, bloquant ainsi l'activité du cabinet et lançant le protocole de dépannage. Le dépanneur est arrivé sur les lieux à 9h32 le lendemain.

A noter que la consommation en papier hygiénique, au pro rata de la production fécale, entre parfaitement dans le cadre des conventions sanitaires. Le scan fessier enregistré par la lunette au moment du lever de M. Jean-Pierre B. n'a révélé aucune irrégularité, donnant lieu à l'envoi de deux rapports de satisfaction à M. Jean-Pierre B., respectivement pour sa propreté corporelle et pour sa contribution au respect de l'environnement.

En revanche, les détecteurs du bureau de Monsieur Jean-Pierre B., au second étage, ont relevé une forte activité gazeuse à caractère perturbatoire, bien au-dessus des normes Européennes relatives aux conditions de travail en entreprise. D'après les résultats de l'enquête, menée le 19 avril entre 9h12 et 9h15 auprès de ses collègues les plus proches, Emilie L. et Justine C., il n'a pas été possible de se concentrer sur son travail entre 15h et 16h30, période durant laquelle l'estomac encaissait une surcharge de nourriture.

Le relevé de poids, compilé par les capteurs de la chaise du bureau de Monsieur Jean-Pierre B., révèle en effet une augmentation brutale entre 12h14, heure du départ de M. Jean-Pierre B. à la cantine, et 13h48, heure du retour à son bureau.

Ces résultats sont confirmés par les données relevées à intervalles de 5 minutes sur la chaise occupée par Monsieur Jean-Pierre B. à la cantine, qui montrent une augmentation de poids régulière par ingestion excessive de nourriture. Cette chaise a été occupée pendant 72 minutes. Le capteur rétinien du self-service a enregistré 3 passages de M. Jean-Pierre B., espacés respectivement de 20 et 14 minutes. Cette statistique a engendré la rédaction et l'envoi d'un rapport de satisfaction à Gérard F., cuisinier de la cantine. Le capteur rétinien à la sortie de la cantine a montré des signes de fatigue et un début de congestion abdominale. Une brève comparaison avec le capteur à l'entrée montre clairment une baisse de tonus. Des collègues inquiets auraient aidé M. Jean-Pierre B. à monter l'escalier de la cantine.

Conclusion : M. Jean-Pierre B. est prié de surveiller son alimentation dans la cantine de l'agence, sous peine de se perdre son droit de choisir. Il serait alors contraint de manger un repas sélectionné par le préposé au self-service, en fonction des recommandations de la DRH, formulées après étude des différents relevés et pouvant faire l'objet d'une visite médicale exceptionnelle. Les frais de ladite visite médicale seraient alors déduits du prochain salaire de l'employé.

samedi 25 août 2007

Mais alors… je suis bobo ?

Surprise en écoutant la radio (mon grand dada, quand je flane, j'ai l'impression de ne pas être complètement inactif), je joue de la molette, m'arrête sur la fin de Calling Elvis, de Dire Straits, jingle de la station, puis nouveau titre.

Intro sympa à la guitare, je ne reconnais pas le morceau (c'est donc que je ne le connais pas, j'ai une mémoire incroyable, je reconnais généralement un titre dès la première mesure).

Bref, c'est Renaud, aves ses "bo-bos".

Curieux, j'écoute les paroles, une description point par point du "bo-bo".

Premier couplet, tout bon. Il parle de moi, l'animal, pas de problème.

Second couplet, rebelote. Tout bon. Enfin à peu près.

Troisième couplet, je m'en sors pas mal, mais je coince au niveau des vêtements. J'ai un costume Kenzo, pour les mariages, mais c'est vraiment du hasard, sur recommendation du vendeur, après une demi-heure d'essais avec du Boss. Et j'imagine que placer Nike dans une chanson, c'est pas simple, sinon, j'y aurai eu droit.

Je travaille dans l'informatique, je me passionne pour mon métier, mes enfants sont bien élevés et sont dans une école privée… mais tout ça n'est pas si mal, et quand je repense à la polémique liée à la sortie de cette chanson, la récupération haineuse par l'opinion tendant à marginaliser une frange de la société française dont je fais partie, qui est effectivement fière de payer beaucoup d'impôts, je ne vois pas le mal qu'on nous trouve.

Ah, attendez. Je ne fréquente pas les musées, mais j'aimerais bien, et les vieux bistrots, très peu pour moi.

Je prends mon vélo quand il fait beau, mais si je n'ai pas de voiture, c'est pour des questions de budget et de sécurité, vu que je n'ai pas le permis ! Pas vraiment une question d'écologie, même si ça me plait de le penser…

Au bout du compte, j'ai assez de points ou pas ?

House of love

House of love










Bienvenue dans une maison heureuse, sereine, tranquille.

Un lieu excemptionnel, ne vous laissez pas abuser par sa simplicité apparente.

Pas grand chose, finalement. De l'herbe, une belle maison, assez peu de technologie, loin de tout.

Mais une bonne maison, c'est surtout les gens qui y vivent, qui vous invitent, vous reçoivent, vous reconnaissent et vous aiment.

Un coin de paradis, un bonheur décidé, installé, entretenu.

Cela parait simple, normal, logique.

Ce qui me rappelle une phrase de Martin Luther King, affichée par ma mère sur un mur de la cuisine, quand j'avais 10-12 ans : "les gens sont heureux dans la mesure où ils ont décidé de l'être".

Une idée simple, qui ne m'a jamais quitté, et que bien trop de gens n'ont pas la chance de connaître, ou n'ont pas pris le temps de la mastiquer, de la mettre en pratique.

Bien sur, la vie est faite d'embuches, ce n'est pas toujours simple. Mais il y a des gens qui ont surmonté les mêmes embuches, qui ne se la pètent pas (encore ??) et qui s'en sortent très bien. Une petite pensée pour eux.

Bonne journée à tous !

vendredi 24 août 2007

Nouveau départ (5 semaines - deuxième partie)

Suite au commentaire d'Eric, et pour préciser ma pensée.

Le retour est dur quand on sait qu'on quitte une situation relaxante et agréable pour revenir à un conflit permanent. L'entreprise est un lieu où on peut s'épanouir, mais il y a des gens qui sont prêts à vous gâcher la vie en permanence, et c'est ennuyeux. Ajoutez une situation ambigüe, un sentiment d'injustice, et une frustration liée à des modes de fonctionnement désuets, voire scandaleux, et ça devient inquiétant.

J'ai été submergé pour la première fois de ma carrière par une grande tristesse à l'idée de revenir au travail, une incertitude, cela ne m'était pas arrivé depuis le collège. Je sais que je vais devoir changer beaucoup de choses cette année, peut-être même carrément changer d'activité, et cette nécessité de changement m'effraie. C'est particulier.

J'ai une idée assez précise de ce que j'attends. Je crois savoir que je ne l'obtiendrai pas dans ma situation actuelle.

Pour ceux qui nous rejoignent, il faut savoir que je m'investis beaucoup dans mon travail. Cette tendance a été remarquée, et à terme, cela donne lieu à bon nombre d'abus, qui deviennent des acquis, et qui modifient la donne en termes de charge de travail et de responsabilités, mais pas nécessairement en termes de statut, de respect et de salaire.

Dans un moment de doute, au début de mon présent contrat, partagé avec une collègue, elle m'avait dit que le jour où je devrai partir, je le saurai. Depuis deux ans, je n'avais pas une telle certitude.

Ma résolution, cette année, est la suivante : si on ne me donne pas ce que j'attends, malgré mes états de service, j'irai le chercher, et je me battrai pour ça.

Et quelque part, je ne suis pas amer, je ne me sens pas trahi, car je l'ai toujours su : dans la vie, il faut se battre pour tout, rien ne tombe tout seul. Et il faut être prêt à bouger.

Alors je suis prêt à me battre.

Watch out !

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