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dimanche 25 mai 2008

Chasse au suspect en NBA

La saison NBA qui s'achève est un bonheur inestimable pour les sceptiques (de Boston ou d'ailleurs). Les théories de complot, réservées autrefois aux blogs obscurs d'ados marginaux, apparaissent de plus en plus dans les colonnes des journaux nationaux. Il faut dire que l'actualité de la ligue de basket américain est si déroutante, la réalité dépasse largement la fiction ! Et c'est vendeur.

La mégastar de la saison, qui n'a pas joué le moindre match, c'est Tim Donaghy. Son arme à lui, c'est le sifflet. Son vice : le jeu. Criblé de dettes, l'arbitre aurait donné des informations sur nombre de matches NBA au cours des dernières saisons, incluant des rencontres auxquelles il aurait lui-même participé. Quand on connaît le poids des arbitres sur une rencontre, avec la capacité de siffler une faute discutable pour obliger un joueur important à rejoindre le banc de touche à un moment opportun, ou tout simplement à asséner la paire de fautes techniques expédiant ledit joueur au vestiaire, la méthode était facile à appliquer.

Avec une telle révélation, on pouvait s'attendre à un véritable raz-de-marée. On attendait avec inquiétude la première rencontre dont le sort serait scellé par un coup de sifflet, la première erreur d'arbitrage qui eût changé le cours d'un match. Arbitre vendu ? Erreur banale particulièrement mal venue ? Comment savoir ?

Et pourtant, l'affaire n'a jamais rebondi. Malgré les révélations du fautif, selon lesquelles les rapports entre les joueurs, arbitres et entraîneurs fausseraient systématiquement les rencontres. La NBA a vite réagi, accordant peu de crédit au témoignage d'un ancien employé, aujourd'hui reconnu comme criminel, cherchant clairement un moyen de sauver sa peau, ou du moins de réduire sa peine.

L'un des principaux jobs d'une ligue comme la NBA est de contenir ce genre d'affaires, qui ne feraient qu'alimenter une suspicion latente évidente. En effet, nombreux sont les fans qui doutent, à tort ou à raison, de l'honnêteté de la ligue.

C'est curieux, cette suspicion qui plane autour d'un sport dont l'attrait principal est son aspect imprévisible, ses exploits inimaginables. C'est si exaltant de voir une équipe prendre soudainement l'avantage, cumuler les exploits personnels et remporter la victoire. Mais alors, faut-il s'extasier, ou bien se poser des questions, ouvrir une enquête une fois l'euphorie passée ?

Soudain, une équipe qui compte 20 points d'avance perd sa concentration et le match, en quelques minutes. Exploit offensif ou abandon volontaire ?

À Miami, après un début de saison catastrophique, marqué par le transfert de Shaquille O'Neal à Phœnix, c'est l'hécatombe. Shawn Marion, Dwyane Wade et consorts finissent à l'infirmerie, l'entraîneur se permet même de rater quelques matches pour aller observer des rencontres universitaires, l'idée étant de ne surtout pas redresser la barre, de finir bon dernier et de décrocher, sans doute, l'une des 3 meilleures recrues pour la saison prochaine.

Pendant les play-offs, toutes les équipes ont gagné à domicile. Logique parfaite ou preuve irréfutable d'un arbitrage favorable à la maison ?

Et cette finale de rêve qui opposerait les Los Angeles Lakers aux Boston Celtics ? Ce duel de légende, fleuron des années 80, lorsque la basket pro américain est devenu un sport de premier plan. C'est un rêve très corporate, ça. Très marketing. Un rêve qui n'aurait jamais pu se réaliser sans deux des transferts les plus suspects de mémoire de fan : la venue de Kevin Garnett à Boston, un deal conclu entre deux anciens Celtics champions en 1986, Kevin McHale et Danny Ainge, précipitant la pauvre équipe de Minnesota dans les limbes du classement ; l'arrivée de Pau Gasol à Los Angeles, en échange de quelques joueurs sans avenir, garantissant à l'énigmatique club de Memphis quelques saisons à l'ombre.

Ces transferts, cependant, ont un intérêt majeur : ils sont excellents pour les stars concernées. Garnett et Gasol ont fait une affaire fantastique en déménageant, après quelques saisons à trimer dans l'obscurité.

Complot ou exploit, le champion NBA sera porté aux nues, comme chaque saison. Et si Kobe Bryant ou Kevin Garnett, deux champions incontestés, se retrouvent sur le podium, tout le monde s'y retrouvera. Alors on ne va pas se plaindre…

jeudi 7 février 2008

La NBA, c'est fantastique !

Pourquoi est-ce que les produits made in USA sont-ils aussi glamour ?

L'IPOD, les séries comme Lost ou Prison Break, et le sport, comme le Superbowl ou la saison NBA ?

Avant tout, c'est fun.

Les américains ne se trompent pas de cible.

Prenez par exemple le systèle d'échanges de joueurs en NBA. Aujourd'hui, l'un des plus grands joueurs de l'Histoire du basket pro américain vient de changer de maillot, en cours de saison, traversant le pays d'Est en Ouest pour aller rejoindre l'Arizona.

A lire l'article dans le Miami Herald, on a l'impression d'assister à une partie de cartes. On évoque les deux équipes, leur actualité sportive et l'impact de cette décision. Il s'agit d'un échange de joueurs, ce qui est aussi une histoire de gros sous. Ne vous y trompez pas, il s'agit toujours de billets verts, mais curieusement, l'argent passe souvent au second plan. Il s'agit d'abord de sport, d'équipes, de villes. Phoenix se renforce pour mieux se positionner pour le titre de champion, tandis que Miami acquiert un élément important pour se reconstruire, après un début de saison cataclysmique. On parle des joueurs majeurs, du banc de touche, de tout ce qui change dans l'organisation du club.

En Europe, lorsqu'un joueur fait l'objet d'une transaction, on parle surtout du montant du transfert, qui bat souvent un record, mais il s'agit d'un achat, un échange de joueur contre des espèces. On évoque vaguement les équipes, en commençant par le nom d'un sponsor, et on parle rarement de l'impact sportif sur les différentes parties. Il s'agit surtout d'un coup de pub, telle équipe montrant davantage sa capacité à dépenser de l'argent qu'à assembler une équipe.

En l'occurrence, les Phoenix Suns viennent d'abattre une carte majeure, en échangeant un joueur mécontent contre le pivot dont les fans ont toujours rêvé, Shaquille O'Neal. Et c'est une excellente nouvelle pour tout le monde. C'est donc du bon business, mais sans avoir l'air d'y toucher.

La NBA, c'est fantastique !

samedi 26 janvier 2008

Cherchez le cliché

C'est dans le sport américain qu'on trouve les plus beaux clichés.

En particulier dans les articles de presse, aussi bien du côté des journalistes que des joueurs.

Il faut les comprendre. La saison de basket NBA, par exemple, s'étend d'octobre à juin, à raison de quelques 120 matches pour l'équipe championne, incluant une saison régulière de 82 sorties, une pré-saison de 5-6 matches et les play-offs.

Il y a 30 équipes, dont 4 à six prétendants sérieux au titre de champion, une quinzaine de trouble-fêtes qui se satisferont d'une place en play-offs, et une dizaine de misérables qui jouent leur recrutement de la saison suivante - notamment la fameuse "draft" universitaire au mois de juin, qui attribue le meilleur choix théorique au plus mauvais club, d'après le classement et un système de loterie.

Mettez-vous à la place d'un joueur qui vient de perdre un match que tout le monde a vu sous tous les angles à la télévision. Les temps morts sont nombreux, il faut environ 2 à 3 heures pour disputer une rencontre de 48 minutes, ça laisse tout loisir aux commentateurs de décrypter le moindre action.

Et pourtant, à chaque match, 10 minutes après le coup de sifflet final, la presse est autorisée à venir s'agglutiner dans les vestiaires des deus équipes, dictaphone au poing, pour recueillir de précieuses informations.

C'était le cas des Lakers, vendredi soir, après une défaite assez banale, sur un score convaincant mais pas catastrophique (105-112) contre Dallas, équipe plutôt respectable. (Source : LA Times)

Deux détails importants : primo, les deux ailiers sont passés au travers (3/10 aux shoots, c'est peu pour des titulaires); secundo : tout s'est joué dans le 3ème quart-temps, à la sortie des vestiaires.

Le reporter médusé : "Que s'est-il passé ?"

Phil Jackson (entraîneur, 9 titres de champion) : "Je ne sais pas. Nos ailiers n'ont pas été efficaces dans ce match."

Merci Phil. Quelle expertise.

Lamar Odom (ailier, 2/9 aux shoots) : "En ce moment, nous manquons de rythme tous les deux. C'est une attaque qui repose sur le rythme, il faut s'attendre à des matches comme ça."

Le reporter inquiet : "Pouvez-vous y remédier ?"

Lamar Odom : "Il faut aller à la salle, et simplement continuer à s'entraîner au shoot. En match, il faut continuer à shooter. Juste continuer à shooter."

La réponse est un peu facile, le joueur le sent, il a le bon cliché qui va bien. En fait, il en a deux, et il va les mixer dans une même phrase, pour changer un peu. On appelle ça une variation.

Lamar Odom : "Je vais simplement continuer à jouer au basket comme il faut, jusqu'à ce que l'entraîneur me donne d'autres instructions."

Jouer comme il faut, la bonne méthode, c'est le basket bien académique : faire circuler la balle, jouer en équipe, respecter le système mis en place, bien défendre.

Traduisons.

En gros, si Lamar Odom a mal joué, c'est parce qu'il a appliqué le système de l'entraîneur, dans lequel il n'est pas à l'aise, car ça l'oblige à bouger sans ballon et de manière coordonnée avec le reste de l'équipe, en attendant qu'un coéquipier veuille bien lui faire une passe; il doit shooter quand le système le lui permet et non quand il en a envie.

Alors, Lamar Odom est bien gentil, mais il a passé une salle soirée, il en a raz la casquette du système, il aimerait bien avoir la balle et jouer à sa manière, mais tant que l'entraîneur ne veut pas, il faut s'attendre à des contre-performances de temps en temps.

Derek Fisher, son coéquipier, qui a déjà remporté le titre de champion avec les Lakers (3 fois d'affilée entre 2000 et 2003) est le plus sage de l'équipe.

Derek Fisher : "Je ne pense pas que nous sommes assez concentrés au début du troisième quart-temps. C'est comme si nous avions oublié ce qui nous a permis d'être encore dans le match, avec juste un point d'avance ou un point de retard."

Ah bon. Ils sortent du vestiaire où le staff technique leur a fait le résumé du match, mais ils ne savent plus où ils en sont ? Soit ils ne pigent rien, soit ils n'écoutent pas, soit c'est le staff qui doit revoir son discours ! Une autre précision, Derek ?

Derek Fisher : "C'est peut-être dû à la fatigue, nous avons peut-être encore du mal à jouer les 48 minutes du match."

Pour mémoire, personne ne joue 48 minutes, pas moins de 10 joueurs se partagent les 5 postes, mais le cliché magique, c'est de dire que l'équipe joue bien pendant 46 minutes et que c'est la foire pendant les 2 minutes restantes, ce qui coûte le match ! On joue bien, mais pas longtemps.

Fatigue en sortant du vestiaire ? On se demande à quoi sert la mi-temps…

Le mot de la fin revient à la star du club, Kobe Bryant. Après deux matches à l'extérieur, les Lakers rentrent à Los Angeles.

Kobe Bryant : "Nous serons bien meilleurs. Je ne pense pas que les joueurs doivent s'inquiéter. Nous sommes venus jouer dans deux salles difficiles, et à part ces petits passages à vide dans le troisième quart-temps, nous avons plutôt bien joué. Il est temps de rentrer à la maison, de se rassembler et de se préparer."

Un discours parfaitement consensuel pour une star qui a été surprise, l'été dernier, par un videaste amateur dans un parking en train de dénigrer le management du club pour n'avoir pas transféré un de ses coéquipiers quand l'occasion s'était présentée.

Pendant ce temps-là, une star universitaire qui devrait passer pro l'an prochain, a frôlé la correctionnelle : risquant une suspension, OJ Mayo a dû s'acquitter de 460 dollars, c'est-à-dire la valeur faciale de deux places pour un match des Lakers qui lui avaient été offertes par Carmelo Anthony (un joueur NBA qui n'avait probablement pas payé ces places lui-même). C'est le règlement poussiéreux de la NCAA appliqué à la lettre, à l'américaine : les joueurs "amateurs" ne doivent pas recevoir le moindre sou (à moins de travailler) ou la moindre faveur ayant une valeur financière quantifiable pendant la durée de leurs études (offertes par le biais d'une bourse). Pour info, le basket universitaire génère près de 2 milliards de dollars de recettes en droits télé et merchandising chaque année, notamment grâce à des stars comme… OJ Mayo !

Un commentaire, OJ ?

OJ Mayo : "Je suis heureux que cette affaire soit terminée. Je me concentre toujours sur mon basket à l'université. Cette expérience m'a ouvert les yeux. J'ai essayé de faire attention au règlement depuis mon arrivée à l'université (USC). Je remercie les gens qui m'ont aidé à résoudre ce problème et je me concentre pour le match de demain contre Oregon." (Source : LA Times)

Clairement le communiqué tout préparé, bien officiel.

Je joue au basket, ne me demandez pas autre chose, je n'ai pas conscience d'avoir une vie en dehors du basket, je prépare en ce moment même le match de demain. J'aurai une personnalité l'année prochaine, quand je serai pro et que les sponsors auront besoin de moi pour une pub de céréales ou d'assurances. Je suis quelqu'un de sain et je n'écoute du rap que pour mieux me motiver à jouer au basket.

Quel sens du divertissement !

dimanche 14 octobre 2007

Glissade fatale

Très technique, cette attitude stoïque devant le ballon qui rebondit. Imperturbable malgré l'arrivée en trombe d'un anglais, qui ne se pose pas de questions à quelques mètres de la ligne d'enbut. Ce joueur français, qui avait tout le temps de saisir la balle ovale, doit mal dormir à l'heure qu'il est.

Son pied et la pelouse l'ont trahi, il a perdu l'équilibre au plus mauvais moment, et la balle a changé de camp.

À peine le match commencé, les Anglais ont pris 5 points d'avance, ce qui a fait exactement la différence au bout du compte.

On ne devrait pas résumer une rencontre en une action. Il serait injuste de crier à la faute, et de faire porter le poids de la défaite à un seul joueur parmi les 15, 18 ou 30 de cette grande équipe.

Mais ni lui, ni le reste du monde ne pourront s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé s'il avait agi autrement à cet instant précis, s'il avait simplement attrappé le ballon dès qu'il le pouvait. Et c'est bien la preuve que même dans un sport aussi collectif que le rugby, un homme et un seul peut détenir les clés d'une rencontre. Un homme peut changer le cours du match.

Un geste peut faire la différence entre un demi-finaliste et un finaliste, voire même un champion.

Il a été dit que si le XV de France remportait la Coupe du Monde, tous les indicateurs économiques du pays passeraient au vert. Damien Traille devra-t-il donc aussi assumer la responsabilité d'une éventuelle crise économique ?

dimanche 7 octobre 2007

Une victoire française

Vaincus, les fameux all-blacks !

A une transformation près, la leur, ratée à la 63ème minute, ou la nôtre, réussie à la 70ème.

La nôtre, dis-je, car la transformation ou la victoire du XV de France, comme une éventuelle défaite, c'est la nôtre.

Je ne joue pas au rugby, je laisse ça aux toulousains de plus de 110 kilos. Je fais certainement le poids, mais pas en muscle; mes genoux et mes chevilles ne me permettraient plus de réaliser un bon cadrage-débordement, et mon corps dans son ensemble vivrait très mal le plus délicat des plaquages.

J'étais assoupi, quand une vague de joie me tira du lit, une expression spontanée et générale de satisfaction comme on n'en avait pas entendue depuis 1998. Tout le quartier qui s'embrase, unanime dans cet instant.

C'est fait. Nous avons gagné.

Un sentiment unique. Rapidement confirmé en consultant le site de référence, lequipe.fr.

Une ambiance de stade, là, chez nous, dans nos foyers.

Et une minute après, plus rien. Comme pour rappeler que ce n'est qu'une étape, le droit de jouer une demi-finale contre les Anglais.

A quoi pensent-ils, les joueurs du XV de France aujourd'hui ? Font-ils la fête, ou se préparent-ils déjà à la prochaine rencontre ? Est-ce qu'ils croient en leurs chances de remporter la Coupe du Monde ?

Cela va peut se jouer à si peu…

mercredi 26 septembre 2007

Révolution russe dans l'Utah

La révolution russe aura-t-elle lieu dans les jours qui viennent ?

Où ça ? Dans l'Utah ? L'état américain connu comme territoire mormon, mais pas vraiment pour le jazz… C'est pourtant le fief d'une franchise NBA venue de New Orleans, et que les dirigeants de l'époque n'ont pas eu la présence d'esprit de rebaptiser (ces ennuis administratifs…), et ce pourrait bien être le théatre d'un événement encore sans précédent dans l'histoire de la NBA, ligue majeure du basket nord-américain décidément pas tranquille, cet été !

Alors que les Utah Jazz remontent la pente depuis les départs successifs de ses deux piliers, Karl Malone et John Stockton, le malaise couve depuis la saison dernière autour de la star ukrainienne, Andrei Kirilenko. A la tête d'un contrat "max" qui lui réserve environ 60 millions de dollars pour les 3 prochaines années, AK-47, élu meilleur joueur de l'Euro 2007 il y a une semaine, a réitéré sa demande de transfert à quelques jours du début du camp d'entrainement des équipes NBA, période généralement calme où l'on revient de vacances pour entamer le championnat dans de bonnes conditions. Après la finale de conférence Ouest inespérée il y a quelques mois, le club devait solidifier son statut de prétendant au titre de champion cette saison.

En cause, la méthode de Jerry Sloan, entraineur emblématique du club, actuel doyen de la ligue en termes de longévité - il est en poste depuis le milieu des années 80, pas mal de clubs ayant connu une dizaines d'entraineurs différents sur la même période. Ancré dans la franchise, soutenu sans conditions par le management du club, Sloan est si puissant qu'il aurait encouragé son joueur-vedette, qui lui faisait part de son mécontentement, de faire casser son contrat s'il n'était pas satisfait des conditions de travail.

Kirilenko, dont les performances la saison passée étaient décevantes, s'estime maltraité et ne compte pas poursuivre l'aventure. Il cite en exemple l'entraineur de son Equipe Nationale, qui use de psychologie et personnalise son approche en fonction de ses joueurs, comme sa référence en la matière. Convaincu qu'il ne pourra s'exprimer correctement dans le système de Sloan, il est prêt à tout pour ne pas perdre son temps, et se tient à la disposition du management du club pour obtenir sa libération.

Un échange semble compromis : le management étant pris en otage par son joueur, les autres clubs se frottent les mains à l'idée d'obtenir un joueur cher, mais talentueux, à des conditions discount, puisqu'il y a urgence.

Les deux parties peuvent s'entendre pour rompre le contrat, par le biais d'un rachat, mais le club n'y a aucun intérêt : il perdrait son joueur sans compensation, et devrait en plus s'affranchir d'une certaine somme, peut-être une dizaine de millions de dollars, à moins que Kirilenko ne leur en fasse grâce et s'en aille gratis, ce qui n'arrive jamais dans un cas pareil (il faut bien payer son agent, par exemple, lequel n'a aucune envie de rompre un contrat lui assurant un pourcentage sur les 60 millions restant dûs, et il serait étonnant que Kirilenko paie de sa poche). L'affaire n'est pas si simple.

En attendant, le club est confronté à une situation délicate, qui n'ira pas en s'arrangeant, et qui risque de précipiter la franchise dans le trouble. Deron Williams, le meneur qui a explosé pendant les derniers play-offs, a mis en cause l'approche de son coéquipier, jugé trop gourmand en attaque, accusé d'être toujours le premier à partir après l'entrainement, alors que d'autres comme Carlos Boozer travaillent leur shoot. Cela ressemble à une cassure, et il est difficile de prévoir si elle est réparable.

Enfin, pour l'instant, le club n'a pas recontacté Kirilenko, faisant la sourde oreille et s'attendant à ce qu'un joueur sous contrat se présente à l'heure dite au rendez-vous prévu, comme si de rien n'était, et pas une minute plus tard. Donc, tout va bien.

Enfin, on espère…

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