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dimanche 29 novembre 2009

On peut toujours critiquer U2…

Le monde tel qu'on le connait depuis l'émergence d'internet met en scène deux types de personnes : les artistes et les commentateurs. Ceux qui produisent quelque chose et ceux qui se contentent de donner leur avis. Les élites et les autres.

Il y a toujours quelqu'un pour dire : "ah, le dernier U2, c'est leur plus mauvais album, ils feraient mieux d'arrêter".

Relisez cette phrase, courante aujourd'hui, déclinée à l'infini sur internet, reflet de ce qui se dit à travers le monde dans les conversations privées, dans un bar ou en famille, à propos de tout, des artistes, des hommes publics, politiques ou simples starlettes.

Tissu d'inepties, empilées les unes sur les autres, formant une réalité alternative, créée de toute pièce par l'ignorance banale et auto-entretenue du bas peuple, qui s'égare et qui trouve désormais une résonance potentiellement planétaire, via internet.

Internet, mathématiquement, statistiquement, est donc majoritairement un vecteur d'ignorance, un portail de la connerie partagée, un monument aux cons vivants.

Pourquoi U2, le groupe, devrait-il s'arrêter ?

En pleine possession de ses moyens, avec un album honorable, aux passages excellents, globalement réussi et dans la continuité d'une illustre carrière, âgé mais pas décalé, toujours inspiré… Il suffit d'écouter, de prendre le temps, de l'apprécier, pour comprendre.

Comment classer un album ?

Il faut être journaliste, missionné par un rédac' chef, pressé par une deadline, pour émettre un tel jugement. Il faut être à la fois spécialiste du groupe, connaissant tout le répertoire, pour tenter de comparer les différents albums, écrits et réalisés dans des conditions diverses et à des époques radicalement différentes, avec des moyens différents, et savoir se détacher de ce statut de spécialiste pour aborder un nouvel album avec un regard neuf, celui du public, qui n'écoute pas que U2, pour arriver, peut-être, à situer ce recueil parmi l'ensemble des productions artistiques du moment, y trouver la place qu'occupe le groupe. C'est un gros travail, difficile à résumer en une ligne, en un commentaire évasif et générique, du style "c'est de la merde".

Surtout que l'album en question, c'est l'album du jour. Celui que U2 propose au public en 2008 ou 2009, celui qu'il va proposer en concert planétaire pendant un an ou deux, celui qui s'écoutera longtemps, alors qu'on entend peu ou plus du tout les albums précédents. Du coup, la comparaison avec les autres albums a peu de sens.

Mais alors, est-ce qu'ils sont meilleurs, moins bons, pareils ?

La voix de Bono est unique, c'est elle qui différencie le groupe dès la première seconde d'écoute. Et elle se porte bien, merci. Sur cet album, le chanteur semble en grande forme, ses interventions sont fortes et bien senties, les textes qu'il interprète ont du sens, s'écoutent bien. L'age n'a pas de prise sur un artiste de cette trempe.

L'autre élément différenciant, c'est bien sûr la guitare de The Edge, avec ses effets et ses styles en mouvement perpétuel, c'est le timbre musical à la fois évolutif, mais reconnaissable. L'objet d'une longue et douloureuse recherche, un jeu à la fois subtil et percutant, pas nécessairement difficile techniquement, mais juste, tout simplement, un résultat indiscutable : ses accords et arpèges, entendus sur les ondes, semblent faire l'unanimité. Guitariste reconnu sans être un grand virtuose, c'est lui qui donne la réplique à Bono, c'est lui qui porte U2 en studio et en concert, qui perpétue le mythe avec des compositions pures et simples, efficaces et mélodieuses. Qui irait critiquer cet homme-là, lui dire que son album est le plus mauvais, qu'il ferait mieux d'arrêter ? Enlevez-lui U2, sa maison de disques, ses concerts planétaires, cet homme-là serait chez lui à chercher des nouveaux effets et de nouvelles mélodies, de toutes façons. Alors autant poursuivre une carrière phénoménale…

Et bien entendu, la section rythmique, l'autre moitié en retrait du groupe, qui tient la barraque, devenus célèbres en s'adonnant aux joies exquises des projets parallèles, ça reste très solide malgré l'age, malgré la théorie de Keith Richards selon laquelle il faut changer de bassiste tous les 7 ans, car c'est le moteur du groupe. Larry Mullen et Adam Clayton vous saluent bien, ils sont toujours là, présents mais discrets, indispensables.

Alors voilà, ils sont encore là, ils n'ont pas disparu, parce qu'un groupe ne vit pas au rythme des sorties d'album, il se perpétue. Ils n'entendent pas vos commentaires débiles, ils jouent de la musique, ils jouent avec leurs fans, par millions, dans le monde entier, et il n'y a précisément aucune raison pour qu'ils s'arrêtent. Avec le temps, à force de concerts, ils parviendront à faire changer d'avis plus d'un réfractaire, car c'est leur fond de commerce, aussi, il ne faut pas l'oublier : séduire, convaincre, conquérir.

Au bout du compte, si on n'aime pas U2, si on n'a pas envie d'aimer U2, si on préfère autre chose, il ne faut pas se gêner. U2, ce n'est pas le remède contre la grippe A, ça reste de la musique, on est client ou on ne l'est pas. Le choix est simple.

Mais le besoin d'affirmer son choix et de l'argumenter, le besoin de faire de la contre-publicité, d'exprimer sa résistance face à un phénomène de mode, de marquer sa différence, quitte à se perdre dans une pseudo-critique superficielle, sans fondement réel (la plupart des gens qui critiquent le jeu de The Edge n'ont jamais touché une guitare), c'est une tendance récurrente, qui fait écho au succès du groupe, une forme de malaise, de haine. La critique, c'est une vengeance, d'où une certaine violence dans les propos.

Une violence inouïe, déployée en quelques secondes, sans s'en rendre compte. Parce qu'on n'est pas client, on s'imisce dans la vie du groupe, on décide que l'album n'avait pas lieu d'être, que ces musiciens devraient arrêter de jouer. C'est la chaos.

Et les couillons qui écrivent une page de blog en dix minutes, qui s'improvisent journalistes en reproduisant à longueur de posts les styles désuets de journalistes pressés obéissant à une ligne éditoriale formatée par un circuit de production spécifique, ces bloggeurs qui s'astreignent donc par mimétisme à des règles dont certains journalistes aimeraient pouvoir s'affranchir, ignorants de leurs propres capacités, peuvent bien se payer un U2 dans leur page perso ! Leur "avis" n'engage qu'eux.

Il est dommage qu'internet, qui offre une si grande liberté à chacun, ne donne finalement pas davantage la parole aux artistes, et profite ainsi, car c'est plus facile, aux commentateurs, si souvent injustes, redondants… inutiles.

vendredi 2 octobre 2009

Histoire de chaussure, rue de la Pompe

Aujourd'hui à 8h21, rue de la Pompe, la circulation a été interrompue quelques secondes par une petite fille qui avait perdu sa chaussure droite au moment de traverser, dans le passage protégé, sous le regard bienveillant de deux agents bloquant le passage avec les bras en croix.

Comme sa maman et sa sœur étaient déjà engagées lorsque la petite s'est aperçue qu'il lui manquait un soulier, il y a eu un temps d'hésitation. On revient sur ses pas, on se sépare pour dégager la voie ? La petite fille avait déjà réagi et tentait de rechausser dans le caniveau, mais ce ne fut pas si simple. Elle arrêta donc son numéro d'équilibriste, saisit cette chaussure décidément peu commode, la posa sur le bord du trottoir, l'enfila puis traversa au galop.

En géneral, au moindre temps mort, le matin, les automobilistes s'exapèrent, et il y en a toujours au moins un pour signaler son mécontentement d'un bref coup d'avertisseur, parfois deux très secs. Dans une rue systématiquement encombrée comme la rue de la Pompe, c'est assez fréquent.

Et pourtant, pendant que cette petite fille bataillait avec sa chaussure, pendant que ce petit pied blanc tatonnait, rien ne s'est passé.

Les agents de la circulation, un peu embarrassées, n'ont pas baissé les bras ni cherché du regard la maman, surprise et déjà bien gênée.

Aucun reproche. Comme si, soudain, personne n'était pressé...

Ou comme si cet empressement à aller travailler ne justifiait pas de déranger une petite fille qui remet sa chaussure.

Ce fut un moment de pause insignifiant dans la vie de chacun, rapidement oublié. Un moment de silence. De contemplation. Pas désagréable...

jeudi 17 septembre 2009

Une nuit sous le feu nucléaire

Si vous n'avez rien de prévu le weekend du 3 octobre prochain, et si une nuit blanche ne vous fait pas peur, le cinéma Imax de Londres propose une nuit d'action pure à partir de 23h30.

Sur le plus grand écran d'Europe seront projetés à la suite les 4 épisodes de Terminator, pour la maudique somme de 26 livres par place. A noter que selon le film, l'image n'occupera qu'un tiers de l'imposant écran, avec des définitions variables. Et à cause du premier film, interdit aux moins de 18 ans, et de l'horaire bien entendu, cette projection sera non seulement réservée aux adultes consentants, mais surtout aux fans avertis de la "série".

Un Terminator, ça passe. Mais 4, il faut vraiment s'en sentir capable. Bref, ça va sentir le geek !

Voir le lien vers le site du cinéma Imax de Londres |fr]

mercredi 16 septembre 2009

La capitale de la Mode aux prises avec la pandémie

Pour enrayer toute pandémie, des mesures s'imposent, il faut un minimum de discipline collective. Mais en France, patrie de la Mode et de l'indiscipline, si la pandémie se présente, a priori, elle passera comme une lettre à la Poste.

Pourquoi donc ?

Pour comprendre, observons la réaction d'un échantillon plus ou moins représentatif en entreprise, aujourd'hui à Levallois.

Alors que la direction de l'entreprise investit, prend ses responsabilités, encourage le personnel à se laver les mains régulièrement, dispose des flacons un peu partout et fait distribuer des masques à la première heure, la réaction est unanime :

"Je ne suis pas malade, je m'en fous, et le blanc ne me va pas du tout. Et puis on respire moins bien avec."

Se protéger, peut-être, mais pas au mépris du style !

Autrement dit, à moins qu'un créateur ne se dévoue pour rendre le masque à la mode, avec de la couleur ou peut-être simplement le logo d'une grande marque de luxe, le travailleur de bureau français ne portera pas le masque et s'exposera ainsi, collectivement, à la pandémie.

La solution ?

Notre meilleure arme contre le cataclysme, c'est probablement Karl Lagarfeld.

Après avoir s'être affiché avec un gilet jaune phosphorescent cher à la Prévention Routière, le créateur pourrait bien être le seul capable de rendre le masque tendance, et ainsi de sauver la France.

La France tendance, et la France (peut-être) bientôt malade…

dimanche 6 septembre 2009

Folies youtube : un thème de jeu vidéo bien connu

Irrésistible tentation de partager avec vous une dernière expérience de surf cosmique grâce à youtube.

Dans un monde pur et parfait, c'est à la télévision que vous verriez ces choses-là, des choses neuves, ni sponsorisées par des grandes marques de machine à laver, ni sélectionnées parmi les dix plus grands succès de l'année dernière au Québec par un panel d'incapables beaucoup trop payés.

En quelques clics sur la plus belle télé au monde, on tombe ainsi sur deux petites vidéos à la fois amusantes et étonnantes.

Voici le thème d'un jeu vidéo très connu, revisité par Jean Baudin à la basse 11 cordes dans le premier lien;

puis par Zack Kim à l'aide de deux guitares (une pour chaque main) dans le second lien.

Prenez deux minutes, ça vaut la peine.

Bien entendu, ce ne sont ici que des suggestions. Chaque vidéo ouvre la voie vers d'autres perles, comme le générique des Simpsons, tout simplement hallucinant, toujours par Zack Kim, ou sa version du Canon de Pachabel.

C'est tout l'avantage de youtube, ces chaînes de contenus, à consommer à son rythme, en restant actif et maître de sa recherche.

mercredi 15 juillet 2009

Transformers 2 : le bon, le brutal et l'agaçant

Avant toute chose, débarrassons-nous de ceux qui trouvent le prix du ticket de cinéma trop cher. Ils n'ont rien compris. A la benne aussi, les critiques de cinéma qui se demandent pourquoi on a osé adapter un tel dessin animé au cinéma. Irrécupérables. Dans le même lot, ceux qui tutoient Michael Bay, qui méprisent Steven Spielberg et qui sont peut-être même sortis de la salle au bout de 32 minutes pour enchaîner sur un autre film. Pour accéder à Transformers 2, il faut en avoir vraiment envie et s'armer de patience.

Car il y a du pur génie dans ce film. Du techniquement impossible, de l'artistiquement à peine imaginable, du jamais vu au cinéma.

Oui, Hollywood, c'est la grosse machine. Du million à foison, du très lourd, parfois même trop lourd… Mais le contrat est rempli. Les plans se succèdent avec un certain style, une vision étonnante, un sens du ralenti et de l'action rares. On est au beau milieu d'une avalanche de métal, de combats intenses et efficaces, jamais répétitifs, car maîtrisés. Michael Bay, c'est cela, précisément. Le carnage organisé. Le quart de milliard de dollars bien dépensé.

Transformers 2, c'est le simple bonheur de participer, en tant que spectateur, à une aventure grandeur nature, dans le monde entier, dans l'espace, dans cette histoire presque grotesque où deux camps de robots extra-terrestres et radioactifs s'affrontent autour d'un simple garçon, d'une machine infernale, d'un enjeu planétaire. C'est de l'aventure moderne, hors-normes, gonflée, presque honteuse…

En un mot, c'est gamin.

Et c'est toute la réussite de cette adaptation, fidèle non seulement au dessin animé, mais probablement aussi aux innombrables scénarios de batailles imaginés par tout enfant qui s'amuse avec ses jouets Transformers signés Hasbro. Nous n'avions osé en rêver, Michael l'a fait. Deux fois !

C'est pourquoi, malgré l'exaspération ressentie lors de scènes "humaines" bâclées et sans queue ni tête, véritable cauchemar de cinéphile, il faut trouver la patience nécessaire pour accéder à ce que le film réserve de meilleur. Rester enfoncé dans son siège en laissant passer l'orage, en guettant l'embellie, qui ne tarde jamais. Il faut reconnaître qu'avec Luc Besson et ses fameux Leon, Nikita et compagnie, nous, français, avons été habitués à tellement mieux…

On peut aussi trouver des petites satisfactions, parfois dans des détails infimes, comme ce robot ennemi (decepticon pour les adeptes) à peine débarqué sur Terre, qui dégage d'un revers un drapeau américain. Ou encore le cadre qui prétend, au nom de la Sécurité Nationale, prendre le contrôle d'opérations qui le dépassent largement, et qui finit par être écarté; quand ça chauffe au front, Optimus prime.

Si vous aimez le grand spectacle et les petits robots qui se transforment en tutures, vous êtes probablement déjà allé voir ce film. Si vous allez au cinéma pour vous changer les idées et vous divertir, n'hésitez pas. Ce film vaut la peine d'être vu sur un écran de cinéma.

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