Quidamned !

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vendredi 16 novembre 2007

Transformers, un film Hasbro : plus jamais ça !

Comment réaliser un film pour enfants interdit aux moins de 13 ans ? Un film très très long, beaucoup trop long ? Des effets spéciaux étourdissants, avec un scénario ahurissant de bêtise, un mélage insupportable ?

C'était vraisemblablement le pari de Michael Bay, épaulé par Steven Spielberg, pas moins, pour le film de commande le plus cher de l'Histoire du cinéma.

Deux fois, en salle puis en DVD, je me suis endormi devant ce film ! Et encore, la deuxième fois, télé-commande en main, j'ai pris le soin de zapper toutes les scènes mielleuses, chères à Spielberg. Quelle idée, d'associer l'histoire du jeune américain qui achète sa première voiture avec son papa à celle des robots géants intergalactiques camouflés en véhicules qui pourraient détruire la planète !

Et que vient faire l'armée américaine dans cette histoire, à part prendre raclée sur raclée ? Le secrétaire d'État à la Défense, qui n'apporte rien, toute la bureaucratie, tout américain, quand il s'agit de la planète ? Les américains au Qatar, les américains en Amérique, les Américains qui font la découverte majeure du XXème siècle dans le cercle arctique ? Hasbro ne vend-il donc pas de jouets dans le monde entier ?

Et la bimbo qui plaque le champion de football pour le petit minet à la Chevrolet, experte en mécanique, papa taulard mais uniquement par souci d'apprendre la mécanique en bricolant les voitures des autres, et qui au fond, n'est pas si criminel, en cherchant bien ? Les plans sexys en plein milieu d'un film pour gamins ?

Et John Turturro ? L'agent hyper-secret qui se fait laminer comme tout le monde ?

Monsieur Spielberg, reconnaissez qu'il n'y avait pas de place pour l'humain dans cette histoire ! Laissez jouer les machines, évitez le rêve américain, la famille américaine bien typique, faites un pur film d'action mêlé de catastrophe, avec des tout petits humains qui courent partout pour éviter les morceaux de gratte-ciel qui leur tombent dessus. Exit le cube magique de la taille d'une ville qui se transforme en tout petit cube qui tient dans la poche, et qui transforme d'un éclair une téléphone en robot guerrier bagarreur ou pacifiste, selon l'humeur du capitaine. Une heure et demie d'action, de poursuites, de traque, pas plus. Du gros métal bien lourd, de l'explosion, comme on en voit dans la scène extrême du début, où un robot attaque une base militaire. Du grand spectacle !

Mais pas du tac-boum-boum à l'eau de rose, au service de l'humanité de l'amour de l'univers.

Plus jamais d'Independance day ! Plus jamais de Transformers !

Une expérience douloureuse et soporiphique du cinéma définitivement trop américain.

mercredi 14 novembre 2007

Et ils marchèrent…

Jour de grêve, jour de galère pour tout le monde.

En l'absence de transports en commun, il a fallu marcher, courir, prendre son vélo, louer un vélib, profiter de la voiture d'un collègue ou d'un proche.

Pour certains, le problème restait sans solution : il a fallu poser une journée de congé. Repos forcé, pris avec plus ou moins d'amertume; ce sera ça de moins pour les vacances d'été. Dans quelques entreprises de services particulièrement réactives et souples, les plus chanceux ont pu emporter du travail chez eux, évitant une forme de pénalité.

Pour les braves qui ont fait le trajet à pied, cela reste une expérience comme un autre. Après tout, c'est comme à la montagne, une randonnée de quelques heures, avec un arrêt prolongé pour travailler. Une bonne grosse journée, fatigante physiquement et moralement, la totale. Le corps humain est tout à fait capable d'accomplir tout cela, on a simplement perdu l'habitude de le faire - une habitude assez saine.

Et en plus, il faisait particulièrement beau aujourd'hui. Comme si la Nature apportait sa clémence pour entamer une période de conflit social qui promet d'être longue et fastidieuse.

Peu importe qu'on comprenne ou non la situation, que l'on soutienne un camp ou l'autre, pour le quidam qui veut simplement se rendre à son travail et qui aura droit à ses 40 années minimum, c'est plus dur ces jours-ci, il va donc falloir prendre son mal en patience. C'est aussi dans ce genre d'épreuve qu'on trouve des ressources, une forme de patience, l'important est de continuer à avancer en gardant la tête haute.

Nous allons traverser cette crise comme nous avons traversé les précédentes, et comme nous traverserons aussi les suivantes.

Même si cela parait dur, au bout du compte, ils nous suffit de mettre un pied devant l'autre.

Logique du chiffre

On peut faire dire n'importe quoi aux chiffres, notamment en entreprise. Et tout particulièrement dans la communication.

Pourquoi changer les méthodes ? Les chiffres sont au vert !

Pourquoi travailler plus ? Le chiffre d'affaires est excellent !

De quel chiffre d'affaires parlons-nous ? De celui qui était déjà à ce niveau avant nous, c'est-à-dire le business généré par d'autres ? Est-ce qu'il faut s'enorgueillir d'avoir tout simplement maintenu le chiffre, freiné la descente malgré la "crise", nettement amélioré sans pouvoir donner une seule bonne raison ?

Est-ce que l'équipe qui ouvre le Champagne ne se félicite pas du travail d'une équipe précédente, remerciée sans ménagement quelque mois plus tôt ? Le succès célébré prépare-t-il la chute à venir ?

Qui fait le chiffre d'affaires d'une entreprise ? Le grand patron, le directeur général, l'équipe commerciale, les créatifs, les techniciens ? Faut-il féliciter celui qui fait entrer le client ou celui qui le retient ?

Lorsqu'un client augmente son budget de communication, le chiffre d'affaires de son agence augmente aussi, faut-il y voir un succès pour l'équipe commerciale qui aurait su trouver les mots justes pour déclencher l'investissement ou une stratégie d'ores et déjà formulée par le service marketing de l'annonceur ?

La fameuse crise de la communication du début du siècle est-elle liée aux attentats du 11 septembre 2001, à l'émergence du numérique ou à d'autres problématiques du secteur ? Tout à la fois ?

Et si l'Équipe de France de Rugby avait remporté la Coupe du Monde, est-ce que cela aurait permis aux entreprises mêmes les plus mal gérées de profiter de l'euphorie et de faire du chiffre ?

Finalement, qui a le plus d'impact sur le chiffre d'affaires de votre entreprise ? Chabal, Ben Laden ou Steve Jobs ?

Ou bien vous ?

lundi 12 novembre 2007

Phone culture

Qu'est-ce qui rythme votre journée ?

Il faut se lever le matin pour aller travailler, beaucoup trop tôt.

Vers midi, il faudra déjeuner.

En fin d'après-midi, on finit bien par quitter le travail, faire quelques courses, on s'efforce d'arriver à temps pour ne pas rater une émission de télé, on se prépare un plateau pour regarder les informations à 20h, le film du soir ou bien un DVD.

Toute cette mécanique est bien rôdée, 5 jours par semaine, le weekend est un peu plus aléatoire.

Enfin, c'était avant l'émergence du téléphone mobile.

Quel stress !

Chaque minute, quelqu'un peut appeler pour proposer un déjeuner, annuler un rendez-vous, précipiter le cours des événements.

En général, c'est la famille ou des amis.

Si vous avez un poste à responsabilités, c'est votre supérieur (le fameux n+1, comme on dit quand on est branché) qui appelle pour vous rappeler la réunion du lendemain - en fait, un petit coup de pression pour se rassurer, puisqu'il vous a vu noter le rendez-vous sur votre PDA.

Ou alors, c'est un n-1 plus prompt à décrocher son téléphone qu'à résoudre ses propres problèmes, tellement dépendant de vous, qui appelle au secours, vous permettant une nouvelle fois de sauver la planète et de montrer à quel point vous êtes important…

Si vous êtes encore néophite, vous recevez régulièrement des alertes promotionnelles de votre fournisseur, mais vous ne le savez pas tout de suite, votre esprit cherche pendant quelques secondes, en panique, qui peut bien vous solliciter. Votre grand-mère toujours un peu souffrante ? La Française des Jeux qui vous cherche partout pour toucher enfin votre super-cagnotte ?

Est-ce que c'est ce rush qui vous pousse à rester joignable toute la journée, 16 heures sur 24 ?

Est-ce que c'est l'imprévu, l'attente du coup de fil qui chamboule tout, qui vous fait décrocher si vite ?

Cette activité supplémentaire, écouter ses messages, envoyer des SMS, réengregistrer son message d'accueil, choisir sa sonnerie, changer son fond d'écran, est-ce absolument nécessaire, ou bien est-ce parce que c'est totalement superflu, précisément, que c'est amusant ?

Evidemment, le téléphone mobile est un progrès indéniable, un outil de communication devenu essentiel dans la vie de tous les jours. Il permet sans doute de sauver des vies, ou bien tout simplement de prévenir quand vous êtes en retard, et c'est déjà pas mal.

Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Un forfait entre 20 et 50 euros par mois, c'est-à-dire 240 à 600 euros par an hors dépassements, un terminal entre 100 et 300 euros, un ou plusieurs chargeurs prêts à fonctionner à la maison et au bureau, les contacts à mettre à jour, qu'on perd quand on change de téléphone, tout un style de vie modifié pour intégrer ce petit morceau de technologie qui fait des photos toutes petites ?

dimanche 11 novembre 2007

Une expérience humaine grâce à l'informatique

Je viens de lire un commentaire d'un lecteur et ami (dans le désordre), dans ma boîte mail, daté d'une petite heure environ.

C'est toujours fascinant de se dire qu'il y a une heure, cette personne était comme moi, devant un oridnateur, chez elle ou dans un web café, en France ou peut-être en voyage dans n'importe quel pays, peut-être qu'il y faisait jour.

Il y a une heure, cette personne était donc debout, et j'étais moi-même en train de bouiner (s'adonner à une activité quelconque) sans faire attention à ma boîte mail. J'aurais pu lire ce courriel instantanément, y répondre, peut-être avoir une réponse dans la minute suivante. Si j'étais branché MSN, on aurait même pu avoir une conversation. Il se trouve que le format courrier était meilleur, car on écrit plus facilement qu'on ne dit certaines choses.

After hours, passé 22h, on n'appelle pas les gens. C'est l'usage. On estime qu'ils dorment, qu'ils ont envie d'être tranquilles, on ne veut pas déranger.

Mais grâce à la technologie, on peut faire passer ses idées en temps réel, au moment où elles viennent, sans avoir à attendre que la personne soit disponible, et sans délai de livraison.

C'est de la communication instantannée, dans le respect des usages et des personnes.

C'est surtout un moyen de garantir la circulation des idées. Sans ces moyens, cette personne aurait sans doute oublié de m'appeler, je n'aurais probablement pas songé à la recontacter, et nous nous serions perdus de vue, alors que nous avons tant de choses à nous dire. Quelle honte ! (Sans cette technologie, je serais déjà couché depuis deux bonnes heures, et ma maman ne serait pas consternée par mes cernes, il faut bien le reconnaitre…)

Au bout du compte, la technologie rapproche les gens, à moindres frais et sans efforts. Ne vivons-nous pas une époque formidable ?

samedi 10 novembre 2007

Eureka : la télé éduque !

Pour ceux qui n'ont pas fait attention, une révolution annoncée depuis des années, sans cesse retardée, a eu lieu dans le calme absolu.

C'est officiel, la télévision remplit enfin sa mission éducative.

Pendant que certaines grandes chaînes déclinaient à volonté la télé-réalité bétifiante, réinventaient le show-business en recrutant des inconnus à moindres frais, c'est France 3 qui a lancé la bonne émission au bon moment, remportant un succès impressionnant, et dont les retombées sont assez délicates à évaluer. Une belle manière de prouver qu'il est possible de réaliser des émissions à caractère éducatif.

Cette émission s'appelle "C'est pas sorcier !", un titre décidément approprié. Au départ, une petite production bien faite, sans grande prétention - comment prédire ce qui va marcher ou pas à la télévision ? Jamy et Fred (et leur équipe) ont réussi à trouver le ton juste, le bon angle pour aborder des sujets aussi complexes que le big bang ou l'évolution. Et attention : il ne s'agit pas de vagues notions à moitié expliquées, dénaturées ou simplifiées à l'excès, pas de langue de bois ou de discours minimal. C'est de la vraie science, expliquée à tous, dans un language simple, avec des maquettes et des exemples précis. Cela parait tout bête, mais c'est très compliqué. Un bel exemple de pédagogie.

Si vous avez des enfants, mettez-les devant le poste, regardez quelques émissions avec eux, prenez le temps de leur expliquer ce qu'ils ne comprennent pas. Et pendant que vous y êtes, perfectionnez vos connaissances. C'est le principe : dans chaque émission, il y a forcément quelque chose que vous ne savez pas, une notion que vous pensez connaître sans vraiment la maîtriser.

C'est ce qu'on appelle le nivellement vers le haut.

Et ça dure. D'émission en émission, quel que soit le thème abordé, la qualité du travail reste constante, et le résultat est là. Tout est clair, on ne s'ennuie pas, on passe même un bon moment, seul ou en famille.

Et cette initiative ne vient pas d'un quelconque ministère, d'un patron de chaîne, d'une star hypermédiatique. C'est le plus bel exemple de réussite, sans tambours ni trompettes. Ce n'est pas Jean-Marie Cavada, avec la cinquième et sa fameuse campagne publicitaire ("Eduquons, c'est une insulte ?"). Finis les discours ésothériques, la bonne volonté, sans réel résultat. Pas de public, pas d'applaudissements, pas de chauffeurs de salle, pas de stars, pas de paillettes.

Une bonne émission éducative, c'est possible. La preuve est faite.

Il faut reconnaître à la direction des programmes, sans qui rien de tout cela ne serait arrivé, deux bonnes idées : la programmation de "C'est pas sorcier !" à des plages horaires appropriées, puis la déclinaison du concept avec des passages en prime time. Il faut du flair pour tenter de tels paris.

On a vu Jamy et Fred revisiter l'Histoire de France. Faut-il leur demander de relooker la messe, avec des passages en latin ?

Une révolution à la fois. Aujourd'hui, la télévision éduque en divertissant - un progrès inespéré.

Lien vers le site C'est pas sorcier
Lien vers le site de France 3

vendredi 9 novembre 2007

Liberté de l'intox

Curieuse notion que la liberté de la presse.

Un peu comme la liberté d'expression.

Une belle illusion…

Selon le pays, c'est avant tout la liberté de se faire casser la gueule.

Personne n'est libre !

Sans aller jusqu'aux jeux de pouvoir, les fameuses pressions politiques, ni même le politiquement correct.

Tout le monde a une famille, des amis, une communauté. Un mot de travers, et c'est la polémique. Les discussions sans fin.

De nos jours, il faut même faire particulièrement attention pour ne pas écrire une sottise; faire des efforts considérables pour arriver au bout d'un article sans fâcher quiconque.

Rien qu'une faute de frappe ou une grosse coquille, c'est devenu inadmissible, passible de raillerie ou pire, d'indignation…

Comment est-ce possible ?? L'erreur, humaine ?

Aujourd'hui, un auteur de roman peut se retrouver au tribunal pour les propos d'un de ses personnages, jugés scandaleux. Pas coupable, finalement relaxé sans suite, mais au moins un après-midi de perdu, une inquiétude durant la procédure, sans doute longtemps après, le visage d'un plaignant indigné par le classement de son affaire, promettant de ne pas en rester là…

C'est à se demander comment on trouve encore, aujourd'hui, des gens pour écrire !

mercredi 7 novembre 2007

Pas beau l'avion

Incompétent ?

Pourquoi tu dis ça ? T'es méchant. Et puis t'es qui pour dire ça ?

Dis donc, qu'est-ce que c'est que ce mauvais esprit ? Je veux pas le savoir, tu n'as aucune raison d'être désagréable. On est une équipe. Déjà que le client nous prend la tête et nous parle comme à des chiens, alors on ne va pas s'engueuler entre nous.

Tu n'as pas gueulé ? Tu as bien dit le mot "incompétent". C'est pas très gentil.

Bon, d'accord, tu n'as pas gueulé. Qu'est-ce que tu es pointilleux !

Enfin, tu n'es pas facile, quand même. Faut être mignon.

Comment ça, tu as dû tout refaire ? On ne t'avait pas dit quoi ? Tu sais, moi, vos histoires…

Bref, essayez d'être un peu plus gentil quand même.

D'abord, tout le monde ici est compétent. Si tu penses qu'on a besoin de formation, faut en parler.

Bon, je file, j'ai des courses à faire et je suis claqué.

C'est ça, on en reparle demain.

mardi 6 novembre 2007

Comme à l'école

L'entreprise, c'est un peu comme un dessin animé.

Il y a dormeur, grincheux, prof, la belle, les clochards…

Un peu comme une salle de classe.

Tellement de gens différents, qui cohabitent parfois plus facilement avec leurs collègues pendant de longues semaines qu'ils ne parviennent à vivre en famille le temps d'un weekend.

Les retardataires, les mieux habillés, les plus bavards, les plus turbulents, les discrets qui n'en pensent pas moins.

Les cancres, rescapés des études avec au moins un bac, c'est la moindre des choses, hissés au sommet en terminale, parfois même à la fac, une première année ici, une année sabatique par là, une petite école de commerce histoire de se faire un réseau, un peu d'alcool, apprendre à faire semblant de travailler, étreiner ses costumes.

Dans le même bureau, il y a ceux qui sont prêts à tout pour garder leur job, d'autres pour le perdre, avec le même acharnement.

Ahurissant, le nombre de gens franchement pas brillants en entreprise, et pas partis pour le devenir ! Ils sont au chaud, la paye tombe tous les mois, on espère que ça tombera toute la vie, sans trop se fouler.

Pas fiers de leur job, pas fiers de leur entreprise, toujours prêts à gueuler quand quelqu'un d'autre n'a "pas fait son boulot"…

Il ne faut pas s'offusquer de voir d'anciens étudiants de grandes facs parisienne ayant du mal à appliquer une simple règle de trois; aujourd'hui, muni d'un diamètre, quelqu'un m'a demandé s'il y avait une formule pour mesure le tour d'un objet… une formule mathématique, peut-être ? π, ça vous dit quelque chose, à vous, les spécialistes du rot ?

Il n'y a pas de cloche le soir (on n'est pas à l'usine !), mais tout le monde part à la même heure. Travail plus ou moins fini. Question de rigueur.

Il y a les braves qui restent, qui trainent, qui font un peu partie des murs. Leurs exploits sont méconnus - tout le monde est parti…

Au bout du compte, quand les notes arrivent… heu, les fiches de paie, c'est la grande surprise. Les primes tombent un peu au hasard, les exclus dépriment. Ce n'est pas le tout de travailler, il faut savoir transformer l'essai, se faire remarquer. Il y en a bien qui se font remarquer sans rien faire.

Tout le monde a gagné. Tout le monde est payé. La vie n'est pas juste, il faut s'y faire.

Dans un pays où 85% des enfants sont faussement accusés d'avoir réussi leurs études, il ne faut pas s'attendre à une quelconque forme de cohérence sur le marché du travail, et par conséquent, en entreprise.

Faute de tri, on est toujours un peu comme à l'école.

Mais que fait le proviseur ?

vendredi 2 novembre 2007

Batmania bis

Le deuxième volet du Batman de Christopher Nolan pourrait être un excellent film. Construit sur la base de Batman begins, réincarnation du héros torturé qui se cache derrière un symbole de chauve-souris, ce nouvel épisode mettra en scène le fameux Joker, psychopathe de référence, naturellement fait pour le cinéma.

Comment justifier une nouvelle rasade de Batman, me direz-vous, après les nombreux blockbusters des années 90, de Michael Keaton à George Clooney, de Tim Burton à Joel Schumacher, du demi-succès au navet, une décennie à oublier ?

Tout simplement, il semblerait que ces messieurs de la Warner aient trouvé la bonne formule. Le bon réalisateur, des vrais acteurs, la totale. Silence, respect, on tourne un vrai film, ici !

Il y a du bon dans la bande dessinée. Du très bon parfois. C'est un business comme un autre, avec son public, avide d'histoires, qui pousse les auteurs dans leurs retranchements. Un héros de BD ne vit jamais la même histoire deux fois, et pourtant, il reste fidèle à lui-même. Pas le choix, il faut donc creuser.

Alors, finies les hésitations, les approximations, les doutes. A la tête de la nouvelle franchise, Christopher Nolan sait ce qu'il fait, lui ! Place au héros de BD, place au concept. Il y a une logique sous ce masque à cornes.

Le teaser de The Dark Knight ne fait aucun doute : l'idée de Bruce Wayne en créant son personnage de justicier, son symbole plus difficile à combattre qu'un homme seul, fait des émules. Face à Batman, figure de proue de la justice, se dresse le messie des criminels, seul être capable de rétablir un rapport de forces équitable, le Joker. En voulant garantir la justice, comme le craignait Alfred, son majordome, dès le premier film, Bruce Wayne a provoqué une escalade de la violence.

Plus question de singer bêtement la BD, de tenter une forme de fidélité maladroite. Chaque détail a son importance, sa logique, son histoire. On parle ici d'une interprétation du mythe. Après la génèse de Bruce Wayne, on va enfin savoir ce qui trotte dans la tête du joker. Aura-t-il les cheveux verts ? Du maquillage, comme on a pu l'apercevoir sur le visage bariolé de Heath Ledger, successeur de Jack Nicholson ? Quel est son histoire ?

Patience. On en saura peut-être un peu plus dès la prochaine bande-annonce…

jeudi 1 novembre 2007

Preum's

Aujourd'hui, nous sommes le premier.

Le premier jour du reste du mois, pourrait dire Bob Dylan. Le premier jour du reste de l'année, ça marche aussi. Mais en même temps, on peut dire ça tous les jours, c'est un peu facile.

C'est malin de commencer le mois par un jour férié. Un jour fermé. Ah ça démarre fort ! Et puis pour reprendre le travail un vendredi, pendant que les autres font le pont, ça va être gai. Pas le temps de s'y remettre et hop, un weekend. Tout ça pour arriver à lundi, premier jour de la semaine, mais déjà le 5 du mois !

Jour fermé… ça dépend. Les jours fériés, c'est comme les grêves, tout dépend si c'est suivi.

Bon, on ne va pas se fâcher, c'est pas grave, aujourd'hui c'est fête, c'est repos, et c'est quand même bien le premier.

Enfin, c'est aussi le dernier, si l'on en croit Jean-Jacques Goldman (Les derniers seront les premiers, écrit pour Céline Dion).

Bonne fête à tous les novembre.

Profitez-en bien, reposez-vous, le mois risque d'être mouvementé, comme on dit à la CGT…

mercredi 31 octobre 2007

56 secondes

56 secondes, c'est le temps écoulé lors de ma dernière conversation téléphonique avec ma grand-mère, incluant une quizaine de sonneries avant décrochage.

Je poursuivais la conversation quand elle raccrocha brusquement, me laissant finir ma phrase, à peine entamée, dans le vide. Sensation désagréable que j'évite pourtant en veillant à ne pas laisser le moindre blanc entre deux phrases. Mais je ne suis pas le seul à travailler mon style, visiblement.

Et pourtant, rien ne presse.

Retraitée depuis quelques années, occupée à ne rien faire et à regarder la télé, ma grand-mère est plutôt bavarde en général, mais jamais au téléphone. C'est le propre des générations qui ont connu le téléphone depuis son origine, le coût de la communication étant prohibitif, rendant toute conversation minimaliste.

Or, bénéficiant d'un forfait illimité chez Free, je sais que cet appel téléphonique national ne me coûtera pas un sou, qu'il dure 1 ou 55 minutes. Ma grand-mère devrait le savoir, je lui ai dit maintes fois, mais elle a sans doute oublié, ce concept étant trop nouveau pour elle. Moi qui pensais la divertir un peu, je reste sur ma faim, mais je ne me formalise pas, bien entendu. Elle n'y est pas pour grand chose.

Les compagnies de télécoms, en revanche…

mardi 30 octobre 2007

Les légendes vieillissent mal

Pour apprécier une œuvre d'art à sa juste valeur, il faut une solide culture. Cela permet de situer le travail de l'artiste par rapport à une époque, à des moyens, à ses contemporains, et éventuellement à ce qui se fait de mieux en la matière, toutes époques confondues. Un véritable travail en soi. Mais cela n'empêche pas n'importe qui d'avoir sa propre sensibilité, et peut-être de ressentir quelque chose pour un artiste raté du XXème siècle. C'est l'émotion qui compte.

Faut-il aimer les classiques ?

Que se passe-t-il si, alors que vous faîtes l'effort de connaître ce qu'il faut connaître, les monstres sacrés, vous ne ressentez pas le même élan que vos aînés ?

Etes-vous irrécupérable si vous n'êtes pas sensible au regard subtil de la Joconde ? Etes-vous inculte si vous avez du mal à écouter un album entier de Led Zeppelin ?

Nombreux sont ceux qui écoutent toujours Led Zeppelin, avec la même ferveur… que les gens de l'époque. Il s'agit de gens qui ont grandi après Led Zep, à qui on a appris que c'était une grand groupe de rock, un précurseur, un incontournable qu'il fallait savoir apprécier.

Mais est-ce que ces nouveaux adeptes apprécient réellement cette musique, ou bien s'ys sentent-ils obligés ?

Il y a eu du progrès depuis, une évolution technique et culturelle indéniable, et le fait d'écouter la même chose qu'il y a 30 ans, avec un esprit de culte, c'est quand même particulier. Pour avoir résisté au mouvement, j'ai pu me rendre compte de l'aspect cultiste d'une telle démarche - il a fallu convaincre que je n'aimais pas, et ça a déplu. Je suis alors sorti du cercle des "puristes". Je me suis exclu du mouvement, et j'ai perdu une forme de respect de la part des véritables amateurs. Il fallait aimer Led Zep ! Se forcer, au besoin…

Elvis Presley a inventé le rock, mais le rock n'est pas resté figé à l'époque d'Elvis. S'il était vivant aujourd'hui, Elvis lui-même se régalerait peut-être avec un home studio, et préterait peut-être sa voix à une collaboration type Gorillaz, laissant à de jeunes talents le soin de mettre en musique sa voix unique. Il signerait probablement un contrat de partenariat avec Slim Fast, ses photos de scène avec 30 kilos de trop servant à vanter les bienfaits des régimes à vocation amincissante.

Fan de Jimi Hendrix, ayant lu plusieurs biographies, possédant tous ses albums studio, je suis incapable d'écouter un seul album d'une traite. Il y a du bon et du moins bon, du purement expérimental que l'artiste considérait peut-être raté, vu qu'il amorçait une profonde évolution de son propre style peu avant de mourir. Hendrix, de son vivant, se disait médusé de voir ses fans, guitaristes en herbe, se casser la tête à reproduire ses erreurs - montrant le problème posé par l'approche de sa musique sans recul, comme un culte.

Et que dire du live ? Quelle déception quand, à la faveur d'une édition en DVD du légendaire concert de l'Isle de Wight, je me suis rendu compte avec horreur de la mauvaise qualité sonore ! Je suis d'accord pour faire mon pélerinage, mais pas en marchant sur des cendres. D'autant que les fameuses Fender du maître ne tenaient pas aussi bien l'accord qu'aujourd'hui, et comme il brutalisait son instrument (avant d'y mettre le feu, rien qu'en tirant sur les cordes pour sortir ses sons inoubliables), il devait réaccorder parfois en plein morceau ! Ce DVD n'a pas bougé de son étagère depuis sa da te d'achat, à mon grand regret. En revanche, le fameux hymne national américain revisité par Jimi, présent sur la compilation "the ultimate experience", bénéficie d'une excellente qualité d'enregistrement, je l'écoute régulièrment avec le même plaisir, même si j'ai pu constater auprès de mes proches que j'étais bien seul dans mon bonheur. Pour beaucoup de gens, la prouesse d'Hendrix est plutôt désagréable.

Nous vivons une époque extraordinaire d'un point de vue technologique, les sounds system des salles, le soin apporté à la préparation des événements et la qualité des enregistrements donnant un produit qui n'a rien à envier aux légendes des 60's ou des 70's. Et musicalement, bon nombre de groupes ont repris le flambeau, et amenant plus loin, et avecc une plus grande maîtrise de tous les aspects de leur musique, un art devenu mature.

Souvenez-vous qu'Hendrix pompait allègrement des classiques de blues pour organiser ses propres morceaux, s'inspirait de lectures discutables pour écrire ses paroles et manquait singulièrement de répertoire personnel au plus fort de sa légende. Quelques-uns de ses titres cultes portent sa griffe, mais ont été composés par Bob Dylan (All along the watchtower, Like a rolling stone). Et très franchement, en tant que chanteur, c'était assez approximatif techniquement.

Si Guns'n'Roses est devenu un groupe de renommée planétaire en quelques années, c'est pour avoir sublimé ce qui restait du rock, amenant le genre à un sommet technique et musical rarement atteint. Le talent de Slash à la guitare, qui continue à vivre bien longtemps après la chute du groupe, n'a rien à envier ni à Hendrix, ni a Jimmy Page, même s'il leur doit probablement une partie de son inspiration. On parle ici d'influence.

C'est, du reste, tout l'intérêt des "bonnes" reprises. La version live de Knockin' on heaven's door, telle que jouée par Guns'n'Roses lors du concert à la mémoire de Freddie Mercury à Wembley en 1992, est un classique, une version particulièrement aboutie du morceau de Bob Dylan. On atteint un sommet sonore, particulièrement harmonieux et intense, le symbole de ce qu'a représenté un des plus grands groupes de rock de tous les temps, mélant métal, rock et blues. Ce n'est pas un hasard si ce titre a été un grand succès commercial (se distinguant du concert lui-même, moins apprécié), largement diffusé sur MTV (toujours dans le bons coups), rencontrant l'approbation d'un public particulièrement large et eclectique : c'est une interprétation qui a transcendé les barrières culturelles. Le "freedom" de Robbie Williams, en revanche, est considéré comme une régression par rapport à la version originale, signée George Michael.

Et c'est bien Puff Daddy qui a remis Cashmere au goût du jour, s'appropriant par sample juste ce qu'il fallait du morceau original pour faire son tube, "Come with me" (bande originale du film Godzilla). Nombreux sont ceux qui préfèrent son style viril à la voix cassée de Robert Plant, son rythme bien carré et intense à la version un peu molle de ses illustres précédesseurs.

Il faut connaître ses classiques, conserver la mémoire, perpétuer les mythes. Ces gens-là ont leur place dans un musée, dans un coin de ma discothèque virtuelle, mais pas sur ma table de chevet et, au bout du compte, pas sur mon ipod.

dimanche 28 octobre 2007

Petite histoire de l'art

Vous avez peut-être raté une émission de Bernard Pivot au cours de laquelle Guy Béart tenta de faire admettre à Serge Gainsbourg que la variété était un art majeur. En vain bien entendu, déjà que Gainsbourg n'était pas commode sur un plateau de télé, mais essayer de comparer "Le petit pont de bois" d'Yves Duteil à une symphonie de Mozart, ça reste une belle bavure ! Rien n'arrête un artiste qui défend son fond de commerce.

Le bon point de Béart, c'est la mélodie. Il y a forcément du génie dans la composition d'une bonne mélodie, que ce soit à la guitare ou au tuba. Mine de rien, Duteil et Béart ont vécu de leur guitare, il y a forcément quelque chose de magique.

Le vice, en revanche, c'est de franchir le gouffre entre une mélodie de guitare accompagnée d'un chant et une symphonie. Le même gouffre qui sépare les frères Bogdanov d'Einstein.

Imaginez le compositeur qui écrit une symphonie sur une portée, transcrivant sur papier tout l'orchestre qui joue dans sa tête. On parle de génie; de capacités cérébrales hors normes. Un sens inné de la composition. Reste encore à convoquer un orchestre pour savoir ce que ça donne, affiner, retravailler, mais en somme, tout est déjà écrit.

Ce génie-là, c'est ce qui fait toute la différence entre un art majeur et un art mineur.

Voilà qui est dit.

Mais cet art majeur est-il réservé pour autant aux génies ?

Aujourd'hui, la technologie permet de répondre à cette question.

Prenons l'exemple de Garage Band, le logiciel de composition musicale signé Apple.

Les instruments sont là, la timeline vous attend. Au lieu de tout arranger dans sa tête à grands renforts de mescaline, on peut tenter d'approcher le génie en créant, petit à petit, de clic en clic à la souris, de véritables symphonies. Cela peut prendre des heures, des mois, des années, il faut simplement penser à sauvegarder. Le principe est de pouvoir travailler à l'envi, avec autant de pistes et d'instruments que nécessaire, un morceau d'une durée virtuellement illimitée dans le temps. On peut multiplier les variations d'un même morceau, faire une pause d'un mois, reprendre où on en était.

Pensez à Dr Dre, qui reste des nuits entières dans un studio à retravailler un beat. Un studio qui coûte les yeux de la tête !

On peut exporter une version intermédiaire du morceau vers Itunes, puis vers un ipod, et le réécouter en boucle. S'éloigner de la machine pour retrouver le plaisir de l'écoute, devenir simple auditeur, prendre du recul.

La composition à portée de quidam.

Bien évidemment, sans talent, on ne va pas bien loin. On peut s'amuser, jouer les copistes, proposer des remixs de morceaux connus, et c'est déjà ça.

Mais le réel progrès, à la fois technologique et social, c'est l'opportunité de révéler son talent. Plus besoin d'instrument, d'inscription au conservatoire, d'accès privilégié à la musique. Il faut avoir accès à un ordinateur, cela reste une sélection en soi, mais dans une moindre mesure. Les ados peuvent laisser de côté MSN et se mettre à l'œuvre, essayer de composer eux-mêmes leur morceau de techno pour un prochain anniversaire. On peut tester en quelques clics son aptitude musicale - sens du rythme, oreille, sens de l'harmonie…

Avec un peu de travail, le petit génie en herbe peut faire partager son art naissant à ses copains, par mail ou via des sites tels que myspace. Une fois convaincu de son envie et de son talent, il peut jeter son dévolu sur un instrument réel et enrichir son approche de la musique.

Et avec un outil comme Garage Band (Apple), à talent égal, on a certainement plus de chances d'approcher l'art majeur que Guy Béart avec sa guitare.

samedi 27 octobre 2007

Velib de nuit

Encore un dogme qui tombe : je croyais que la première baisse de température aurait raison de ma passion naissante pour le vélib.

Eh bien ce soir, la solution vélib était la plus rapide. 21 minutes entre l'avenue de la grande armée et la porte de St Cloud, borne à borne. En métro, ligne 1 et ligne 9, avec changement à Franklin d. Roosevelt, à 23h, il faut compter environ 30-35 minutes, plus selon le temps d'attente. La nuit, la rue est à nous !

Bien entendu, l'effort compense pas mal la fraîcheur nocturne. Je ne saurais que demain si j'ai attrapé froid.

En attendant, quelle sensation exaltante de liberté !

Seul bémol, en arrivant au port, un petit relâchement d'attention à l'approche de la station de taxis, j'aurais pu me faire renverser si le chauffeur avait démarré un peu vite; je l'avais vu s'avancer légèrement avant de décider de déboîter, j'aurais dû tout simplement rester derrière lui et attendre de voir dans quelle direction il allait partir au lieu de m'engager.

Le vélo à Paris, je le répète, c'est sans danger à condition de rester vigilant à chaque instant.

vendredi 26 octobre 2007

Tout ça pour un téléphone…

Comment séduire, intriguer et divertir le consommateur aujourd'hui ?

Demandez à Steve Jobs, c'est son dada. Le destin de l'Iphone, c'est comme un épisode de Columbo. On connait déjà la fin, mais on reste jusqu'au bout !

Pas besoin de boule de crystal (un marché auquel ne s'intéresse pas encore la firme de Cupertino), on sait déjà que le dernier né frappé d'une pomme croquée va faire un carton à l'occasion des fêtes de fin d'année.

Il aurait été trop simpliste de l'annoncer lors de la toute récente Apple Expo. Trop attendu, le produit ne pouvait que satisfaire. Avec un peu de suspens (sortira, sortira pas ?), l'ombre des géants qui négocient l'avenir de la téléphonie, les théories les plus folles ont envahi le net, éclaboussé la presse traditionnelle, générant le buzz si recherché, celui qui fait pâlir d'envie Bill Gates.

Le phone selon Apple sera sans doute le produit de l'année. Révolutionnaire, ergonomique, beau. Mais pas économique. Un pur produit Apple.

Alors, quel sera votre Iphone ? Désimlocké, importé, envoyé par un ami qui vit dans un pays où tout est permis ? Sobre, vous allez adopter à la fois Apple et Orange, signature de contrat en bonne et due forme, garanti sur facture ?

Tout ce tintamare dans un marché saturé ? La convergence entre informatique informaticienne et grand public en un seul objet ? Plus fort que l'ipod ?

Apple, ou l'art de vendre.

Terminologie du cool

Dans la com, on n'est pas des intellos.

Si on avait fait Polytechnique, on ne serait pas payé à vendre des idées à des vendeurs de yaourts.

On l'aime bien le client, il nous fait vivre juste ce qu'il faut. Il chipote sur les devis, mais bon, on n'a pas trop le choix en même temps. Des fois, le client, il nous met trop la pression. Il nous impose des délais de fou furieux parce que souvent, il comprend pas vraiment notre métier.

Dans le métier, on est obligés d'inventer des mots, parce que c'est pas facile d'exprimer son idée avec très peu de vocabulaire.

Mais la com, au fond, c'est tout simple.

Une pub, c'est carré. Ecran de télé, quatre-par-trois dans le métro, page de magazine. Tout carré, ou rectangulaire si vous voulez, mais vous chipotez. Dans ce carré, on distingue 3 composants : le fond, les textes et les visuels.

Le fond, c 'est le papier. Faut pas que ce soit trop blanc, sinon ça fait vide. Vu ce qu'on facture en fab, vaut mieux pas être radin sur la couleur. La fabrication, c'est tout ce qui tourne autour de l'impression (achat de papier, impression, façonnage, livraison). Vous chipotez, là. Je vais pas tout vous expliquer (j'ai pas le temps). Faites comme moi, quand vous ne savez pas, vous ne dites rien ! Bon, de toutes façons, j'ai besoin d'une petite pause, je vais me fumer une clope, alors je vous accorde encore 5 minutes, mais pas plus, je dois aller à un brainstorming dans 10 minutes (une réunion qui, malgré son nom, ne nécessite pas d'avoir un cerveau).

Les textes, c'est le rédac qui les écrit. Quand le rédac n'est pas dispo, c'est bibi qui s'y colle. Bibi, c'est n'importe qui, après tout, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour trouver une accroche. Une accroche, c'est un bout de texte qui flotte. Il flotte, quand il est posé sur rien, on a l'impression qu'il est en l'air. Le client aime bien quand c'est aéré, mais faut pas que ça flotte trop. C'est quelqu'un de sensible, le client.

Quand c'est pas du texte, c'est du visuel : reuf (rough = esquisse, un dessin quoi), photo, volume (truc pas plat). Un visuel, faut que ça ait de la pêche. Un visuel pas assez péchu, c'est fade. Faut demander au graphiste de le péchufier un peu.

Le graphiste, il est trop fort, il fait des trucs, je pige que dalle. Des années que je le vois faire, et j'ai toujours rien compris. En même temps, c'est pas mon boulot.

Ce que le client aime chez nous, c'est notre réactivité. Les autres, ils dorment, mais nous, on est réactifs ! On nous demande un truc et paf ! on le fait.

Chipotez pas. Rapide, c'est pas pareil. On est ré-a-ctifs. On réagit. On agit. On est trop forts et les autres ils sont trop nuls.

D'ailleurs, on va faire un pot. Pendant un pot, on n'est ni vraiment au boulot, ni vraiment à la maison, on peut se lacher un peu, mais pas trop. Il y a de l'alcool, des chips, un peu de musique, pour fêter un départ, deux arrivées, une compet gagnée et un nouveau budget.

Quoi, on n'a pas le droit de respirer un peu, de s'amuser ?

Vous chipotez vraiment trop. Vous êtes pas cool. Vous n'avez aucun avenir dans la pub.

jeudi 25 octobre 2007

La peur du plafond

Comment faire la différence entre un palier et un plafond ?

En architecture, c'est facile, mais quand il s'agit d'une activité, c'est plus délicat.

On investit du temps, beaucoup d'efforts (hey, jeunes en déroute, suivez ce putain d'exemple), on est très mauvais au début, mais on aime ça quand même, puis ça commence à venir, on a des résultats…

Et là, où en est-on ? Est-ce qu'on commence à devenir vraiment bon, ou bien est-ce que le meilleur est déjà passé ?

Prenez la photo, par exemple. Depuis le dernier élan du numérique, tout le monde est photographe, n'est-ce pas ? Enfin, tout le monde est équipé, mais fort heureusement, il y a toujours un cap à franchir entre l'amateur-qui-se-la-pète et le semi-pro. Le pro, lui, c'est son job, quand vous recevez votre premier chèque pour un travail photographique, vous en êtes…

Qu'est-ce qu'un bon photographe ? Est-ce quelqu'un qui peut à tout moment sortir la bonne photo d'une garden-party ? Est-ce l'artiste qui va faire poser tout le monde d'une certaine manière pour réussir la photo géniale ? Est-ce une question de matériel ? Peut-on parler d'expression par la photo ?

Ok, petite mise au point, à tous les spécialistes-en-herbe de photoshop, un bon photographe n'a pas besoin de photoshop pour une photo "qui déchire". Disons que Photoshop ne fait pas le bonheur photographique, mais il y contribue.

Le matos, c'est très amusant, car c'est comme avec les téléphones portables, c'est parfois le touriste qui est le mieux équipé - du caviard aux poissons rouges ! Le gros Nikon avec téléobjectif à rayure rouge pour snapper ses gamins au jardin d'acclimatation… après tout, quand on a les moyens, pourquoi ne pas se faire plaisir ?

Le gros avantage du numérique, c'est qu'on peut s'exercer à l'infini gratuitement. Il suffit d'acheter un appareil, un petit bridge par exemple, il faut un ordinateur pour le stockage et le retravail, et ne pas avoir peur de déclencher (sans devenir pour ses proches le connard-avec-son-appareil-photo qui plombe les soirées). C'est un bon moyen de savoir si c'est une vraie passion.

Mais avant d'investir dans le matos lourd, celui qui coûte la blinde, qui commence par le mot reflex, suivi des multiples objectifs, il faut pratiquer et se poser la question de la finalité.

C'est là qu'intervient la notion de plafond : tôt ou tard, à force de gravir les palliers, on finit par stagner, soit prendre plus de temps pour atteindre un autre niveau, ou alors carrément bloquer.

Cela fait partie de la joie de l'apprentissage. Certains palliers se franchissent assez vite si on s'accroche, d'autres peuvent prendre des années. Selon son profil, on peut aller plus vite encore que la moyenne.

Pour un autodidacte, c'est encore plus facile de se leurrer, de se satisfaire d'un niveau et d'espérer devenir carrément génial. Heureusement, internet est là pour nous rappeler que le monde est grand et que le talent fourmille. Il est facile de se situer. N'est-ce pas ? Il suffit d'être objectif (woah!).

Grosse hésitation : est-ce qu'il faut se satisfaire de quelques photos sympas avec un reflex tout public, ou bien faut-il aller de l'avant ? Faut-il s'arrêter avant de se retrouver avec 2 téléobjectifs, 3 objectifs à focale fixe et deux boîtiers numériques, et se rendre compte qu'en fin de compte, ce qui sort de l'appareil n'est pas si terrible ?

Après tout, le matos se revend, c'est le principe d'ebay. Mais est-ce qu'il faut en arriver là ?

lundi 22 octobre 2007

La Pub pour les Nuls

Il y a probablement une grille tarifaire qui régit les droits d'utilisation d'une chanson dans une publicité, avec l'accord de l'auteur, de l'éditeur ou des ayant-droit. Si j'étais journaliste, je devrais faire ma recherche et obtenir cette grille avant de l'évoquer, mais ceci n'est qu'un blog, alors nous allons rester dans l'hypothèse.

Tout en haut de cette grille, le plus cher doit être l'utilisation de la chanson originale, qui implique peut-être l'image de l'artiste. Et comme c'est prohibitif, cela doit coûter beaucoup moins cher de la réenregistrer avec un groupe de jeunes, si possible avec un peu de saxophone. Il doit y avoir une astuce, car c'est généralement une version inédite, pour ne pas dire massacrée, qui nous est servie.

Très franchement, c'est assez embarrassant d'entendre un air de Laurent Voulzy sur une pub de pastis, mais à la limite, il eût été préférable que ce soit son interprétation. Utiliser une œuvre d'art pour faire de la pub, c'est délicat; la dénaturer en prime, c'est intolérable.

Mais j'imagine qu'un partenariat avec Laurent Voulzy, en plus de la chanson, c'est plus cher à l'achat. En termes de retombées, ça doit être plus intéressant quand même, et plus satisfaisant d'un point de vue artistique; si ça se trouve, Laurent Voulzy aime bien le pastis…

Le point de vue artistique dans la pub, face aux arguments commerciaux, ou aux arguments des commerciaux…

Le but de la musique, c'est d'accompagner le message publicitaire, pas de lutter avec lui.

En général, à moins que le message d'une chanson colle parfaitement avec le message de l'annonceur, il n'y a pas lieu d'utiliser les parties chantées, à moins de les réinterpréter pour éviter le clash.

Pendant la finale de la Coupe du Monde de rugby, l'Oréal a présenté un gel coiffant, utilisant une version de "Walk Like an Egyptian", vieux tube des Bangles repris plusieurs fois.

La musique colle bien au spot, c'est vivant, ça ne sent pas le réchauffé, on reconnait le titre. En revanche, le texte original ne colle pas vraiment - pas d'égyptien à l'horizon, pas de gens de profil, pas de bras en Z, pas d'identification au clip original, où tout le monde y compris la Statue de la Liberté se livre au pas révisité de l'égyptien.

Et pourtant, en fin de spot, est arrivé le refrain de la chanson, "Walk like an egyptian", sans lien ni avec l'image, le ton, ou l'accroche - les égyptiens utilisaient-ils un gel coiffant ?

A qui doit-on cette intervention ?

Au client, qui estime le coût des droits d'utilisation trop exhorbitant pour ne pas s'assurer que le spectateur la chanson ? C'est à ce genre de considérations qu'on doit l'identification de "Pierre Barthez, champion de tennis", dans plusieurs spots pour Lipton Yellow au milieu des années 80, montrant les limites du partenariat pas cher avec une vieille gloire méconnaissable - Bjorn Borg ne devait pas boire de thé.

Au commercial qui aime bien la chanson, qui pense que ça fait vendre si les gens identifient la marque à un tube, répercutant le succès de la chanson originale sur le produit, peu importe la confusion que cela engendre ?

Au directeur artistique, qui avait proposé la chanson au départ du projet, et qui ne se remet toujours pas du fait qu'on ait privilégié la voie sans égyptiens ?

En principe, quand on fait de la pub, il faut oublier les principes. Il paraît que ça nuit à la créativité. L'important, c'est ce qui reste de ces messages publicitaires. Pierre Barthez était un joueur de tennis, je ne bois toujours pas de thé, et si je veux avoir l'air d'un égyptien, il va falloir que je me coiffe.

samedi 20 octobre 2007

Le jour d'après

Il semble que quelque chose est arrivé en France et la société n'est plus exactement la même.

Le dernier Président de la République était soupçonné de souplesses financières, mais à part une photo en tenue d'Adam rapidement censurée, jamais ses mœurs n'ont fait l'objet d'une quelconque couverture médiatique. Discrétion ou droiture, allez savoir…

Son prédecesseur avait eu une vie sentimentale plus agitée, mais il a fallu un scoop tardif pour découvrir un enfant illégitime, et un récent article dans un magazine pour faire étât offciellement de sa relation avec une chanteuse de renommée internationale, les deux amants étant décédés des années avant la parution de l'article. Discrétion et méthode, deux septennats sans l'ombre d'un scandale.

Aujourd'hui, si on s'intéresse un peu à la vie privée du Président de la République, simple curiosité liée à l'annonce de sa séparation, les choses sont plus compliquées. Hypermédiatique, le Président s'astreint à une forme de transparence presque troublante.

En fait, et c'est assez rassurant, il semble que l'opinion se fiche pas mal de la vie privée du Président. Il reste homme, sa vie subit les mêmes aléas que n'importe qui, cela le rend certainement plus humain aux yeux de l'opinion que certains de ses prédécesseurs, élevés sur un piédestal factice. Il s'inscrit parfaitement dans une société en pleine mutation : les mots "divorce" ou "famille recomposée" sont devenus banals.

D'autres mots entrent dans le language courant, comme "sex buddy" ou "fuck buddy", désignant la même chose, à savoir cette personne avec qui on couche, juste pour s'amuser. Nous vivons une époque moderne, où les gens sont plus fidèles à leur opérateur de téléphone mobile qu'à leur amour.

D'ailleurs, que désigne exactement le "sex buddy" ? Est-ce un partenaire de longue date, disponible en toutes circonstances pour répondre mutuellement à ses besoins naturels ? Est-ce qu'on peut en avoir plusieurs, comme les correspondants, ou est-ce qu'il n'y en a qu'un seul, comme LE confident ? Pourquoi y aurait-il des contraintes, d'ailleurs, le but du jeu étant d'être libre ?

Tu es mon "sex buddy", je te confie toute ma libido, fais-en bon usage… Est-ce qu'on va voir éclore la notion de "sex team", l'équipe de bons potes toujours prêts à assouvir une petite envie ?

Bien entendu, tous ces avatars existent depuis longtemps, ils étaient sans doute réservés à certaines franges plus extrêmes ou insouciantes de la société, à des films interdits, mais il semble que tout cela se démocratise.

De même que l'alcool, autrefois réservé à une partie des adultes, se démocratise chez les jeunes, de plus en plus tôt, tant le besoin de se "démonter la tête" se fait sentir.

Sexe, drogue et alcool ne sont plus des choses exceptionnelles, des moments d'ivresse rares que l'on attend longtemps, ce seraient aujourd'hui des choses banales, nécessaires, parfois exclusives. Enfin, bien entendu, dans des familles laxistes, où les parents sont absents même quand ils sont présents, où les enfants sont soi-disant autonomes, laissés pour compte.

C'est inquiétant, parce que toutes ces activités à haute dose trop tôt ne mènent à rien, si ce n'est au désenchantement. L'excès de plaisir n'amène pas à plus de plaisir, il l'ascepstise. Et pendant qu'on sort, qu'on boit, qu'on se saute dessus les uns les autres, en dehors ou parfois à la place des heures de lycée ou de collège, on ne fait pas grand chose de sa vie.

Pendant qu'on se démonte la tête, seul le corps continue à vivre, l'esprit est emprisonné. Si les jeunes ont autant besoin de faire taire leur cerveau, c'est sans doute parce qu'ils se sentent mal, ils ont besoin de fuir la réalité, et c'est grave. "Tais-toi cerveau ou je te tue avec un coton-tige !" Homer Simpson dans le texte, sur les lèvres de nos enfants.

Notre Président n'a aucun souci à se faire pour son image : il a un bon job, il a la classe et il ne boit pas d'alcool. C'est un excellent exemple pour la jeunesse !

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