Comment faire la différence entre un palier et un plafond ?
En architecture, c'est facile, mais quand il s'agit d'une activité, c'est plus délicat.
On investit du temps, beaucoup d'efforts (hey, jeunes en déroute, suivez ce putain d'exemple), on est très mauvais au début, mais on aime ça quand même, puis ça commence à venir, on a des résultats…
Et là, où en est-on ? Est-ce qu'on commence à devenir vraiment bon, ou bien est-ce que le meilleur est déjà passé ?
Prenez la photo, par exemple. Depuis le dernier élan du numérique, tout le monde est photographe, n'est-ce pas ? Enfin, tout le monde est équipé, mais fort heureusement, il y a toujours un cap à franchir entre l'amateur-qui-se-la-pète et le semi-pro. Le pro, lui, c'est son job, quand vous recevez votre premier chèque pour un travail photographique, vous en êtes…
Qu'est-ce qu'un bon photographe ? Est-ce quelqu'un qui peut à tout moment sortir la bonne photo d'une garden-party ? Est-ce l'artiste qui va faire poser tout le monde d'une certaine manière pour réussir la photo géniale ? Est-ce une question de matériel ? Peut-on parler d'expression par la photo ?
Ok, petite mise au point, à tous les spécialistes-en-herbe de photoshop, un bon photographe n'a pas besoin de photoshop pour une photo "qui déchire". Disons que Photoshop ne fait pas le bonheur photographique, mais il y contribue.
Le matos, c'est très amusant, car c'est comme avec les téléphones portables, c'est parfois le touriste qui est le mieux équipé - du caviard aux poissons rouges ! Le gros Nikon avec téléobjectif à rayure rouge pour snapper ses gamins au jardin d'acclimatation… après tout, quand on a les moyens, pourquoi ne pas se faire plaisir ?
Le gros avantage du numérique, c'est qu'on peut s'exercer à l'infini gratuitement. Il suffit d'acheter un appareil, un petit bridge par exemple, il faut un ordinateur pour le stockage et le retravail, et ne pas avoir peur de déclencher (sans devenir pour ses proches le connard-avec-son-appareil-photo qui plombe les soirées). C'est un bon moyen de savoir si c'est une vraie passion.
Mais avant d'investir dans le matos lourd, celui qui coûte la blinde, qui commence par le mot reflex, suivi des multiples objectifs, il faut pratiquer et se poser la question de la finalité.
C'est là qu'intervient la notion de plafond : tôt ou tard, à force de gravir les palliers, on finit par stagner, soit prendre plus de temps pour atteindre un autre niveau, ou alors carrément bloquer.
Cela fait partie de la joie de l'apprentissage. Certains palliers se franchissent assez vite si on s'accroche, d'autres peuvent prendre des années. Selon son profil, on peut aller plus vite encore que la moyenne.
Pour un autodidacte, c'est encore plus facile de se leurrer, de se satisfaire d'un niveau et d'espérer devenir carrément génial. Heureusement, internet est là pour nous rappeler que le monde est grand et que le talent fourmille. Il est facile de se situer. N'est-ce pas ? Il suffit d'être objectif (woah!).
Grosse hésitation : est-ce qu'il faut se satisfaire de quelques photos sympas avec un reflex tout public, ou bien faut-il aller de l'avant ? Faut-il s'arrêter avant de se retrouver avec 2 téléobjectifs, 3 objectifs à focale fixe et deux boîtiers numériques, et se rendre compte qu'en fin de compte, ce qui sort de l'appareil n'est pas si terrible ?
Après tout, le matos se revend, c'est le principe d'ebay. Mais est-ce qu'il faut en arriver là ?