Quidamned !

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jeudi 25 octobre 2007

La peur du plafond

Comment faire la différence entre un palier et un plafond ?

En architecture, c'est facile, mais quand il s'agit d'une activité, c'est plus délicat.

On investit du temps, beaucoup d'efforts (hey, jeunes en déroute, suivez ce putain d'exemple), on est très mauvais au début, mais on aime ça quand même, puis ça commence à venir, on a des résultats…

Et là, où en est-on ? Est-ce qu'on commence à devenir vraiment bon, ou bien est-ce que le meilleur est déjà passé ?

Prenez la photo, par exemple. Depuis le dernier élan du numérique, tout le monde est photographe, n'est-ce pas ? Enfin, tout le monde est équipé, mais fort heureusement, il y a toujours un cap à franchir entre l'amateur-qui-se-la-pète et le semi-pro. Le pro, lui, c'est son job, quand vous recevez votre premier chèque pour un travail photographique, vous en êtes…

Qu'est-ce qu'un bon photographe ? Est-ce quelqu'un qui peut à tout moment sortir la bonne photo d'une garden-party ? Est-ce l'artiste qui va faire poser tout le monde d'une certaine manière pour réussir la photo géniale ? Est-ce une question de matériel ? Peut-on parler d'expression par la photo ?

Ok, petite mise au point, à tous les spécialistes-en-herbe de photoshop, un bon photographe n'a pas besoin de photoshop pour une photo "qui déchire". Disons que Photoshop ne fait pas le bonheur photographique, mais il y contribue.

Le matos, c'est très amusant, car c'est comme avec les téléphones portables, c'est parfois le touriste qui est le mieux équipé - du caviard aux poissons rouges ! Le gros Nikon avec téléobjectif à rayure rouge pour snapper ses gamins au jardin d'acclimatation… après tout, quand on a les moyens, pourquoi ne pas se faire plaisir ?

Le gros avantage du numérique, c'est qu'on peut s'exercer à l'infini gratuitement. Il suffit d'acheter un appareil, un petit bridge par exemple, il faut un ordinateur pour le stockage et le retravail, et ne pas avoir peur de déclencher (sans devenir pour ses proches le connard-avec-son-appareil-photo qui plombe les soirées). C'est un bon moyen de savoir si c'est une vraie passion.

Mais avant d'investir dans le matos lourd, celui qui coûte la blinde, qui commence par le mot reflex, suivi des multiples objectifs, il faut pratiquer et se poser la question de la finalité.

C'est là qu'intervient la notion de plafond : tôt ou tard, à force de gravir les palliers, on finit par stagner, soit prendre plus de temps pour atteindre un autre niveau, ou alors carrément bloquer.

Cela fait partie de la joie de l'apprentissage. Certains palliers se franchissent assez vite si on s'accroche, d'autres peuvent prendre des années. Selon son profil, on peut aller plus vite encore que la moyenne.

Pour un autodidacte, c'est encore plus facile de se leurrer, de se satisfaire d'un niveau et d'espérer devenir carrément génial. Heureusement, internet est là pour nous rappeler que le monde est grand et que le talent fourmille. Il est facile de se situer. N'est-ce pas ? Il suffit d'être objectif (woah!).

Grosse hésitation : est-ce qu'il faut se satisfaire de quelques photos sympas avec un reflex tout public, ou bien faut-il aller de l'avant ? Faut-il s'arrêter avant de se retrouver avec 2 téléobjectifs, 3 objectifs à focale fixe et deux boîtiers numériques, et se rendre compte qu'en fin de compte, ce qui sort de l'appareil n'est pas si terrible ?

Après tout, le matos se revend, c'est le principe d'ebay. Mais est-ce qu'il faut en arriver là ?

lundi 22 octobre 2007

La Pub pour les Nuls

Il y a probablement une grille tarifaire qui régit les droits d'utilisation d'une chanson dans une publicité, avec l'accord de l'auteur, de l'éditeur ou des ayant-droit. Si j'étais journaliste, je devrais faire ma recherche et obtenir cette grille avant de l'évoquer, mais ceci n'est qu'un blog, alors nous allons rester dans l'hypothèse.

Tout en haut de cette grille, le plus cher doit être l'utilisation de la chanson originale, qui implique peut-être l'image de l'artiste. Et comme c'est prohibitif, cela doit coûter beaucoup moins cher de la réenregistrer avec un groupe de jeunes, si possible avec un peu de saxophone. Il doit y avoir une astuce, car c'est généralement une version inédite, pour ne pas dire massacrée, qui nous est servie.

Très franchement, c'est assez embarrassant d'entendre un air de Laurent Voulzy sur une pub de pastis, mais à la limite, il eût été préférable que ce soit son interprétation. Utiliser une œuvre d'art pour faire de la pub, c'est délicat; la dénaturer en prime, c'est intolérable.

Mais j'imagine qu'un partenariat avec Laurent Voulzy, en plus de la chanson, c'est plus cher à l'achat. En termes de retombées, ça doit être plus intéressant quand même, et plus satisfaisant d'un point de vue artistique; si ça se trouve, Laurent Voulzy aime bien le pastis…

Le point de vue artistique dans la pub, face aux arguments commerciaux, ou aux arguments des commerciaux…

Le but de la musique, c'est d'accompagner le message publicitaire, pas de lutter avec lui.

En général, à moins que le message d'une chanson colle parfaitement avec le message de l'annonceur, il n'y a pas lieu d'utiliser les parties chantées, à moins de les réinterpréter pour éviter le clash.

Pendant la finale de la Coupe du Monde de rugby, l'Oréal a présenté un gel coiffant, utilisant une version de "Walk Like an Egyptian", vieux tube des Bangles repris plusieurs fois.

La musique colle bien au spot, c'est vivant, ça ne sent pas le réchauffé, on reconnait le titre. En revanche, le texte original ne colle pas vraiment - pas d'égyptien à l'horizon, pas de gens de profil, pas de bras en Z, pas d'identification au clip original, où tout le monde y compris la Statue de la Liberté se livre au pas révisité de l'égyptien.

Et pourtant, en fin de spot, est arrivé le refrain de la chanson, "Walk like an egyptian", sans lien ni avec l'image, le ton, ou l'accroche - les égyptiens utilisaient-ils un gel coiffant ?

A qui doit-on cette intervention ?

Au client, qui estime le coût des droits d'utilisation trop exhorbitant pour ne pas s'assurer que le spectateur la chanson ? C'est à ce genre de considérations qu'on doit l'identification de "Pierre Barthez, champion de tennis", dans plusieurs spots pour Lipton Yellow au milieu des années 80, montrant les limites du partenariat pas cher avec une vieille gloire méconnaissable - Bjorn Borg ne devait pas boire de thé.

Au commercial qui aime bien la chanson, qui pense que ça fait vendre si les gens identifient la marque à un tube, répercutant le succès de la chanson originale sur le produit, peu importe la confusion que cela engendre ?

Au directeur artistique, qui avait proposé la chanson au départ du projet, et qui ne se remet toujours pas du fait qu'on ait privilégié la voie sans égyptiens ?

En principe, quand on fait de la pub, il faut oublier les principes. Il paraît que ça nuit à la créativité. L'important, c'est ce qui reste de ces messages publicitaires. Pierre Barthez était un joueur de tennis, je ne bois toujours pas de thé, et si je veux avoir l'air d'un égyptien, il va falloir que je me coiffe.

samedi 20 octobre 2007

Le jour d'après

Il semble que quelque chose est arrivé en France et la société n'est plus exactement la même.

Le dernier Président de la République était soupçonné de souplesses financières, mais à part une photo en tenue d'Adam rapidement censurée, jamais ses mœurs n'ont fait l'objet d'une quelconque couverture médiatique. Discrétion ou droiture, allez savoir…

Son prédecesseur avait eu une vie sentimentale plus agitée, mais il a fallu un scoop tardif pour découvrir un enfant illégitime, et un récent article dans un magazine pour faire étât offciellement de sa relation avec une chanteuse de renommée internationale, les deux amants étant décédés des années avant la parution de l'article. Discrétion et méthode, deux septennats sans l'ombre d'un scandale.

Aujourd'hui, si on s'intéresse un peu à la vie privée du Président de la République, simple curiosité liée à l'annonce de sa séparation, les choses sont plus compliquées. Hypermédiatique, le Président s'astreint à une forme de transparence presque troublante.

En fait, et c'est assez rassurant, il semble que l'opinion se fiche pas mal de la vie privée du Président. Il reste homme, sa vie subit les mêmes aléas que n'importe qui, cela le rend certainement plus humain aux yeux de l'opinion que certains de ses prédécesseurs, élevés sur un piédestal factice. Il s'inscrit parfaitement dans une société en pleine mutation : les mots "divorce" ou "famille recomposée" sont devenus banals.

D'autres mots entrent dans le language courant, comme "sex buddy" ou "fuck buddy", désignant la même chose, à savoir cette personne avec qui on couche, juste pour s'amuser. Nous vivons une époque moderne, où les gens sont plus fidèles à leur opérateur de téléphone mobile qu'à leur amour.

D'ailleurs, que désigne exactement le "sex buddy" ? Est-ce un partenaire de longue date, disponible en toutes circonstances pour répondre mutuellement à ses besoins naturels ? Est-ce qu'on peut en avoir plusieurs, comme les correspondants, ou est-ce qu'il n'y en a qu'un seul, comme LE confident ? Pourquoi y aurait-il des contraintes, d'ailleurs, le but du jeu étant d'être libre ?

Tu es mon "sex buddy", je te confie toute ma libido, fais-en bon usage… Est-ce qu'on va voir éclore la notion de "sex team", l'équipe de bons potes toujours prêts à assouvir une petite envie ?

Bien entendu, tous ces avatars existent depuis longtemps, ils étaient sans doute réservés à certaines franges plus extrêmes ou insouciantes de la société, à des films interdits, mais il semble que tout cela se démocratise.

De même que l'alcool, autrefois réservé à une partie des adultes, se démocratise chez les jeunes, de plus en plus tôt, tant le besoin de se "démonter la tête" se fait sentir.

Sexe, drogue et alcool ne sont plus des choses exceptionnelles, des moments d'ivresse rares que l'on attend longtemps, ce seraient aujourd'hui des choses banales, nécessaires, parfois exclusives. Enfin, bien entendu, dans des familles laxistes, où les parents sont absents même quand ils sont présents, où les enfants sont soi-disant autonomes, laissés pour compte.

C'est inquiétant, parce que toutes ces activités à haute dose trop tôt ne mènent à rien, si ce n'est au désenchantement. L'excès de plaisir n'amène pas à plus de plaisir, il l'ascepstise. Et pendant qu'on sort, qu'on boit, qu'on se saute dessus les uns les autres, en dehors ou parfois à la place des heures de lycée ou de collège, on ne fait pas grand chose de sa vie.

Pendant qu'on se démonte la tête, seul le corps continue à vivre, l'esprit est emprisonné. Si les jeunes ont autant besoin de faire taire leur cerveau, c'est sans doute parce qu'ils se sentent mal, ils ont besoin de fuir la réalité, et c'est grave. "Tais-toi cerveau ou je te tue avec un coton-tige !" Homer Simpson dans le texte, sur les lèvres de nos enfants.

Notre Président n'a aucun souci à se faire pour son image : il a un bon job, il a la classe et il ne boit pas d'alcool. C'est un excellent exemple pour la jeunesse !

jeudi 18 octobre 2007

L'extase de l'or

L'extase de l'or, c'est un titre d'Ennio Morricone.

C'est aussi la musique d'intro de chaque concert de Metallica depuis une bonne dizaine (ooops, vingtaine, je me fais vieux !) d'années.

Dans le film dont elle est tirée, elle accompagne la course de Tuco (le truand), une petite ruée vers l'or toute personnelle, sous le regard attentif des deux autres personnages principaux interprétés par Lee Van Cleef (la brute) et Clint Eastwood (le bon). La scène se passe dans un cimetière, puisque le trésor se trouve dans une tombe. Une séquence typique du western spaghetti.

Cette chasse au trésor, cette soif d'or, l'impression que tout va se régler si la quête atteint son but, et qui provoque cette euphorie quand le but se rapproche, tout cela se retrouve dans la musique d'Ennio Morricone, traversant les âges.

Aujourd'hui, rien n'a changé.

L'or est toujours là, précieux et improbable trésor. Il attise toujours la convoitise, facilite la duperie, et rend certainement plus malheureux encore la majorité d'éternels perdants qu'il tient en dépendance.

L'or n'est pas dans une tombe, mais inscrit sur un ticket de lotterie, sur une carte à gratter.

C'est une carte de baseball d'Honus Wagner, vendue 2,8 millions de dollars en février dernier.

C'est un panier de basket marqué des 3/4 du terrain par un jeune noir lors d'un concours à Chicago, qui rapporte 1 million de dollars.

C'est une balle de baseball frappée par Barry Bonds à San Francisco devant 43154 personnes, attrappée par un jeune fan, revendue 752,467.20 dollars en 31 enchères.

L'extase de l'or, c'est l'ivresse de la découverte, le soulagement de la quête aboutie, l'illusion que tout problème est enfin résolu. Mais l'or n'est pas une fin en soi. Ce n'est pas le jugement dernier. Ce n'est qu'un moyen d'accéder à autre chose. L'extase ne dure qu'un instant, c'est toute sa valeur.

Imaginez l'heureux gagnant de l'Euromillion, après une nuit de fête, finissant par revenir à la réalité, avec son butin et une existence à poursuivre, se demandant bêtement : "Que faire, maintenant ?"

lundi 15 octobre 2007

J'ai encoré débranché ma télé !

On le sait, un événement comme la Coupe du Monde de rugby modifie les comportements de consommation.

Certains billets se sont revendus à hauteur de 500 euros pendant la semaine pour le match de ce samedi, opposant la France à l'Angleterre au Stade de France.

Moi, j'ai été contraint d'acheter un cable d'antenne pour la somme exacte de 5,99 euros. Et pourtant, je ne suis pas à proprement parler un fan de rugby.

Le plus fou, c'est que je suis quand même passé dans le rayon des décodeurs TNT avant de faire mon choix. Qui sait de combien la note aurait été agravée si un vendeur de ce grand magasin avait été disponible ?

Ceci dit, ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas collé devant l'écran à 21h, j'ai donc échappé à la pub.

Enfin, presque.

Pendant la mi-temps, j'ai pris un malin plaisir à regarder qui avait déboursé les 180 000 euros annoncés pour faire parler de sa marque. Et je n'ai pas été déçu, car j'ai pu constater avec quelle aisance la chaîne a compacté les différents messages, alternant les courtes séquences des annonceurs avec sa propre promo. Je n'avais jamais vu un tel saucisonnage.

Dès la fin du match, j'ai tout naturellement débranché et soigneusement enroulé mon cable presque neuf, et je le ressortirai à la prochaine Coupe du Monde. Cette discipline me fait gagner environ 1h30 d'activité par jour.

Il n'y a pas d'homme indésirable

Que peut-on faire pour un homme qui tombe dans la zone "indésirable" ? Vous savez, cet endroit sordide que tout le monde traverse un jour, où aucune femme au monde ne veut de vous.

Ne riez pas, n'essayez pas de dire que ça n'arrive jamais, ça arrive à tout le monde, vous dis-je. Et vous devriez savoir que je n'aime pas me répéter.

Cette zone indésirable, j'y ai séjourné tellement longtemps que j'ai fini par payer un loyer.

Aujourd'hui, je partage mon temps comme beaucoup de trentenaires, entre différentes zones plus ou moins chaudes, dans lesquelles on ne s'ennuie jamais. Si tout se passe bien, ça va durer encore une bonne vingtaine d'années, peut-être même plus grâce au Viagra et à la fortune qui m'attend - vous savez, celle qui attend probablement tout gratteur de Millionnaire.

De mon paradis tropical, j'ai une vue imprenable sur la zone "indésirable", et je suis sidéré de voir les gens qui y sont actuellement. Sidéré !

C'est comme cette fille exceptionnelle que vous croisez dans la rue, vous vous retournez pour voir qui elle embrasse, et vous voyez une sorte de singe imberbe avec plus de défauts et de boutons que vous à l'adolescence, fringué comme Ken le Survivant, qui l'engueule comme une tapineuse fatiguée parce qu'il est en retard, mais comme elle n'a pas branché son téléphone, il n'a pas pu la prévenir. Histoire authentique, un peu datée, je vous l'accorde.

Il y a en ce moment même des mecs extraordinaires qui doutent de leur pouvoir de séduction (de leur virilité parfois !) alors que des filles extrêmes gâchent leurs plus belles années avec des zombies.

Alors mon message à tous ces beaux mecs à la tête bien faite et bien pleine est le suivant : démaquez ! Arrêtez de cibler les filles célibataires, ne vous considérez pas comme un salaud si vous entreprenez une fille qui s'ennuie avec son mec. Superman, le sauveur de ces demoiselles, c'est vous. Libérez l'Eminem qui est en vous, souquez les artibans, et à l'abordage !

Quoi quoi quoi ? La peur de prendre un rateau (la fille qui dit non, en langage ado du début 90) ?

Prenez des risques. Recevez une gifle ! Commandez un aller-retour avec chevalière ! Si vous vous plantez, plantez-vous carrément, mais tentez votre chance au lieu de rester chez vous ou de vous réfugier dans votre travail.

Nous sommes dans un pays froid, avec une fracture sociale encore plus évidente en matière de mœurs. Il faut se battre pour arriver à séduire une femme, remplir des formulaires interminables, montrer six fois patte blanche avant de décrocher une audition et lutter contre des principes moyen-ageux pour atteindre, enfin, le grand bonheur. Alors si vous hésitez ou si vous cherchez la voie la plus simple en apparence, vous ne faites qu'allonger le temps d'attente. Pour info, une fille célibataire, c'est comme un chômeur, il y a une bonne raison pour ça. La disponibilité n'est pas un garantie de réussite : elle sait déjà ce que c'est que de vivre sans, elle a eu le temps de réaliser que ce n'est pas plus mal, elle n'est donc pas pressée de se remettre avec un mec et elle vous le fera comprendre très vite.

Alors n'hésitez plus.

Allez donc me chercher cette vie de rêve avec la fille qu'il vous faut !

Vous ferez trois heureux : vous, elle et moi.

dimanche 14 octobre 2007

Glissade fatale

Très technique, cette attitude stoïque devant le ballon qui rebondit. Imperturbable malgré l'arrivée en trombe d'un anglais, qui ne se pose pas de questions à quelques mètres de la ligne d'enbut. Ce joueur français, qui avait tout le temps de saisir la balle ovale, doit mal dormir à l'heure qu'il est.

Son pied et la pelouse l'ont trahi, il a perdu l'équilibre au plus mauvais moment, et la balle a changé de camp.

À peine le match commencé, les Anglais ont pris 5 points d'avance, ce qui a fait exactement la différence au bout du compte.

On ne devrait pas résumer une rencontre en une action. Il serait injuste de crier à la faute, et de faire porter le poids de la défaite à un seul joueur parmi les 15, 18 ou 30 de cette grande équipe.

Mais ni lui, ni le reste du monde ne pourront s'empêcher de se demander ce qui serait arrivé s'il avait agi autrement à cet instant précis, s'il avait simplement attrappé le ballon dès qu'il le pouvait. Et c'est bien la preuve que même dans un sport aussi collectif que le rugby, un homme et un seul peut détenir les clés d'une rencontre. Un homme peut changer le cours du match.

Un geste peut faire la différence entre un demi-finaliste et un finaliste, voire même un champion.

Il a été dit que si le XV de France remportait la Coupe du Monde, tous les indicateurs économiques du pays passeraient au vert. Damien Traille devra-t-il donc aussi assumer la responsabilité d'une éventuelle crise économique ?

Moment de vérité

A quel moment sait-on qui on est censé devenir ?

Tiger Woods a dû comprendre assez rapidement qu'il était fait pour jouer au golf, mais quand a-t-il réalisé qu'il était capable de dominer son sport au point de devenir le sportif le plus riche de tous les temps ?

Pour un Matt Damon ou un David Duchovny, quel a été le tournant de leur carrière ? La différence entre un petit rôle dans une série télé et la tête d'affiche d'un film a gros budget ?

Qu'est-ce qui permet à ces individus de maîtriser leur rôle dans les moindres détails, d'être au top au moment où tous les autres intervenants du business font leur travail, de réaliser leur performance au moment où tout fonctionne pour eux ?

Pour nous, simples mortels, la question se pose clairement : comment réussir à tout faire fonctionner en même temps, convaincre tout le monde de suivre le mouvement et se convaincre soi-même que c'est le bon moment pour exprimer ce minuscule talent ?

A quel moment faut-il savoir prendre confiance, ne faire confiance qu'à soi-même, se lancer à corps perdu pour atteindre un sommet ? Est-ce qu'on sait déjà avec certitude que l'on va réussir ? Ou bien est-ce qu'on n'a jamais cette certitude ?

Est-ce que c'est l'incertitude qui pousse à l'exploit ?

Il faudrait être prêt à assumer les conséquences en cas d'échec, notamment pour un choix de carrière.

James Hetfield a abandonné son job dans une usine de stickers au début des années 80 pour se produire en Europe avec une petite formation nommée Metallica (le groupe qui a attiré le plus de spectateurs en Amérique du Nord dans les années 90). Est-ce qu'il avait peur ? Est-ce qu'il est rassuré aujourd'hui ?

Mais dites donc…

Quand on devient adulte, on ne devrait plus avoir peur. Il faut prendre des décisions, avancer, ne plus regarder derrière soi.

En principe, qui ne tente rien n'a rien. On n'a donc pas le choix, il faut se jeter à l'eau tôt ou tard.

Peut-être que tous les Tiger Woods du monde n'ont pas autant réfléchi; certains ont pris une bonne cuite pour oublier, d'autres sont simplement allés se coucher.

Au moment le plus important de ma carrière, après avoir retourné la question dans ma tête pendant 10 minutes, c'est exactement ce que je vais faire.

Finie la psychose. La nuit porte conseil.

Et demain, je mets les bouchées doubles. Ce qui me manque en talent, je le compenserai par le travail.

Voilà mes certitudes !

vendredi 12 octobre 2007

Coca-cola, big mac et Chabal

Que faire, que dire, pour se faire remarquer sur le net ?

Parler de vélib, ça, c'est déjà fait. Et encore, je n'ai pas tout dit !

Citer des marques archi-connues pour que cela ne passe pas pour de la publicité : Google, Pepsi, Pizza Hut, Microsoft, Apple, Mc Donald's.

Evoquer des hommes politiques qui font parler d'eux : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal.

Choisir des créneaux moins à la mode pour remonter au top des recherches Google : Jean Ferrat, Olivetti, Tati, Jacques Toubon.

Attirer l'attention de ceux qui surveillent le net, sans toutefois les citer directement : Bleu Marine, Commissaire Mégret,

Citer des associations, du coup : act'up, Emmaüs, attac.

Ah, surtout ce weekend, parler de sport, en feignant de chercher un angle moderne : savez-vous que Chabal aurait été relooké ?

Voilà, on a fait à peu près le tour. Ah, l'élément excitant ? La petite touche féminine qui attire les curieux ? Le bon mot, qui revient certainement dans 1 requête sur 10 : nymphomane.

Avec ça, si vous n'arrivez pas à trouver cette page, c'est qu'il y a conspiration !

D'ailleurs, si vous découvrez ce site pour la première fois, bienvenu, mais je ne vous félicite pas : vous êtes victime de la pub !

Si ce n'est pas cassé, c'est que ça marche encore

Voilà une belle leçon à retenir après quelques années passées en PME : tant que ça passe, tout va bien. Le jour où ça cassera, on avisera.

L'essentiel, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas de problème. On est vendredi, on a encore passé une semaine sans que ça ne gueule trop, on verra bien la semaine prochaine.

Cette règle est valable aussi bien pour le matériel que pour l'humain.

Tant que les gens ne sont pas cassés complètement, juste usés, on peut continuer à s'appuyer dessus. Mettre la pression.

Ils finiront bien par casser, on les remplacera par les suivants, plus jeunes, plus robustes, moins gourmands en salaire.

En attendant, qu'est-ce qu'ils résistent ! On aurait tort de se priver…

Si les gens ne sont pas épuisés et au bord de la crise de nerf le jeudi soir, c'est qu'on a raté quelque chose. En serrant un peu la vis, on aurait pu leur faire faire plus, pour le même tarif. Intolérable manque à gagner !

Une bonne entreprise, c'est avant tout des bons principes.

mercredi 10 octobre 2007

Velib : jour n°3

J'ai trouvé le très bon point du vélib, après quelques voyages.

Il faut du temps pour s'en apercevoir, car c'est quelque chose qui a disparu, par rapport au bon vieux vélo familial.

Le problème du vélo, pour le cycliste occasionnel, c'est la selle. La première fois fait toujours très mal. Et la seconde est une petite torture, comme on ne s'est pas remis de la première.

Eh bien ce vélib, objet lourd auquel on trouve tous les défauts de la terre sur les divers forums, est non seulement une bicyclette très correcte, mais surtout extrêmement confortable !

On peut rire au nez de ces mécréants qui ont comparé le prix de location effectif du bolide à celui d'un vélo d'entrée de gamme, selon des procédés douteux, du reste; le tarif est fait pour vous inciter à ne pas garder le bolide, juste à faire un trajet, de moins d'une demi-heure si vous voulez éviter l'euro forfaitaire, de moins d'une heure si vous estimez qu'un euro, ce n'est pas cher payé. Dans une ville comme Paris, avec ses grands axes et une répartition équitable des stations velib, cela vous permet de couvrir à peu près toutes les distances. C'est comme le métro, on ne vous demande pas d'y séjourner, mais juste d'y passer.

Et puis vous pouvez toujours faire le tour des magasins avant de trouver une selle aussi bien étudiée. Un conseil, ne vous arrêtez pas au rayon VTT, filez directement voir les vélos suédois - ceux où l'on se tient droit, qui ne nécessitent pas un coup de pied de karatéka pour les enfourcher.

C'est un peu comme le prix de la bouteille d'eau. Le format 50cl, que vous achetez le midi pour accompagner votre déjeuner, est bien plus chère en comparaison du format 150cl (ou 1,5l) que vous achetez en faisant vos courses au supermarché. Idem pour le sandwitch à l'aéroport, comparé à celui du centre ville, ou encore à celui que vous préparez chez vous. Ibidem pour le pop corn maison, celui du supermarché, ou de la salle de cinéma - il a le même goût, mais la note est toujours plus salée. Ce n'est pas le même produit, tout simplement, il est donc inutile et vicié de tenter de les comparer.

Le velib, je le prends, je roule, et je le jette (à une station en exigeant mon reçu). C'est le vélo jetable, zéro encombrement hors utilisation, disponible partout dans Paris.

Aujourd'hui, finie la période d'essai, je suis convaincu. Je me permets donc de le recommander, avec la plus grande prudence, bien entendu.

dimanche 7 octobre 2007

Une victoire française

Vaincus, les fameux all-blacks !

A une transformation près, la leur, ratée à la 63ème minute, ou la nôtre, réussie à la 70ème.

La nôtre, dis-je, car la transformation ou la victoire du XV de France, comme une éventuelle défaite, c'est la nôtre.

Je ne joue pas au rugby, je laisse ça aux toulousains de plus de 110 kilos. Je fais certainement le poids, mais pas en muscle; mes genoux et mes chevilles ne me permettraient plus de réaliser un bon cadrage-débordement, et mon corps dans son ensemble vivrait très mal le plus délicat des plaquages.

J'étais assoupi, quand une vague de joie me tira du lit, une expression spontanée et générale de satisfaction comme on n'en avait pas entendue depuis 1998. Tout le quartier qui s'embrase, unanime dans cet instant.

C'est fait. Nous avons gagné.

Un sentiment unique. Rapidement confirmé en consultant le site de référence, lequipe.fr.

Une ambiance de stade, là, chez nous, dans nos foyers.

Et une minute après, plus rien. Comme pour rappeler que ce n'est qu'une étape, le droit de jouer une demi-finale contre les Anglais.

A quoi pensent-ils, les joueurs du XV de France aujourd'hui ? Font-ils la fête, ou se préparent-ils déjà à la prochaine rencontre ? Est-ce qu'ils croient en leurs chances de remporter la Coupe du Monde ?

Cela va peut se jouer à si peu…

jeudi 4 octobre 2007

Velib - Jour n°2

Pas facile de trouver un velib disponible aux heures de sortie de bureau.

Rapide consultation du site internet : trois bornes à proximité, avec respectivement 5, 3 et 2 vélos disponibles. La station aux 5 vélos est située dans la zone la plus fréquentée; les vélos risquent de partir vite, mais il peut en arriver autant. Let's go !

Fatalement, une fois sur place, plus un vélo… A peine arrivés, les bolides repartent. Elle marche très fort, cette opération !

Les vélos finissent pas arriver en nombre, c'est l'aubaine. Enfin presque; quand la borne affiche une page de démarrage de Windows, ce n'est pas la peine d'insister…

On ne se décourage pas, on cherche une station non loin de là. Un vélo disponible cette fois, mais immobilisé par un déraillement. Il ne faut pas être pressé, vu le nombre de vélibs en circulation, en toute probabilité, l'attente ne doit pas être si longue…

Hélas, muni d'un ticket (je suis toujours en phase de test), j'ai un handicap majeur sur l'usager à carte, qui doit simplement présenter son sésame magnétique sur la bite d'amarage du vélib, alors que je dois m'affranchir d'une procédure en 5 actes sur la borne principale. Et ça ne rate pas : après avoir attendu gentiment, seul sur la station déserte, qu'un usager veuille bien raccrocher son deux-roues, je me fais prendre de vitesse par une dame d'un certain age (et d'un poids certain) qui, munie de son pass Navigo et en faisant un sourire complice au cycliste sortant, se saisit du vélib qui m'était destiné ! Pour mon intervention, trop improvisée pour faire l'objet d'une mention ici, j'ai eu droit à un trésor de sagesse : "J'ai une carte, je m'en sers." Après réflexion, j'avais un pied, moi aussi, et j'aurais dû m'en servir; mais je ne suis pas du genre à troubler l'ordre public, surtout sans l'espoir d'apprendre les bonnes manières à cette brave dame.

Fâché, mais plus surpris (c'est la deuxième fois en deux expériences que cette aventure m'arrive, les gens sont ce qu'ils sont), quelque minutes plus tard, un nouveau vélo est rentré au bercail, et j'ai passé mes nerfs sur les pédales, rattrappant probablement mon retard.

Et c'est une fois sur le vélo, en oubliant les difficultés pour en arriver là, qu'on apprécie l'expérience. Quelle joie de rouler, à si peu de frais, sur un tel engin !

Quel bonheur de s'arrêter au feu rouge, de poser le pied à terre, et de penser à tous ces nigauds qui noircissent le web de leurs complaintes !

Celui qui trouve trop chère l'amende à 90 euros pour avoir grillé un feu rouge en vélib ? Arrête ton char ! Si on m'y prend, faites-moi payer le prix fort ! Ce n'est pourtant pas compliqué de s'arrêter; il n'y a aucune excuse ! C'est sur, dès qu'on s'arrête, on perd du temps; parfois, la rue étant déserte, c'est un peu agaçant de devoir attendre son tour… mais c'est le code ! Il faut être bête et discipliné ! Ce n'est pas compliqué… Et s'il faut faire casquer 90 euros pour faire prendre le pli, pourquoi pas ? Enrichissez l'Etat, il a besoin de vous…

Celui qui trouve qu'une demi-heure gratuite, ce n'est pas assez. Cela me rappelle un client dans une boulangerie qui, ayant commandé une demi-baguette qu'il trouvait trop petite, demandait pourquoi on ne mettait pas plus de pâte. Donnez du gratuit, on vous en demandera toujours plus.

Celui qui détaille toutes ses mésaventures, du déraillement au guidon défectueux… Comme si sous prétexte qu'on paie un service, on doit être prémuni de tout souci mécanique !

Jusqu'ici, je n'ai pas eu de crevaison, de déraillement, de casse quelconque… mais ça viendra nécessairement. Cela ne me réjouit pas, mais à quoi bon s'illusionner ? J'espère m'en tirer sans trop de bobos, sachant qu'on n'est jamais très loin d'une station (il me semble qu'il y en a tous les 300 mètres).

Et en attendant, quelle expérience !

mercredi 26 septembre 2007

Révolution russe dans l'Utah

La révolution russe aura-t-elle lieu dans les jours qui viennent ?

Où ça ? Dans l'Utah ? L'état américain connu comme territoire mormon, mais pas vraiment pour le jazz… C'est pourtant le fief d'une franchise NBA venue de New Orleans, et que les dirigeants de l'époque n'ont pas eu la présence d'esprit de rebaptiser (ces ennuis administratifs…), et ce pourrait bien être le théatre d'un événement encore sans précédent dans l'histoire de la NBA, ligue majeure du basket nord-américain décidément pas tranquille, cet été !

Alors que les Utah Jazz remontent la pente depuis les départs successifs de ses deux piliers, Karl Malone et John Stockton, le malaise couve depuis la saison dernière autour de la star ukrainienne, Andrei Kirilenko. A la tête d'un contrat "max" qui lui réserve environ 60 millions de dollars pour les 3 prochaines années, AK-47, élu meilleur joueur de l'Euro 2007 il y a une semaine, a réitéré sa demande de transfert à quelques jours du début du camp d'entrainement des équipes NBA, période généralement calme où l'on revient de vacances pour entamer le championnat dans de bonnes conditions. Après la finale de conférence Ouest inespérée il y a quelques mois, le club devait solidifier son statut de prétendant au titre de champion cette saison.

En cause, la méthode de Jerry Sloan, entraineur emblématique du club, actuel doyen de la ligue en termes de longévité - il est en poste depuis le milieu des années 80, pas mal de clubs ayant connu une dizaines d'entraineurs différents sur la même période. Ancré dans la franchise, soutenu sans conditions par le management du club, Sloan est si puissant qu'il aurait encouragé son joueur-vedette, qui lui faisait part de son mécontentement, de faire casser son contrat s'il n'était pas satisfait des conditions de travail.

Kirilenko, dont les performances la saison passée étaient décevantes, s'estime maltraité et ne compte pas poursuivre l'aventure. Il cite en exemple l'entraineur de son Equipe Nationale, qui use de psychologie et personnalise son approche en fonction de ses joueurs, comme sa référence en la matière. Convaincu qu'il ne pourra s'exprimer correctement dans le système de Sloan, il est prêt à tout pour ne pas perdre son temps, et se tient à la disposition du management du club pour obtenir sa libération.

Un échange semble compromis : le management étant pris en otage par son joueur, les autres clubs se frottent les mains à l'idée d'obtenir un joueur cher, mais talentueux, à des conditions discount, puisqu'il y a urgence.

Les deux parties peuvent s'entendre pour rompre le contrat, par le biais d'un rachat, mais le club n'y a aucun intérêt : il perdrait son joueur sans compensation, et devrait en plus s'affranchir d'une certaine somme, peut-être une dizaine de millions de dollars, à moins que Kirilenko ne leur en fasse grâce et s'en aille gratis, ce qui n'arrive jamais dans un cas pareil (il faut bien payer son agent, par exemple, lequel n'a aucune envie de rompre un contrat lui assurant un pourcentage sur les 60 millions restant dûs, et il serait étonnant que Kirilenko paie de sa poche). L'affaire n'est pas si simple.

En attendant, le club est confronté à une situation délicate, qui n'ira pas en s'arrangeant, et qui risque de précipiter la franchise dans le trouble. Deron Williams, le meneur qui a explosé pendant les derniers play-offs, a mis en cause l'approche de son coéquipier, jugé trop gourmand en attaque, accusé d'être toujours le premier à partir après l'entrainement, alors que d'autres comme Carlos Boozer travaillent leur shoot. Cela ressemble à une cassure, et il est difficile de prévoir si elle est réparable.

Enfin, pour l'instant, le club n'a pas recontacté Kirilenko, faisant la sourde oreille et s'attendant à ce qu'un joueur sous contrat se présente à l'heure dite au rendez-vous prévu, comme si de rien n'était, et pas une minute plus tard. Donc, tout va bien.

Enfin, on espère…

mardi 25 septembre 2007

Suivez le vélib !

Grande expérience que ce vélib !

Impressionné par les structures, abouties et bien présentes dans toute la capitale, j'ai fini par tester le sysème, et je n'ai pas été déçu.

Ticket en main, j'ai fait 4 stations avec mon acolyte de père pour trouver, enfin, deux vélos.

Le temps pour nous de voir deux phénomènes qui traversent les ages : le connard qui vous prend un vélo sous le nez, avec sa carte magnétique, et le client fâché, qui gueule après le vélo en panne, à 100 mètres d'une station de métro et 60 d'une station de bus ! Ces parisiens…

Trop lourd, le vélib ? On l'a déjà bien assez entendu. Pour le quidam qui ne fait pas de sport, bien sur ! Mais pour qui a de bons mollets, ce petit bijou gagne en stabilité, et quel confort ! Pour affronter les rues de la capitale, mieux vaut une bonne carcasse…

Sur plat, ça roule très bien; pas besoin d'appuyer beaucoup sur les pédales pour se propulser ! En côte, c'est nécessairement plus dur, mais en jouant du pouce avec les 3 vitesses particulièrement bien conçues, on a de quoi moduler son effort.

Mais dites donc, c'est un peu normal que cette activité soit fatigante, non ? C'est un peu le but, du reste. On fait un peu de sport en se déplaçant. Ceux qui croyaient que le gadget se déplacerait tout seul seront fatalement déçus, et on les plaint !

Et quel soulagement de pouvoir se débarrasser de son vélo à tout moment, dès la première goutte de pluie, de l'abandonner à une station sans craindre qu'on vous le vole ou le vandalise. Clic, clac, je rends mon velib et je prends un reçu, on ne sait jamais…

Alors ceci dit, il ne faut pas voir cet engin comme un moyen de transport à part entière. C'est un outil de balade, certainement mieux pour rentrer chez soi le soir, tranquillement, que pour aller se stresser dès le matin dans le traffic parisien. Il ne faut pas être pressé, prendre une bonne marge, et se faire plaisir. Certainement pas essayer de ratrapper un retard. Car il ne faut pas oublier que rouler à vélo dans Paris, c'est très dangereux. Il faut être prudent, connaître ses limites, respecter le code de la route et ne pas se prendre pour une voiture.

En soi, le système du vélib est bon. Mais tout repose sur l'utilisateur. Il est écrit sur le guidon de ne pas monter sur les trottoirs, de ne pas prendre de sens interdit, de respecter les feux rouges et de ne pas prendre de passager. On voit pourtant pas mal de gens s'affranchir de ces simples règles, comme si on avait le choix. En toute probabilité, ces gens-là finiront par avoir ou causer un accident. On les aura pourtant prévenus.

Vélib, le vélo en liberté, oui, mais pas pour en faire n'importe quoi.

En conclusion, je salue cette initiative, qui se marie très bien avec les fameuses pistes cyclables. Seule petite contradiction cocasse : la première demi-heure est gratuite, l'utilisateur est donc encouragé à faire moins pour ne pas débourser son premier euro (deuxième en comptant le prix du ticket une journée), ce qui l'empêche nécessairement de faire la dose de sport quotidienne recommandée (une demi-heure). Par souci de cohérence avec les recommandations de santé publique, il conviendrait de porter la gratuité à 40-45 minutes, mais on abuse peut-être…

mercredi 19 septembre 2007

Ecrire une lettre en 2007

Dans un article de milieu de page du journal Le Monde, loin de la une, sur une petite colonne, on apprend que la plupart des professeurs n'ont pas reçu la fameuse lettre de Nicolas Sarkozy. C'est parfaitement normal : ce document de 35 pages, rendu officiel le 4 septembre dernier, a été édité et distribué aux médias et à certaines personnalités, mais la plupart des exemplaires destinés aux éducateurs ne seront imprimés qu'à partir du 21 ou 22 septembre. Les destinataires annoncés ne recevront donc le courrier Présidentiel que 3 semaines après son annonce initiale.

En 2007, ce n'est pas le moyen le plus direct de faire passer un message, si tel est bien votre but.

Le texte, disponible sur internet, a d'ores et déjà été lu par bon nombre de professeurs. L'information circule bien plus vite sur les "autoroutes" dédiés que par routage "réel". Par conséquent, sur un million d'exemplaires prévus, combien iront directement à la poubelle ?

La mécanique de l'opération suggère que c'est le geste qui compte, le fait que le Président de la République s'adresse, par des moyens archaïques, à ceux qui pratiquent, en France, l'éducation. S'adresser aux éducateurs, certes. La démarche en elle-même fait débat, les éducateurs n'étant que la moitié de l'équation éducative, l'autre moitié étant les élèves. Mais le faire de manière si publique, que la lettre est entre les mains des média 3 bonnes semaines avant ses "véritables" destinataires ?

Du reste, le message du Président n'est pas tout à fait juste. Début septembre, il ne fallait pas dire : "Je m'adresse aux éducateurs", mais "Je m'adresse aujourd'hui aux médias et à quelques personnalités pour annoncer que j'ai écrit une lettre de 35 pages à l'attention des éducateurs, que je la ferai imprimer dans 3 semaines, ils finiront bien par la recevoir dans le mois qui vient."

Et comment justifier une telle débauche de moyens désuets, l'édition d'1 million d'exemplaires papier, le routage, dans un pays où le taux d'équipement en accès internet haut débit est l'un des meilleurs d'Europe, où tout professeur peut avoir accès, d'une manière ou d'une autre, à ce genre d'informations ? Quelques pages sur un site du gouvernement, et l'affaire était classée !

S'il s'agit d'un souci d'équité, tout le monde n'étant pas égal devant l'outil informatique, les solutions ne manquent pas : pourquoi ne pas faire circuler un fichier pdf à l'attention des chefs d'établissements scolaires, avec pour consigne d'en éditer au moins un exemplaire, consultable par l'ensemble du corps enseignant dans la salle des professeurs, à la bibliothèque ou ailleurs ?

Quelle conclusion ?

Le goût du symbôle, au prix d'une méthode lourde, maladroite et coûteuse ? Le luxe du papier imprimé par la volonté Présidentielle ? Le sens du spectacle, peut-être…

lundi 17 septembre 2007

Pas de JO pour Tony

Tony Parker, champion NBA et meilleur joueur de la finale NBA, n'a pas réussi à qualifier les Bleus pour les prochains Jeux Olympiques.

Le rendez-vous, raté de peu en quarts de finale contre la Russie (71-75), a été définitivement annulé après les défaites face à la Croatie (69-86)puis la Slovénie (74-88).

La douleur est vive, les mots déjà très durs. On retourne sa veste. Le clivage Europe-NBA, à l'origine d'une méfiance et d'une jalousie à l'égard des joueurs Français sociétaires d'équipes outre-atlantique, est vite replacé au centre de la polémique. Trop américains, pas assez Européens ?

Qu'est-ce qui fait le plus mal aux gens qui font le basket Français ? Est-ce d'abord une déception sportive ou un échec financier ?

On parle de changement, mais lequel ?

L'entraîneur, sur son siège éjectable, serait vite remplacé. Le talent et l'expérience ne manquent pas à ce poste.

Mais les joueurs, n'y comptez pas. Les meilleurs sont bien là, même si on peut certainement en aligner 15 de plus, refaire une sélection, il ne faut pas s'imaginer que le niveau monte du jour au lendemain.

Tony Parker est irremplaçable. Fred Weis, Boris Diaw, Ronny Turiaf, même topo. Ils n'ont pas d'équivalent.

Et rappelons que cette équipe n'a échoué qu'à 5 points de la qualification contre la Russie de Kirilenko.

Acceptons la défaite, reprenons tout à zéro, réglons bien avant la préparation les questions financières.

Laissons ce groupe, jeune et prometteur, se construire pour les prochaines épreuves.

samedi 15 septembre 2007

Le monde est mondial… mais pas à la télé !

Curieux apriori qui gouverne la diffusion des événements sportifs à la télévision française.

Ce n'est pas tant la qualité de la performance, la beauté du sport, son intérêt, qui influencent la décision.

Il semble que si un français participe à une finale quelque part dans le monde, il a des chances de passer à la télé.

Encore faut-il que le sport soit un peu Olympique, qu'une fédération française de poids ait un intérêt en jeu, qu'il y ait un public facilement identifiable et nombreux pour faciliter les négociations avec les annonceurs…

Le foot est bien représenté. Equipe de France, Championnat de France, championnats étrangers, le business fonctionne bien. Le rugby se porte bien, tout le monde est content. L'athlé, c'est plus complexe, car si on préssent une pénurie de médailles, la fédé n'a pas vraiment intérêt à faire parler d'elle, et les annonceurs ne décrochent même pas le téléphone.

En gros, si un événement majeur se produit dans un sport qui échappe au système, et qu'aucun Français n'y tire son épingle du jeu, vous ne le saurez jamais.

Pire ! Si un Français brille, mais que les conditions ne sont pas réunies, vous ne le verrez pas !

Exemple tout récent : Tony Parker.

La mariage de Tony Parker avec Eva Longoria, oui. A la télé, au journal de 13h, au 20h, un peu partout sous forme de rubriques, de clins d'oeil. Dans la presse, partout ! Mais l'exploit sportif de Tony Parker, accompagné de la même Eva Longoria, en finale du championnat de basket américain, pas une image (TP a été élu meilleur joueur de la finale, une première pour un joueur Européen, inimaginable pour un joueur français) !

Pour la fédération française de basket, visiblement, moins on parle de NBA, mieux elle se porte - une logique assez particulière, qui s'appuie sur une forme de jalousie assez destructrice. Il semblerait que la popularité du championnat américain, au lieu de tirer dans son ascension le championnat de France, ait plutôt tendance à l'étouffer. Forcément, voir son public national favoriser le voisin, ça agace…

Pourtant, ayant été formé à l'INSEP, le plus médiatique des joueurs français à l'étranger aurait fait une belle pub à la formation made in France, si seulement sa conquête de l'Amérique avait été diffusée, ne serait-ce qu'en différé, en résumé, quelque chose, quoi…

C'est sous le maillot de l'Equipe de France, dans le cadre du championnat d'Europe, étape qualificative pour les JO de 2008, qu'on vous a autorisé à voir jouer TP et ses amis. Avec l'approbation de tous les partenaires, sponsors, fédés et compagnie.

Non mais. Vous n'iriez pas imaginer que vous pouvez voir ce que vous voulez…

vendredi 14 septembre 2007

Iron man : super, ce héros !

Fans de comics, accrochez-vous. Grand public, déçu par les 3 avatars de Speedeurmanne, réjouis-toi. Marvel va peut-être abattre sa meilleure carte !

Du moins, c'est ce que m'inspire le projet Iron Man, dont la bande-annonce est disponible sur le lien suivant :

http://www.apple.com/trailers/paramount/ironman/

C'est du sérieux.

Tout d'abord, le rôle principal : Robert Downey Jr est un véritable acteur, au parcours inégal mais solide, au répertoire sur-mesure pour explorer les méandres de la personalité de Tony Stark, héros torturé dont les contradictions feraient palir Bruce Wayne. La fortune, la drogue et l'alcool, il connait, Robert…

Ensuite, la transition BD / film qui semble particulièrement réussie. Depuis la fameuse scène de crash aérien dans Superman Returns, et dans la foulée de Transformers, les différentes armures du héros, de l'artisanale-à-la-va-vite au prototype supersonique, ne trahissent pas leur créateur.

Enfin, la BD elle-même. Potentiel dramatique, personnages originaux, rivalités multiples, le tout dans un cadre plutôt réaliste : pas de super-pouvoirs, des intérêts industriels, financiers, géo-politiques, des problèmes réels dont on parle tous les jours dans la presse. De mémoire, quelques épisodes de la BD méritent tout à fait une adaptation cinéma, qui donnerait toute sa dimension au récit, déjà très spectaculaire… Contrairement à Peter Parker, Tony Stark a de vrais problèmes !

Si tout se passe bien, Iron Man pourrait enfin démontrer l'intérêt d'adapter une BD au cinéma, non plus comme un opportunité pour les studios de s'enrichir sur le dos de la BD, mais comme un moyen pour le cinéma d'enrichir la BD.

Prions pour que le scénario soit au rendez-vous !

jeudi 13 septembre 2007

Rugby : la coupe est pleine !

Difficile d'échapper au ballon ovale ces jours-ci. C'est simple, il est partout !

La popularité croissante du sport est alimentée par la multiplication des outils et agences de communication, réunis autour d'un même neurone.

Depuis six mois, toutes les agences se sont passées le mot : faites ce que vous voulez, mais collez-moi un ballon ovale quelque part ! Le plan est simple : il y a un événement majeur, ce n'est pas la Coupe du monde de foot, mais on va faire comme si. Les marques ont imposé leur concept : si ça ne parle pas de rugby, nous ne payons pas !

Le concept, justement, parlons-en. Quel est-il ? Souvent, ce n'est pas très fouillé.

Le manque d'humour des annonceurs reflète un excès de confiance. Pas besoin d'être drôle, ça se vend tout seul. On voit des choses du style : On va tranformer l'essai avec X ! Mouais… Pourquoi pas : Entrez dans la mélée ?

Il y avait pourtant moyen de s'amuser. Laissez-moi réfléchir…

En avant ! Osé… Pas sur que tout le monde comprenne. Ne ratez pas la troisième mi-temps ! Pourquoi pas, une marque de bière… Si vous venez de vous faire plaquer… Pour un site de rencontres !

Ceci dit, la bonne idée, c'est d'avoir privilégié la forme. Ovale. Vague. Facilement reconnaissable. Et sans accent toulousain.

Plaignons l'annonceur, discret ces derniers temps, qui a déboursé des sommes astronomiques pour un partenariat avec des joueurs de l'Equipe de France, crucifiée dès son premier match…

Visibilité maximum, donc, mais pour quel résultat ?

Pour le rugby, c'est-à-dire le sport, la fédé, les licenciés, les amateurs, c'est une belle revanche sur le foot, jusqu'alors enfant chéri et bien gaté des annonceurs et sponsors. Pour les marques, en revanche, il faudra attendre une étude pour démontrer le peu d'impact de ce mariage forcé.

Pour le public, un consensus semble se dégager : la Coupe du Monde est à peine commencée et déjà, on en a raz-le-bol du rugby !

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