Pourquoi pleure-t-on à son pot de départ ?
Par Admin le lundi 30 juillet 2007, 06:30 - Lien permanent
Changement de cap après des années de carrière dans une entreprise, une période éreintante. On ne sait pas vraiment si on fête un départ sans cesse repoussé ou un nouveau départ âprement négocié… Les collègues ont fait le déplacement, ont participé à un cadeau - même les stagiaires, peu fortunés, ont fait un geste. C'est un véritable moment de bonheur assez rare, mine de rien, dans une entreprise, organisé autour d'une personne.
Et puis soudain, une larme.
Les copains ont préparé un petit show, live ou enregistré, et pendant le refrain d'un bon vieux tube, en pleine euphorie, il se passe quelque chose. Mais que se passe-t-il exactement ?
Tout le monde craque sous la pression. Tôt ou tard. Même les agents secrets les mieux entraînés, qui avouent tout si on les bouscule comme il faut. Alors, on craque, d'accord, on libère ses émotions, on se laisse aller. On n'est plus vraiment sur son lieu de travail, après tout, mais sur une piste de danse improvisée au milieu des bureaux, à faire des tâches sur les dalles de moquette en débouchant des bouteilles de Champagne.
Est-ce qu'on regrette, à cet instant précis, de partir ?
Pas vraiment. La valise est prête. On est déjà parti.
Mais on prend tous les souvenirs d'un coup en pleine poire ; forcément, ça secoue.
Les bons souvenirs, bien sur.
On réalise sans doute ce que représentent toutes ces années, on voit la page se tourner en direct, on regarde les gens dans les yeux pour la dernière fois. Ces gens qu'on ne fréquente pas en dehors de l'entreprise, mais à qui on a fini par s'attacher.
C'est peut-être ça, qui passe difficilement : la page qui se tourne.
Le changement, effectif immédiatement, inévitable, que l'on a souhaité, mais que l'on vit avec une pointe d'amertume. Allez, encore un petit verre, ça va passer…
Commentaires
Le petit truc de la ménagère : le champagne ne tâche pas ! (Voilà, vous en avez assez vu de ma part de féminité !)
C'est qu'on passe tout de même plus de temps au boulot que chez soi avec ses amis, le truc consiste donc à se faire des amis au boulot. Le défi c'est de bien discerner l'ami du faux-jeton, le pote de l'interressé, le copain du boulet.
Au moment du départ - je suis d'accord avec toi - c'est la peur de l'inconnu qui met la pression.
"si je vais pas bosser qu'est ce que je vais faire lundi ?", c'est dingue comment on s'inquiète pour pas grand chose :-D d'habitude on appelle ça des vacances et on est super impatient d'y être !
Heureusement ça se termine toujours par un happy-end.
Sympa ton blog "billet d'humeur".
Ca change des habituels albums photos... d'habitude les gens ont presque peur d'écrire! Toi tu t'en sors vraiment bien (pour un exé lol), avec du style et t'arrives à véhiculer des émotions (j'ai presque versé ma p'tite larme pour ton histoire sur ton pot de départ!).
Mais rassures nous sur ton avenir STP, t'es père de famille merde, on s'inquiètes nous!
Hop je m'abonne à ton flux RSS :)
A+ et take care,
E.
Ce n'était pas mon pot de départ, l'émotion était donc celle du spectateur. Pour l'anecdote, dans l'assemblée, je suis le seul à avoir suffisamment connu la personne qui s'en allait pour me sentir un peu concerné, mais qui n'a été cité à aucun moment dans les divers remerciements, souvenirs et autres palabres ! C'est là que je me rend compte que je n'assistais pas à ce pot pour la personne qui partait, mais pour moi, pour savoir si
j'étais important pour elle, et j'ai été servi. L'autre raison, c'est les chips, et là, deuxième malaise, il y avait des brocolis et des carottes, je n'avais encore jamais vu ça…