Le regard de l'autre
Par Admin le jeudi 9 août 2007, 06:30 - Société - Lien permanent
Dans deux conversations avec des personnes agées de ma famille, j'ai enfin compris une chose que m'avait dit mon père il y a bien longtemps, quand il me voyait passer mes soirée devant mon écran d'ordinateur : fais attention à tes yeux, c'est très grave.
Deux personnes qui vont de rendez-vous en opération pour retrouver, peut-être, la vue telle qu'ils l'ont connue jadis.
Je vous rassure, ces deux personnes se portent bien, et vivent normalement, mais l'une a été opérée de la cataracte, et l'autre y passe, un œil à la fois, avec des petits soucis entre deux. Leur vue est donc différente de la nôtre.
Cela m'a fait réfléchir. Mon premier propos est le suivant : comment est la vie quand on ne voit plus ? Ou encore, est-ce que la vie est encore belle quand on voit moins ?
Je n'imagine absolument pas vivre sans voir, et je pense très mal vivre si je ne vois plus aussi bien.
Quel drame, si on ne peut plus apprécier les nuances du ciel, les courbes d'une playmate ou les yeux de ses proches ! Tellement de choses reposent sur la vue. L'observation est au centre de ma vie : c'est mon métier, mon œil pour la photo, pour le recrutement, pour déterminer si mon enfant me ment, pour voir l'heure sur un quai de métro… Le matin, je ne suis effectivement réveillé que quand j'ai ouvert l'œil ! Que deviendrais-je si un jour, mes yeux ne s'ouvraient plus ?
Quand une personne me dit qu'en fermant un oeil, elle ne voit plus que des formes vagues, et qu'avant son opération, tout est ondulé, cela me fait l'impression qu'on parle d'un écran de télévision endommagé, et que tout sera rétabli en changeant du matériel. Or, pour ces gens, comme pour nous, c'est irremplaçable, et seul un chirurgien peut y faire quelque chose, quand il aura le temps de s'en occuper, et si la région est accessible pour la médecine…