Monsieur Jean-Pierre B., contrôleur de gestion, est prié de ne plus abuser de cassoulet à la cantine de l'agence.

Sa production fécale de 452g, en date du vendredi 18 avril à 16h14, dans les WC du premier étage, a contribué à boucher le conduit, rendant le cabinet inutilisable par l'ensemble du personnel. Il apparait en outre que la chasse d'eau n'a été activée ce jour-là qu'à 15h32 et à 16h45, par des collègues; le scanner intégré au bouton de la chasse d'eau est formel : il n'a pas relevé les empreintes de Jean-Pierre B. ce jour-là, et pas davantage durant le mois, malgré des passages quotidiens, comme en attestent les capteurs rétiniens à l'entrée du cabinet. Quand Justine C. a actionné la chasse, 3 secondes après que le capteur rétinien de l'entrée eut capté sa présence, cela a provoqué une crue inquiétante du niveau d'eau, décelée par le système infra-rouge intégré à la cuvette, qui a activé immédiatement l'arrêt de l'arrivée d'eau, bloquant ainsi l'activité du cabinet et lançant le protocole de dépannage. Le dépanneur est arrivé sur les lieux à 9h32 le lendemain.

A noter que la consommation en papier hygiénique, au pro rata de la production fécale, entre parfaitement dans le cadre des conventions sanitaires. Le scan fessier enregistré par la lunette au moment du lever de M. Jean-Pierre B. n'a révélé aucune irrégularité, donnant lieu à l'envoi de deux rapports de satisfaction à M. Jean-Pierre B., respectivement pour sa propreté corporelle et pour sa contribution au respect de l'environnement.

En revanche, les détecteurs du bureau de Monsieur Jean-Pierre B., au second étage, ont relevé une forte activité gazeuse à caractère perturbatoire, bien au-dessus des normes Européennes relatives aux conditions de travail en entreprise. D'après les résultats de l'enquête, menée le 19 avril entre 9h12 et 9h15 auprès de ses collègues les plus proches, Emilie L. et Justine C., il n'a pas été possible de se concentrer sur son travail entre 15h et 16h30, période durant laquelle l'estomac encaissait une surcharge de nourriture.

Le relevé de poids, compilé par les capteurs de la chaise du bureau de Monsieur Jean-Pierre B., révèle en effet une augmentation brutale entre 12h14, heure du départ de M. Jean-Pierre B. à la cantine, et 13h48, heure du retour à son bureau.

Ces résultats sont confirmés par les données relevées à intervalles de 5 minutes sur la chaise occupée par Monsieur Jean-Pierre B. à la cantine, qui montrent une augmentation de poids régulière par ingestion excessive de nourriture. Cette chaise a été occupée pendant 72 minutes. Le capteur rétinien du self-service a enregistré 3 passages de M. Jean-Pierre B., espacés respectivement de 20 et 14 minutes. Cette statistique a engendré la rédaction et l'envoi d'un rapport de satisfaction à Gérard F., cuisinier de la cantine. Le capteur rétinien à la sortie de la cantine a montré des signes de fatigue et un début de congestion abdominale. Une brève comparaison avec le capteur à l'entrée montre clairment une baisse de tonus. Des collègues inquiets auraient aidé M. Jean-Pierre B. à monter l'escalier de la cantine.

Conclusion : M. Jean-Pierre B. est prié de surveiller son alimentation dans la cantine de l'agence, sous peine de se perdre son droit de choisir. Il serait alors contraint de manger un repas sélectionné par le préposé au self-service, en fonction des recommandations de la DRH, formulées après étude des différents relevés et pouvant faire l'objet d'une visite médicale exceptionnelle. Les frais de ladite visite médicale seraient alors déduits du prochain salaire de l'employé.