Max menacé
Par Admin le mercredi 5 septembre 2007, 00:54 - Cinema - Lien permanent
Certaines séries télé à succès ne devraient pas être adaptées au cinéma.
Il y a trop de questions délicates : comment savoir ce qui a fait, au bout du compte, le succès de la série originale ? Comment le reproduire ? Comment résumer x années en à peine 2 heures ? Faut-il moderniser ou au contraire, reproduire l'ambiance d'époque ?
Et les acteurs ? Impossible de reprendre les mêmes acteurs, trop agés pour tenir leur propre rôle. Difficile de prendre des acteurs majeurs et de leur demander de rejouer à l'identique les personnages originaux. Il faut tout reprendre, adapter réellement, avec des acteurs qui redonnent vie aux rôles originaux, en apportant leur touche personnelle. Pas facile…
Vous ne vous souvenez sans doute pas de Chapeau melon et bottes de cuir, réalisé avec un budget exhorbitant et une affiche prometteuse : Ralph Fiennes, Uma Thurman et Sean Connery. Un résultat très décevant, un outrage pour les fans.
Rebelotte.
Construite autour de Steve Carell, nouvelle star comique ricaine aux "succès" déjà nombreux, l'adaptation de Max la Menace (Get Smart) semble s'inscrire dans cette tradition du bide assuré.
L'agent a bien fait son travail. Allo Warner ? Mon client est libre pendant 6 semaines… Vous n'avez pas une série sympa, un scénariste dispo pour nous en tirer 1h30, et un réalisateur en vacances ? Mon client vient de triompher dans "40 ans et encore puceau" puis "Steve tout-puissant", la suite de "Bruce tout-puissant" avec Jim Carrey (je me suis toujours demandé si Carell avait décroché le rôle juste pour son nom, presque homonyme de l'acteur du premier film, un coup marketing ?). Si si, il y a une vraie chance de carton !
Steve Carell doit sa carrière au système. Comme Owen Wilson avant lui (qui a eu le bon goût de devenir drôle de temps en temps), Carell est un pur produit hollywoodien : une fois lancé, on le maintient à l'affiche, de bide en bide, en espérant qu'il devienne bankable. Un investissement à moyen terme, en somme.
Rappelez-vous que le cinéma est une industrie, outre-atlantique. On ne se demande pas pourquoi on fait un film : on fait un film, et on se pose les questions plus tard. Les studios ont un budget annuel, scénario ou pas, les films se feront ! Il y a des acteurs à faire vivre, nom de nom. Des studios à occuper. Des séries cultes qui sortent en DVD.
En tant que fan d'une série kitsch, mais relativement cohérente, je suis déçu de voir un mythe sacrifié à la gloire d'un comique qui n'a pas nécessairement vocation d'être drôle.
Commentaires
"On ne se demande pas pourquoi on fait un film : on fait un film […] Les studios ont un budget annuel, scénario ou pas, les films se feront !"
Y'à pas de hasard à Hollywood, un producteur là bas ne mettra jamais 1$ s'il n'à la certitude d'en ramasser 5 derrière : tout est donc étudié, décortiqué, ressassé, réécrit et léché jusqu'à la moelle. Tout est prévu, y compris le ringuar dans le rôle du crétin du film.
Bon, ça ne les empêche pas de se planter de temps en temps, je dirais même qu'ils se plantent à cause de ça, il n'y à plus de "feeling" dans le cinéma américain, plus d'âme ! :-D
Steve Carell, Mickael Youn même combat : en haut de l'affiche de bide en bide…