Difficile d'échapper au ballon ovale ces jours-ci. C'est simple, il est partout !

La popularité croissante du sport est alimentée par la multiplication des outils et agences de communication, réunis autour d'un même neurone.

Depuis six mois, toutes les agences se sont passées le mot : faites ce que vous voulez, mais collez-moi un ballon ovale quelque part ! Le plan est simple : il y a un événement majeur, ce n'est pas la Coupe du monde de foot, mais on va faire comme si. Les marques ont imposé leur concept : si ça ne parle pas de rugby, nous ne payons pas !

Le concept, justement, parlons-en. Quel est-il ? Souvent, ce n'est pas très fouillé.

Le manque d'humour des annonceurs reflète un excès de confiance. Pas besoin d'être drôle, ça se vend tout seul. On voit des choses du style : On va tranformer l'essai avec X ! Mouais… Pourquoi pas : Entrez dans la mélée ?

Il y avait pourtant moyen de s'amuser. Laissez-moi réfléchir…

En avant ! Osé… Pas sur que tout le monde comprenne. Ne ratez pas la troisième mi-temps ! Pourquoi pas, une marque de bière… Si vous venez de vous faire plaquer… Pour un site de rencontres !

Ceci dit, la bonne idée, c'est d'avoir privilégié la forme. Ovale. Vague. Facilement reconnaissable. Et sans accent toulousain.

Plaignons l'annonceur, discret ces derniers temps, qui a déboursé des sommes astronomiques pour un partenariat avec des joueurs de l'Equipe de France, crucifiée dès son premier match…

Visibilité maximum, donc, mais pour quel résultat ?

Pour le rugby, c'est-à-dire le sport, la fédé, les licenciés, les amateurs, c'est une belle revanche sur le foot, jusqu'alors enfant chéri et bien gaté des annonceurs et sponsors. Pour les marques, en revanche, il faudra attendre une étude pour démontrer le peu d'impact de ce mariage forcé.

Pour le public, un consensus semble se dégager : la Coupe du Monde est à peine commencée et déjà, on en a raz-le-bol du rugby !