Révolution russe dans l'Utah
Par Admin le mercredi 26 septembre 2007, 12:36 - Sport - Lien permanent
La révolution russe aura-t-elle lieu dans les jours qui viennent ?
Où ça ? Dans l'Utah ? L'état américain connu comme territoire mormon, mais pas vraiment pour le jazz… C'est pourtant le fief d'une franchise NBA venue de New Orleans, et que les dirigeants de l'époque n'ont pas eu la présence d'esprit de rebaptiser (ces ennuis administratifs…), et ce pourrait bien être le théatre d'un événement encore sans précédent dans l'histoire de la NBA, ligue majeure du basket nord-américain décidément pas tranquille, cet été !
Alors que les Utah Jazz remontent la pente depuis les départs successifs de ses deux piliers, Karl Malone et John Stockton, le malaise couve depuis la saison dernière autour de la star ukrainienne, Andrei Kirilenko. A la tête d'un contrat "max" qui lui réserve environ 60 millions de dollars pour les 3 prochaines années, AK-47, élu meilleur joueur de l'Euro 2007 il y a une semaine, a réitéré sa demande de transfert à quelques jours du début du camp d'entrainement des équipes NBA, période généralement calme où l'on revient de vacances pour entamer le championnat dans de bonnes conditions. Après la finale de conférence Ouest inespérée il y a quelques mois, le club devait solidifier son statut de prétendant au titre de champion cette saison.
En cause, la méthode de Jerry Sloan, entraineur emblématique du club, actuel doyen de la ligue en termes de longévité - il est en poste depuis le milieu des années 80, pas mal de clubs ayant connu une dizaines d'entraineurs différents sur la même période. Ancré dans la franchise, soutenu sans conditions par le management du club, Sloan est si puissant qu'il aurait encouragé son joueur-vedette, qui lui faisait part de son mécontentement, de faire casser son contrat s'il n'était pas satisfait des conditions de travail.
Kirilenko, dont les performances la saison passée étaient décevantes, s'estime maltraité et ne compte pas poursuivre l'aventure. Il cite en exemple l'entraineur de son Equipe Nationale, qui use de psychologie et personnalise son approche en fonction de ses joueurs, comme sa référence en la matière. Convaincu qu'il ne pourra s'exprimer correctement dans le système de Sloan, il est prêt à tout pour ne pas perdre son temps, et se tient à la disposition du management du club pour obtenir sa libération.
Un échange semble compromis : le management étant pris en otage par son joueur, les autres clubs se frottent les mains à l'idée d'obtenir un joueur cher, mais talentueux, à des conditions discount, puisqu'il y a urgence.
Les deux parties peuvent s'entendre pour rompre le contrat, par le biais d'un rachat, mais le club n'y a aucun intérêt : il perdrait son joueur sans compensation, et devrait en plus s'affranchir d'une certaine somme, peut-être une dizaine de millions de dollars, à moins que Kirilenko ne leur en fasse grâce et s'en aille gratis, ce qui n'arrive jamais dans un cas pareil (il faut bien payer son agent, par exemple, lequel n'a aucune envie de rompre un contrat lui assurant un pourcentage sur les 60 millions restant dûs, et il serait étonnant que Kirilenko paie de sa poche). L'affaire n'est pas si simple.
En attendant, le club est confronté à une situation délicate, qui n'ira pas en s'arrangeant, et qui risque de précipiter la franchise dans le trouble. Deron Williams, le meneur qui a explosé pendant les derniers play-offs, a mis en cause l'approche de son coéquipier, jugé trop gourmand en attaque, accusé d'être toujours le premier à partir après l'entrainement, alors que d'autres comme Carlos Boozer travaillent leur shoot. Cela ressemble à une cassure, et il est difficile de prévoir si elle est réparable.
Enfin, pour l'instant, le club n'a pas recontacté Kirilenko, faisant la sourde oreille et s'attendant à ce qu'un joueur sous contrat se présente à l'heure dite au rendez-vous prévu, comme si de rien n'était, et pas une minute plus tard. Donc, tout va bien.
Enfin, on espère…
Commentaires
Je croyais que Kirilenko était une gymnaste roumano-slovaque et que Williams c'était des rasoirs ! :-P