Le jour d'après
Par Admin le samedi 20 octobre 2007, 17:57 - Société - Lien permanent
Il semble que quelque chose est arrivé en France et la société n'est plus exactement la même.
Le dernier Président de la République était soupçonné de souplesses financières, mais à part une photo en tenue d'Adam rapidement censurée, jamais ses mœurs n'ont fait l'objet d'une quelconque couverture médiatique. Discrétion ou droiture, allez savoir…
Son prédecesseur avait eu une vie sentimentale plus agitée, mais il a fallu un scoop tardif pour découvrir un enfant illégitime, et un récent article dans un magazine pour faire étât offciellement de sa relation avec une chanteuse de renommée internationale, les deux amants étant décédés des années avant la parution de l'article. Discrétion et méthode, deux septennats sans l'ombre d'un scandale.
Aujourd'hui, si on s'intéresse un peu à la vie privée du Président de la République, simple curiosité liée à l'annonce de sa séparation, les choses sont plus compliquées. Hypermédiatique, le Président s'astreint à une forme de transparence presque troublante.
En fait, et c'est assez rassurant, il semble que l'opinion se fiche pas mal de la vie privée du Président. Il reste homme, sa vie subit les mêmes aléas que n'importe qui, cela le rend certainement plus humain aux yeux de l'opinion que certains de ses prédécesseurs, élevés sur un piédestal factice. Il s'inscrit parfaitement dans une société en pleine mutation : les mots "divorce" ou "famille recomposée" sont devenus banals.
D'autres mots entrent dans le language courant, comme "sex buddy" ou "fuck buddy", désignant la même chose, à savoir cette personne avec qui on couche, juste pour s'amuser. Nous vivons une époque moderne, où les gens sont plus fidèles à leur opérateur de téléphone mobile qu'à leur amour.
D'ailleurs, que désigne exactement le "sex buddy" ? Est-ce un partenaire de longue date, disponible en toutes circonstances pour répondre mutuellement à ses besoins naturels ? Est-ce qu'on peut en avoir plusieurs, comme les correspondants, ou est-ce qu'il n'y en a qu'un seul, comme LE confident ? Pourquoi y aurait-il des contraintes, d'ailleurs, le but du jeu étant d'être libre ?
Tu es mon "sex buddy", je te confie toute ma libido, fais-en bon usage… Est-ce qu'on va voir éclore la notion de "sex team", l'équipe de bons potes toujours prêts à assouvir une petite envie ?
Bien entendu, tous ces avatars existent depuis longtemps, ils étaient sans doute réservés à certaines franges plus extrêmes ou insouciantes de la société, à des films interdits, mais il semble que tout cela se démocratise.
De même que l'alcool, autrefois réservé à une partie des adultes, se démocratise chez les jeunes, de plus en plus tôt, tant le besoin de se "démonter la tête" se fait sentir.
Sexe, drogue et alcool ne sont plus des choses exceptionnelles, des moments d'ivresse rares que l'on attend longtemps, ce seraient aujourd'hui des choses banales, nécessaires, parfois exclusives. Enfin, bien entendu, dans des familles laxistes, où les parents sont absents même quand ils sont présents, où les enfants sont soi-disant autonomes, laissés pour compte.
C'est inquiétant, parce que toutes ces activités à haute dose trop tôt ne mènent à rien, si ce n'est au désenchantement. L'excès de plaisir n'amène pas à plus de plaisir, il l'ascepstise. Et pendant qu'on sort, qu'on boit, qu'on se saute dessus les uns les autres, en dehors ou parfois à la place des heures de lycée ou de collège, on ne fait pas grand chose de sa vie.
Pendant qu'on se démonte la tête, seul le corps continue à vivre, l'esprit est emprisonné. Si les jeunes ont autant besoin de faire taire leur cerveau, c'est sans doute parce qu'ils se sentent mal, ils ont besoin de fuir la réalité, et c'est grave. "Tais-toi cerveau ou je te tue avec un coton-tige !" Homer Simpson dans le texte, sur les lèvres de nos enfants.
Notre Président n'a aucun souci à se faire pour son image : il a un bon job, il a la classe et il ne boit pas d'alcool. C'est un excellent exemple pour la jeunesse !
Commentaires
Le président divorce : c'est une brève, ça ne nous regarde pas et il ne doit pas être au mieu de sa forme.
Un divorce c'est pas facile, qu'on soit de droite, de gauche, fermier ou président, et ça ne nous regarde pas.
Je suis bien d'accord avec toi, Eric. Seulement voilà, Cécliia fait la Une des journaux cette semaine (tout le monde l'appelle par son prénom, comme si on avait élevé les cochons ensemble). Pour quelque chose qui devrait rester privé, c'est quand même bien envoyé dans le domaine public. Comment réagir face à la pipolisation de la classe politique ?