Comme à l'école
Par Admin le mardi 6 novembre 2007, 08:07 - Société - Lien permanent
L'entreprise, c'est un peu comme un dessin animé.
Il y a dormeur, grincheux, prof, la belle, les clochards…
Un peu comme une salle de classe.
Tellement de gens différents, qui cohabitent parfois plus facilement avec leurs collègues pendant de longues semaines qu'ils ne parviennent à vivre en famille le temps d'un weekend.
Les retardataires, les mieux habillés, les plus bavards, les plus turbulents, les discrets qui n'en pensent pas moins.
Les cancres, rescapés des études avec au moins un bac, c'est la moindre des choses, hissés au sommet en terminale, parfois même à la fac, une première année ici, une année sabatique par là, une petite école de commerce histoire de se faire un réseau, un peu d'alcool, apprendre à faire semblant de travailler, étreiner ses costumes.
Dans le même bureau, il y a ceux qui sont prêts à tout pour garder leur job, d'autres pour le perdre, avec le même acharnement.
Ahurissant, le nombre de gens franchement pas brillants en entreprise, et pas partis pour le devenir ! Ils sont au chaud, la paye tombe tous les mois, on espère que ça tombera toute la vie, sans trop se fouler.
Pas fiers de leur job, pas fiers de leur entreprise, toujours prêts à gueuler quand quelqu'un d'autre n'a "pas fait son boulot"…
Il ne faut pas s'offusquer de voir d'anciens étudiants de grandes facs parisienne ayant du mal à appliquer une simple règle de trois; aujourd'hui, muni d'un diamètre, quelqu'un m'a demandé s'il y avait une formule pour mesure le tour d'un objet… une formule mathématique, peut-être ? π, ça vous dit quelque chose, à vous, les spécialistes du rot ?
Il n'y a pas de cloche le soir (on n'est pas à l'usine !), mais tout le monde part à la même heure. Travail plus ou moins fini. Question de rigueur.
Il y a les braves qui restent, qui trainent, qui font un peu partie des murs. Leurs exploits sont méconnus - tout le monde est parti…
Au bout du compte, quand les notes arrivent… heu, les fiches de paie, c'est la grande surprise. Les primes tombent un peu au hasard, les exclus dépriment. Ce n'est pas le tout de travailler, il faut savoir transformer l'essai, se faire remarquer. Il y en a bien qui se font remarquer sans rien faire.
Tout le monde a gagné. Tout le monde est payé. La vie n'est pas juste, il faut s'y faire.
Dans un pays où 85% des enfants sont faussement accusés d'avoir réussi leurs études, il ne faut pas s'attendre à une quelconque forme de cohérence sur le marché du travail, et par conséquent, en entreprise.
Faute de tri, on est toujours un peu comme à l'école.
Mais que fait le proviseur ?
Commentaires
Oh pinaise ! il y à de quoi écrire une encyclopédie avec les bases que tu jettes là !
D'abord je suis d'accord avec toi, les entreprises sont pleines de gens incompétents mélés à d'autres exceptionnellement compétents. C'est ce qui m'à frappé dans le monde du travail lorsque j'y suis arrivé mais il faut se faire à cette idée : les tire-au-flancs du fond de la classe ont eux aussi trouver un job !
Je sais que tu n'est pas comme ça mais en te lisant on pourrait presque croire que tu préférerais mettre une bonne partie des salariés de ce pays au chomage, sous prétexte qu'ils ne sont pas impliqués et efficaces dans leur job !!
Tu ne peux pas non plus demander à tout le monde d'être "le meilleur", il y à forcément des personnes naturellement plus tallentueuses que d'autres, celles pour qui tout est facile alors que d'autres se cassent la tête à la moindre difficulté.
C'est aussi une question de personnalité : un égocentrique, un dépressif, un carriériste, un généreux ne donneront pas le même travail.
Une question de milieu social : le fils d'ouvrier n'auras jamais le même point de vue que le fils de PDG sur son entreprise et son salaire.
C'est aussi une question d'éducation : avoir du respect ça s'apprend, il faut de la culture et de l'humilité pour ça.
Tout ça pour dire qu'on ne peut pas demander à tout le monde d'être investit de la même manière dans son travail.
"Pas fiers de leur job, pas fiers de leur entreprise, toujours prêts à gueuler quand quelqu'un d'autre n'a "pas fait son boulot"…"
Est-ce que pour autant on est obligé de manquer d'esprit critique ? Tu parles de gens "pas brillants", leur travail ayant des conséquences sur le tient : tu laisse faire et tu rattrappe en secret ou tu penses que ton entreprise et toi auront à y gagner si tu essaye de changer les choses alors tu rouspètes ?
En ce qui me concerne je préfère essayer de changer les choses ce qui montre, justement, que j'aime mon travail et ma boite.
Seulement parfois on se bat dans le vide, il n'y à pas de répondant, ce qui peut produire l'effet inverse : démotivation et râlerie.
Et puis, pour rire un peu, si tout le monde était au top les boss seraient obligés de filer des primes à tout le monde, ça coûterait bien trop cher aux employeurs ! Et il y en aurait pour trouver ça injuste de ne pas toucher plus parce qu'ils auront passé 1H de plus derrière leur bureau… et ça recommance…
Il doit y avoir de la jalousie dans tout ça ?
"Il à quelque-chose que je n'ai pas… pourquoi lui et pas moi ? Je bosse et pas lui mais il est payé pareil…"
C'est pas si faux, pourquoi se donner à fond pour ne rien avoir de plus en retour que mon voisin qui glande ? Ok mais en bossant bien je suis fier de moi : la plupart d'entre nous préféreraient baisser leur salaire en échange d'un boulot épanouissant. Peut-on seulement considérer que la "satisfaction au travail" est une part du salaire ?
Comme tu dis, la vie n'est pas juste, par exemple - moi - j'ai oublié comment calculer une circonférence avec un diamètre (en fait j'ai jamais écouté en cours de math, je préférais dessiner !) ! :-D
EUH… j'ai été long non ?
En gros pour résumer je pense qu'il est normal de donner de sa personne à son entreprise et à ses employeurs, en revanche, quand l'inverse n'est pas vrai il est compréhensible qu'au bout d'un moment le salarié perde sa motivation.
Hello Rick, sacrée contribution effectivement !
Délicat d'être objectif, surtout quand on suit une idée, mais le propos n'est pas d'être élitiste. Avec les mêmes cartes, des joueurs différents jouent différemment, il y a des impondérables,
des patrons plus sympas ou plus filous, des conditions très différentes.
Je comprends qu'on puisse être usé, j'ai vu des gens très bien mal finir précisément pour cause d'usure, attendant un signe qui jamais n'est venu. Ce n'est pas le propos.
Il y a trop de gens qui sont usés dès la première heure de cours au lycée, qui veulent le diplôme sans bûcher, le salaire sans suer, l'appartement et la voiture en touchant le chômage, et c'est une approche très discutable. On ne demande pas à tout le monde de se donner corps et âme à l'entreprise ou à l'Etat, juste de se donner un peu la peine, ou au moins de faire semblant. Le grand chic en entreprise ces temps-ci, c'est de glander mais surtout, surtout, de le faire savoir. De niquer le système.
Pour répondre à un de tes points, citons Pixar : si tout le monde était exceptionnel, plus personne ne le serait !