L'entreprise, c'est un peu comme un dessin animé.

Il y a dormeur, grincheux, prof, la belle, les clochards…

Un peu comme une salle de classe.

Tellement de gens différents, qui cohabitent parfois plus facilement avec leurs collègues pendant de longues semaines qu'ils ne parviennent à vivre en famille le temps d'un weekend.

Les retardataires, les mieux habillés, les plus bavards, les plus turbulents, les discrets qui n'en pensent pas moins.

Les cancres, rescapés des études avec au moins un bac, c'est la moindre des choses, hissés au sommet en terminale, parfois même à la fac, une première année ici, une année sabatique par là, une petite école de commerce histoire de se faire un réseau, un peu d'alcool, apprendre à faire semblant de travailler, étreiner ses costumes.

Dans le même bureau, il y a ceux qui sont prêts à tout pour garder leur job, d'autres pour le perdre, avec le même acharnement.

Ahurissant, le nombre de gens franchement pas brillants en entreprise, et pas partis pour le devenir ! Ils sont au chaud, la paye tombe tous les mois, on espère que ça tombera toute la vie, sans trop se fouler.

Pas fiers de leur job, pas fiers de leur entreprise, toujours prêts à gueuler quand quelqu'un d'autre n'a "pas fait son boulot"…

Il ne faut pas s'offusquer de voir d'anciens étudiants de grandes facs parisienne ayant du mal à appliquer une simple règle de trois; aujourd'hui, muni d'un diamètre, quelqu'un m'a demandé s'il y avait une formule pour mesure le tour d'un objet… une formule mathématique, peut-être ? π, ça vous dit quelque chose, à vous, les spécialistes du rot ?

Il n'y a pas de cloche le soir (on n'est pas à l'usine !), mais tout le monde part à la même heure. Travail plus ou moins fini. Question de rigueur.

Il y a les braves qui restent, qui trainent, qui font un peu partie des murs. Leurs exploits sont méconnus - tout le monde est parti…

Au bout du compte, quand les notes arrivent… heu, les fiches de paie, c'est la grande surprise. Les primes tombent un peu au hasard, les exclus dépriment. Ce n'est pas le tout de travailler, il faut savoir transformer l'essai, se faire remarquer. Il y en a bien qui se font remarquer sans rien faire.

Tout le monde a gagné. Tout le monde est payé. La vie n'est pas juste, il faut s'y faire.

Dans un pays où 85% des enfants sont faussement accusés d'avoir réussi leurs études, il ne faut pas s'attendre à une quelconque forme de cohérence sur le marché du travail, et par conséquent, en entreprise.

Faute de tri, on est toujours un peu comme à l'école.

Mais que fait le proviseur ?