Comment réaliser un film pour enfants interdit aux moins de 13 ans ? Un film très très long, beaucoup trop long ? Des effets spéciaux étourdissants, avec un scénario ahurissant de bêtise, un mélage insupportable ?

C'était vraisemblablement le pari de Michael Bay, épaulé par Steven Spielberg, pas moins, pour le film de commande le plus cher de l'Histoire du cinéma.

Deux fois, en salle puis en DVD, je me suis endormi devant ce film ! Et encore, la deuxième fois, télé-commande en main, j'ai pris le soin de zapper toutes les scènes mielleuses, chères à Spielberg. Quelle idée, d'associer l'histoire du jeune américain qui achète sa première voiture avec son papa à celle des robots géants intergalactiques camouflés en véhicules qui pourraient détruire la planète !

Et que vient faire l'armée américaine dans cette histoire, à part prendre raclée sur raclée ? Le secrétaire d'État à la Défense, qui n'apporte rien, toute la bureaucratie, tout américain, quand il s'agit de la planète ? Les américains au Qatar, les américains en Amérique, les Américains qui font la découverte majeure du XXème siècle dans le cercle arctique ? Hasbro ne vend-il donc pas de jouets dans le monde entier ?

Et la bimbo qui plaque le champion de football pour le petit minet à la Chevrolet, experte en mécanique, papa taulard mais uniquement par souci d'apprendre la mécanique en bricolant les voitures des autres, et qui au fond, n'est pas si criminel, en cherchant bien ? Les plans sexys en plein milieu d'un film pour gamins ?

Et John Turturro ? L'agent hyper-secret qui se fait laminer comme tout le monde ?

Monsieur Spielberg, reconnaissez qu'il n'y avait pas de place pour l'humain dans cette histoire ! Laissez jouer les machines, évitez le rêve américain, la famille américaine bien typique, faites un pur film d'action mêlé de catastrophe, avec des tout petits humains qui courent partout pour éviter les morceaux de gratte-ciel qui leur tombent dessus. Exit le cube magique de la taille d'une ville qui se transforme en tout petit cube qui tient dans la poche, et qui transforme d'un éclair une téléphone en robot guerrier bagarreur ou pacifiste, selon l'humeur du capitaine. Une heure et demie d'action, de poursuites, de traque, pas plus. Du gros métal bien lourd, de l'explosion, comme on en voit dans la scène extrême du début, où un robot attaque une base militaire. Du grand spectacle !

Mais pas du tac-boum-boum à l'eau de rose, au service de l'humanité de l'amour de l'univers.

Plus jamais d'Independance day ! Plus jamais de Transformers !

Une expérience douloureuse et soporiphique du cinéma définitivement trop américain.