Jour de grêve, jour de galère pour tout le monde.

En l'absence de transports en commun, il a fallu marcher, courir, prendre son vélo, louer un vélib, profiter de la voiture d'un collègue ou d'un proche.

Pour certains, le problème restait sans solution : il a fallu poser une journée de congé. Repos forcé, pris avec plus ou moins d'amertume; ce sera ça de moins pour les vacances d'été. Dans quelques entreprises de services particulièrement réactives et souples, les plus chanceux ont pu emporter du travail chez eux, évitant une forme de pénalité.

Pour les braves qui ont fait le trajet à pied, cela reste une expérience comme un autre. Après tout, c'est comme à la montagne, une randonnée de quelques heures, avec un arrêt prolongé pour travailler. Une bonne grosse journée, fatigante physiquement et moralement, la totale. Le corps humain est tout à fait capable d'accomplir tout cela, on a simplement perdu l'habitude de le faire - une habitude assez saine.

Et en plus, il faisait particulièrement beau aujourd'hui. Comme si la Nature apportait sa clémence pour entamer une période de conflit social qui promet d'être longue et fastidieuse.

Peu importe qu'on comprenne ou non la situation, que l'on soutienne un camp ou l'autre, pour le quidam qui veut simplement se rendre à son travail et qui aura droit à ses 40 années minimum, c'est plus dur ces jours-ci, il va donc falloir prendre son mal en patience. C'est aussi dans ce genre d'épreuve qu'on trouve des ressources, une forme de patience, l'important est de continuer à avancer en gardant la tête haute.

Nous allons traverser cette crise comme nous avons traversé les précédentes, et comme nous traverserons aussi les suivantes.

Même si cela parait dur, au bout du compte, ils nous suffit de mettre un pied devant l'autre.