Le client est roi, mais quel genre de roi ?
Par Admin le mardi 20 novembre 2007, 01:33 - Communication - Lien permanent
Une devise, ça fait classe, ça rassure, ça sert à tout.
Dans la communication, c'est souvent le pot de terre contre le pot de fer. On a beau brainstormer comme des beaux diables, retravailler sa création jusqu'au bout de la nuit, expliquer qu'on ne peut plus faire de modification pendant l'impression, il y a toujours quelqu'un pour dire la phrase qui tue. Peut-être, mais… le client est roi.
Une belle manière de rompre toute discussion.
Mais au fait, un roi, qu'est ce que c'est au juste ?
Notre dernier roi, en France, était Louis XVI. Son dernier acte marquant a été de convoquer les États généraux (le Clergé, la Noblesse et le Tiers État) le 5 mai 1789 afin de leur faire voter de nouveaux impôts pour renflouer les caisses de l'État, en vain. Le Tiers État a proposé d'accorder plus de libertés, d'organiser une répartition plus juste des impôts et une nouvelle manière de gouverner. Le refus du Roi s'inscrit dans une succession d'événements qui ont amené la chute de la monarchie. Un client, comme un roi, peut s'il n'y prend pas garde, se faire renverser par une révolution !
Henry VIII (1509-1547) était roi d'Angleterre, il a fait assassiner deux de ses femmes, dont l'une en demandant expréssement au bourreau de s'y reprendre à plusieurs fois pour la décapiter (il suffit de couper un peu mollement). Est-ce que vous voudriez de lui comme client ?
Considérer son client comme un roi, supposant que cela lui donne tous les droits, cela lui donne aussi certainement des devoirs. Respect, dignité, patience. Après tout, un roi n'est pas entouré que de laquais - il y a bien des chevaliers, des dignitaires. Si le client pouvait être un roi maganime et organisé, cela ferait du bien à pas mal d'agences de communication.
Commentaires
Je dois d'abord te dire que c'est sans doute le plus beau texte que j'ai lu de toi. Le fond de ta pensée est limpide, et la lecture facile et jouissive, je pèse mes mots.
J'ajoute que j'ai pris d'autant plus de plaisir à lire que je suis d'accord avec toi.
J'ai toujours pensé qu'il n'y à pas de raison de considérer le client comme un Roi, on est là pour l'aider, l'orienter, faire un travail en collaboration avec lui.
Je ne sais pas pourquoi dans certaines boites un rapport de soumission s'établi avec le client.
Au lieu de le conseiller et de donner des réponses à ses "problèmes" on se soumet à ses exigence sans lui apporter de valeur ajoutée, dommage pour la qualité du travail.
Pendant que j'y suis, une agence de com américaine fait sa pub sur les grand standards de la relation client/agence et c'est très marrant (pour les anglophones) : http://www.makemylogobiggercream.co...
Enchanté, Éric ! Cela me fait penser à une séquence du film La vie est belle, de et avec Roberto Benigni, où le héros postule pour une place de serveur dans un restaurant. Il en fait des tonnes, fidèle à son personnage, et pour l'épreuve du salut, se penche sans savoir où s'arrêter. Il cherche du regard son futur employeur, un homme d'un certain âge, qui l'arrête et lui dit ceci : Servir, ce n'est pas être servile. On doit pouvoir être au service d'un client sans pour autant se rabaisser, en gardant la tête haute. C'est une très belle scène, qui n'a pas dû retenir l'attention des gens de la com.