Rien ne va plus à Cap Canaveral
Par Admin le vendredi 30 novembre 2007, 13:17 - Communication - Lien permanent
Vous avez déjà vu plusieurs fois les images du lancement d'une fusée, réussi ou non.
Compte à rebours. Décollage. Scène de joie incroyable dans la salle de contrôle.
Curieusement, je n'y avais jamais réfléchi. Comme souvent à la télé, on prend ce qu'on nous donne sans discuter, ça passe ou ça casse, pas le temps de réfléchir qu'on se retrouve dans le Vaucluse pour l'ouverture du Beaujolais. Pas le temps de voir que l'ombre de Buzz Aldrine déconne complètement lors de son premier pas sur la Lune.
Cette joie dans la salle de contrôle, les tapes dans tous les sens, les gens qui s'embrassent, à chaque lancement réussi chez des professionnels du lancement de fusée, c'est quand même lourd de sens. On imagine la pression ressentie par chaque collaborateur, qui sait très bien que le bâtiment a des chances de ne jamais arriver à destination, équipage avec. Quand on revient sur les causes d'accident dans ce secteur, on comprend que bien peu de choses peuvent tout faire rater, coûter des vies, des millions de dollars et d'heures de travail; c'est un projet de plusieurs années qui peut partir en fumée en quelques secondes sous le nez de centaines de milliers de téléspectateurs. On ne se cure pas le nez le jour du lancement, à Cap Canaveral, sous peine de finir au Zapping.
On parle de pression.
Quel rapport entre Cap Canaveral et la communication ?
Tout. Sauf la fusée.
Le lancement, la pression de résultat, les délais de malade, l'impression que toute la planète vous regarde et que c'est le drame à la moindre erreur. Dans la communication, on ne lance pas des fusées (mais ça ne saurait tarder, elles seront rouges et jaunes, on sait tout faire dans la com, on n'a peur de rien). On lance des opérations promotionnelles, des campagnes publicitaires, à tire-larigo, et on brasse des budgets colossaux.
Bon, j'exagère. Il y a bien des petites différences.
Le chef de projet, à la NASA, ne retarde pas un lancement pour grossir le logo sur la fusée à la dernière minute. Claire Chazal et CNN attendent !
Il ne viendrait pas à l'idée du pilote, même en proie à une forme de fatigue mélée de dépression, d'expédier la fusée dans un champ de patates uniquement parce qu'il en a plein le dos.
Le préposé au contrôle de pression des turbines ne se permettrait pas, par peur de tout faire foirer, de ne pas dire qu'il y a un gros voyant rouge qui clignote alors que le lancement se prépare.
"Je m'en fous, c'est pas ma fusée !", ça n'existe pas à Cap Canaveral.
Quand on participe à un lancement avec des vies en jeu, on est toujours lucides et responsables.
Enfin, j'espère…