Le roi est fou !
Par Admin le jeudi 13 décembre 2007, 00:14 - Communication - Lien permanent
On peut passer des mois à chasser une bonne recrue. On peut chercher pendant des années l'idée géniale qui remettra une entreprise sur les rails (sans jamais la trouver). Et parfois, on peut tout simplement tomber nez à nez, au détour d'un couloir, sur la cause essentielle de tous les maux d'une entreprise.
C'est une expérience unique.
Un moment de cinéma, le dénouement d'un terrible scénario.
Voilà l'homme qui prend les décisions que les autres regrettent, qui opère les changements à ne surtout pas opérer, qui recrute et finit par promouvoir au détriment de ceux qui triment les incompétents les plus aboutis de la profession - une classe d'élite.
Le voilà, triomphant en petit comité, parmi ceux qui comptent, célébrant sa dernière trouvaille avec une satisfaction d'une rare pureté.
Au milieu de ce petit discours informel, une phrase, une seule, à retenir, un contre-sens caractérisé. L'expression d'une certitude dénuée de réalité.
Il ne s'agit même pas de favoritisme, du moins pas à ce moment-là, peut-être quelques semaines plus tôt.
Ce moment-là, c'est la grande illusion. La magie. Le charme agit. L'employeur se fait prestidigitateur, il change l'incompétent en travailleur qualifié, adoubé par la direction, doublement certifié.
Cet homme-là a fait son choix, à la tête de l'employé qui lui plaît bien, avec qui il a partagé à peine quelques phrases, les siennes; la personne qui a eu le bon goût de l'écouter parler sans l'interrompre, qui n'a pas eu le temps ni l'occasion de démontrer ses nombreux défauts, sera son atout, son champion, son legs à l'entreprise, frappé de son sceau.
Cet homme-là ne se trompe jamais. Certains savent qu'il se trompe mais ne peuvent pas le contrer-dire; ceux qui peuvent le contre-dire ne savent pas.
Dans une entreprise qui se cherche, cet homme-là est le plus dangereux de tous, car il ne se contente pas d'être incompétent : il recrute les incompétents, les garde, les multiplie. Il cultive la médiocrité, récompense au pif, et s'indigne des mauvais chiffres de l'entreprise, qu'il explique très bien : le marché, le 11 septembre (2001, ça date quand même, non ?), les clients, le numérique (qui n'est donc pas un progrès ?)…
Et cet homme est chef d'entreprise…