Quand le patron fait peur
Par Admin le jeudi 3 janvier 2008, 22:42 - Essai - Lien permanent
Que feriez-vous si vous étiez chef d'entreprise ?
Seriez-vous capable de prendre les bonnes décisions, celles qui assurent la survie ou la prospérité de votre société ?
À l'heure des comptes, par exemple, seriez-vous capable de précipiter un départ, d'influencer une femme enceinte pour faire commencer son arrêt maladie assez tôt pour économiser une partie de sa paye, aux frais de l'assurance maladie ? De retenir un employé en lui promettant une augmentation, mais de retarder l'échéance, de laisser filer les semaines, d'attendre qu'il vous relance et, s'il finit par s'agacer du délai, de le sermonner en lui expliquant que les temps sont durs pour tout le monde ?
Seriez-vous capable de demander à un cadre à qui vous avez accordé une prime confortable de signer une reconnaissance de dette du montant acquis, de manière à faire passer la somme comme un prêt fictif, pour ne régulariser la transaction qu'au cours de l'année suivante ? La manipulation permet à votre employé de toucher la somme convenue sur le champ (il l'attend depuis des mois), mais elle n'apparaît pas dans les comptes de l'année en cours : l'employé ne paie pas d'impôts pendant un an, et la somme n'apparaît sur les registres que l'année d'après.
Pas très légal, tout ça…
Mais alors, seriez-vous un patron légal ? Un bon payeur ? Un patron honnête et dévoué pour vos employés ?
Ou bien, pour gagner quelques milliers d'euros, vous montreriez-vous capable de faire pression sur des gens plus faibles, influençables ?
Une entreprise peut-elle bien fonctionner avec un gentil patron ?
Combien de patrons, dans l'ensemble, sont complètement irréprochables et efficaces à la fois ? La question se pose, car il est toujours plus facile d'identifier un patron douteux que de prouver la totale transparence d'un patron parfaitement honnête.
Au bout du compte, entre les scandales financiers de très grandes entreprises comme Enron, et les témoignages des employés d'une PME parisienne, le nombre d'affaires douteuses est tel qu'on finit par se demander qui est irréphochable, et qui est à deux doigts de se faire coincer.
Car le pire, dans tout cela, c'est qu'il ne s'agit pas fatalement de gangsters à part entière; certains sont juste un peu filous (ce qui n'excuse rien). Il suffit, au fond, de quelques subtilités d'écriture pour faire le pas fatidique.
Alors, finalement, est-ce vous avez vraiment la trempe d'un patron ?
Commentaires
Évidemment le moindre de mes commentaires à ce sujet pourrait être mal interprété, je ferais donc le commentaire suivant : pas de commentaire ! :-D
Ce blog est entièrement libre, Éric, même s'il reste modérable. Tes commentaires généralement éclairés sont les bienvenus et ne sont pas soumis à interprétation. En tant que patron, tu es particulièrement bien placé pour t'exprimer sur ce sujet délicat.
Le chef d'entreprise considère son salarié comme un râleur qui en veut à son argent, le salarié, lui, considère qu'il est exploité (les deux ont tout faux selon moi) mais dans l'équation il y à un autre élément.
En réalité on oublie trop souvent que l'entreprise est une autre personne (personne morale) et qu'elle répond à une logique financière différente des deux autres et très claire : faire de l'argent et si possible un peu plus chaque année sinon elle meurt. Le papatron est responsable de l'enfantreprise !
Certains patrons n'hésiterons pas à magouiller pour augmenter leurs revenus (non pas pour sauver l'entreprise, personne peut croire cela) c'est alors condamnable puisque ça met en jeu la vie de la société et de ses salariés.
Mais dans quel genre de boîte avez-vous donc traîné ???