Quidamned !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 1 janvier 2008

Fortifications de fête

_MG_5741_palissades_02.jpg

Cette année, une nouvelle mode a fait son apparition sur les Champs-Élysées.

Les touristes, on a l'habitude. Les autochtones éméchés qui viennent s'embrasser à Minuit, c'est une tradition. Les appareils photo se multiplient, mais ne sont pas nouveaux.

La dernière mode, le grand chic, c'est la palissade.

Nombre de grands magasins ont organisé dans l'après-midi, en prévision de l'imprévisible, la fortification de leurs vitrines, comme la boutique Hugo Boss ci-dessus. On pouvait voir des ouvriers poser à la tombée de la nuit des planches de couleur sobre, un bleu nuit sur notre photo, qui donnent à la plus belle rue de la capitale une allure de bidon-ville.

Pour les grandes enseignes qui payent si cher le droit de se montrer sur l'une des artères les plus visitées de Paris, l'heure n'est plus à la pub, mais à la sauvegarde.

À l'origine de cette protection, sans doute une astuce perdue entre deux paragraphes d'un contrat d'assurance.

La Mairie de Paris avait déjà mis en place un service redoutablement efficace pour ramasser les tessons de bouteille par millions qui jonchent chaque année la chaussée entre l'Étoile et le carré Marigny, autant de bouteilles jetées par les badauds bien nigauds qui s'embrassent et se débarrassent, ivres à plus d'un titre dans la célébration du nouvel an.

L'escalade continue.

Désormais, il faut prévoir le pire, l'étape qui précède la guerre civile, le chaos ordinaire d'une fin d'année bien arrosée.

Aujourd'hui, la simple palissade en bois. Demain, le rideau de fer ?

vendredi 23 novembre 2007

L'art du cadre

Il y a ceux qui en sont et ceux qui n'en sont pas.

Moi, je n'entre pas dans le cadre.

Enfin ça dépend. Parfois, ça dépasse.

Dans le système bancaire, par exemple, l'argent virtuel permet des dérapages.

Au Moyen-Âge, pas de bourse, pas de consommation. Aujourd'hui, à l'ère numérique, pas de sou, je consomme quand même et je négocie un sursis. Régulièrement, ma banque me rappelle que me découvert n'entre pas dans le cadre de nos conventions; quelque chose comme ça. Dans le langage bancaire, ça veut dire quelque chose, même si au fond, sortir du cadre est autorisé : c'est une forme de service, payant. C'est négociable. C'est tentant. Un peu comme quand une société de jeu en ligne vous rappelle qu'il faut être un joueur responsable. L'exemple type de l'oxymore !

Fini le goût du néant, à nous le jeu responsable. La folie mesurée. La débauche réglementaire. Le goût du cadre, je ne l'ai jamais eu. Tout petit déjà, je sortais de mon parc. C'est plus fort que moi, je déborde. Mon médecin en est conscient. Mon tailleur le voit bien. Mon banquier désespère.

De là à dire que ces gens-là ne peuvent pas m'encadrer…

lundi 19 novembre 2007

Weak wiki culture

Le pouvoir au peuple, la liberté de surfer et d'écrire, n'est heureusement pas la base de l'internet. Si vous cherchez la bonne information, faites avant tout confiance aux sites officiels. Mais le principe du wiki, qui permet à n'importe qui de collaborer par sa science à l'encyclopédie en ligne, aux réseaux peer-to-peer ou tout simplement via leur propre site, rend internet dans sa globalité aussi fiable que le témoignage d'un membre amnésique d'Al-Qaeda. Et si tout le monde s'y met, la majorité des informations présentes sur la toile pourraient s'avérer inutiles.

Pire qu'un virus, le quidam mal informé aurait tendance à pourrir le grand réseau de manière sournoise et préoccupante. C'est le malfaiteur idéal : il ne sait même pas ce qu'il fait ! Un vrai casse-tête.

Par exemple, si vous cherchez une vidéo de concours de slam de lycée (basketball), vous risquez de télécharger par mégarde un concours de slam de la NBA (basket pro américain); d'après le titre du fichier, l'image serait accompagnée d'un mix de James Bond par Moby, mais il s'agit en fait d'un titre de la bande originale du film Mission : Impossible (1996), réalisé par Larry Mullen et Adam Clayton, respectivement batteur et bassiste du groupe U2.

D'ailleurs, dès qu'un titre sonne un peu électronique, il est généralement attribué à Moby ou à Fatboy slim, comme s'ils avaient le monopole du genre. Avant de télécharger, il faut livrer sa propre enquête, vérifier par exemple si Enya et Moby ont collaboré à un titre en studio, si l'un s'est jamais servi du titre de l'autre pour en faire un remix, ou si les deux artistes se sont croisés sur scène lors d'un concert ou d'un gala. Une recherche que devrait effectuer chaque utilisateur avant de mettre un fichier à disposition sur son volume personnel partagé. Ce serait tellement plus simple pour tout le monde…

Pourquoi chercher la petite bête, me direz-vous ? C'est pourtant simple : tout le bonheur d'internet, c'est de pouvoir échanger des choses relativement librement, mais sans un minimum de structure et de sérieux, le modèle n'a aucun intérêt pour qui que ce soit. Personne n'a envie de télécharger n'importe quoi. Avant de mettre quelque chose en ligne, il faut se renseigner un peu, intituler les fichiers correctement. Si ce travail vous affole, abtenez-vous ! Laissez internet aux professionnels et aux amateurs éclairés.

Internautes, si vous prétendez informer, faîtes vos devoirs. Sinon, on bascule dans une sous-culture crasseuse où tout le monde s'appelle plus ou moins Moby, appartient plus ou moins à la Starac, on perd alors toute la richesse supposée du monde internet. Autant allumer la télévision et regarder TF1 ou M6.