
Cette année, une nouvelle mode a fait son apparition sur les Champs-Élysées.
Les touristes, on a l'habitude. Les autochtones éméchés qui viennent s'embrasser à Minuit, c'est une tradition. Les appareils photo se multiplient, mais ne sont pas nouveaux.
La dernière mode, le grand chic, c'est la palissade.
Nombre de grands magasins ont organisé dans l'après-midi, en prévision de l'imprévisible, la fortification de leurs vitrines, comme la boutique Hugo Boss ci-dessus. On pouvait voir des ouvriers poser à la tombée de la nuit des planches de couleur sobre, un bleu nuit sur notre photo, qui donnent à la plus belle rue de la capitale une allure de bidon-ville.
Pour les grandes enseignes qui payent si cher le droit de se montrer sur l'une des artères les plus visitées de Paris, l'heure n'est plus à la pub, mais à la sauvegarde.
À l'origine de cette protection, sans doute une astuce perdue entre deux paragraphes d'un contrat d'assurance.
La Mairie de Paris avait déjà mis en place un service redoutablement efficace pour ramasser les tessons de bouteille par millions qui jonchent chaque année la chaussée entre l'Étoile et le carré Marigny, autant de bouteilles jetées par les badauds bien nigauds qui s'embrassent et se débarrassent, ivres à plus d'un titre dans la célébration du nouvel an.
L'escalade continue.
Désormais, il faut prévoir le pire, l'étape qui précède la guerre civile, le chaos ordinaire d'une fin d'année bien arrosée.
Aujourd'hui, la simple palissade en bois. Demain, le rideau de fer ?