Quidamned !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 5 janvier 2008

Le fantasme du refus personnalisé

Est-ce que l'on prend mieux un refus quand il vous est adressé personnellement ?

Dans le cadre d'une candidature, c'est la loi de la jungle, il y a un élu pour 12 à 450 déçus. La plupart sont froissés, vexés ou blessés, ou les trois à la fois.

Je le sais, j'en veux toujours à la société Virgin Megastore de n'avoir pas retenu ma candidature au siècle dernier car je n'avais pas le profil recherché, disait une lettre standard comme on les déteste tant.

Un refus, c'est un refus, que ce soit standard ou sur mesure, quelle différence ?

Confronté au problème régulièrement depuis que je suis passé de l'autre côté de la barrière et que mon employeur me fait confiance pour décider des entrées dans mon service, j'ai d'abord tenté de jouer le jeu. Lors de mon premier recrutement, ayant mal formulé mon annonce, j'ai dû répondre à une centaine de candidatures souvent mal cadrées, parfois juste un peu décalées, et de temps en temps pas faciles à départager. Eh bien à moins de décider d'y passer ses nuits, puis d'arrêter carrément de travailler pour ne se consacrer qu'au courrier, on finit par se rendre à l'évidence : il n'y a pas moyen de paraître humain quand on refuse une candidature.

Il faut répondre rapidement pour que les gens passent à autre chose, sachent qu'on s'est occupé d'eux, on ne fait pas attendre bêtement un demandeur d'emploi. Il a autre chose à faire et surtout, ce n'est pas la peine de laisser planer le doute, de donner de faux espoirs. Le recruteur vous doit bien ça.

Le refus doit comporter 5 aspects incontournables :
1 - on s'est intéressé à la candidature, on cite un passage du CV
2 - on signale très vite si la candidature cadrait avec l'annonce - si c'est non, on a trouvé une sortie qui ne froisse personne, on la prend et on abrège
3 - on explique très clairement qu'il s'agit d'un refus - pas d'euphémisme, de style ou de poésie, c'est non, ne rappelez pas
4 - on est désolé, mais on ne peut pas prendre tout le monde
5 - on encourage à poursuivre les démarches et on souhaite bonne chance, on n'est pas là pour décourager les gens.

On ne fait surtout pas d'humour. Votre meilleur copain vous embaucherait, nous ne sommes donc pas votre ami, mais bel et bien cet employeur qui n'a pas besoin de vous. Faire de l'humour ou du calembour dans un tel courrier, ce serait de la provocation.

Au bout du compte, on retombe très vite dans les mêmes schémas, et à moins d'être un écrivain qui s'ignore, on finit par écrire les mêmes lettres. En voulant personnaliser mais dire les mêmes choses à tout le monde, par souci d'équité et surtout par trouille d'oublier un détail crucial (le fait qu'il s'agit d'un refus, par exemple), on obtient des courriers très semblables à des lettres standard; il y a peu de chances que le destinataire croit une seule seconde que vous y avez passé du temps.

De toutes façons, une mauvaise nouvelle reste une mauvaise nouvelle. Candidats malheureux, essayez donc de ne pas vous formaliser : la plupart du temps, le recruteur est aussi malheureux que vous de n'avoir pas pu satisfaire votre requête. Bon courage pour la suite de vos démarches…

jeudi 20 décembre 2007

C'est au cul du camion qu'on trouve l'offre d'emploi

_MG_5385c.jpg

Le vrai problème du chômage en France, vous l'avez peut-être sous les yeux.

Les emplois existent !

C'est juste difficile de les trouver.

Prenez cette annonce, par exemple. Il faut aller la chercher !

Quel chômeur aurait l'idée, quand il se promène en voiture (s'il a toujours une voiture), de regarder à l'arrière d'un camion, au milieu des inscriptions de toutes sortes, plaque d'immatriculation, indications de vitesse, et autres marques, s'il n'y a pas une offre d'emploi ?

Est-ce là une initiative de dernière minute, une preuve de détresse ?

Si vous voyez ce camion, peut-être serez-vous séduit par cette vision de rêve, ce paradis sur roues, cette fabuleuse destinée ?

Vous n'y avez jamais pensé, mais là, en attendant que le feu passe enfin au vert, vous avez lu cette annonce et vous avez décidé de prendre votre vie en mains.

Piéton, en passant entre deux voitures, avant de traverser, vous êtes tombé sur cette annonce, et vous vous êtes dit : quelle bonne idée ! Finie la vie pédestre, à moi les nuits blanches au volant d'un 15 tonnes !

On se moque, mais si ça se trouve, la méthode fonctionne. Les routiers, amateurs comme professionnels, ont peut-être l'habitude de regarder les annonces au cul du camion. Après tout, les commerçants affichent bien leurs annonces sur leur propre porte.

En cherchant bien sur la poubelle de votre immeuble, peut-être trouverez-vous une annonce pour un emploi dans le tri sélectif ?

De nos jours, pour trouver un emploi, il faut ouvrir l'œil.

samedi 15 décembre 2007

Commerce mondial du jemenfoutisme

2007 est l'année de la surprise.

Comme chaque année, me direz-vous.

Stupeur et émoi à l'annonce de terribles nouvelles.

A la lecture du Monde, aujourd'hui, on peut apprendre qu'un élément essentiel à la fabrication des téléphones portables, le coltan, fait l'objet d'un traffic incroyable dans le monde.

Vous changez de téléphone trois fois par an, ces téléphones quasiment donnés par votre opérateur contre la certitude que vous allez rester client pendant 12 à 24 mois ? Vous perpétuez un traffic, vous assurez la prospérité d'une milice dans un pays lointain et quelque part, tout le monde s'en fout. L'Australie et le Congo, c'est pas la porte à côté.

Enfin, vous participez.

Contre votre gré, à votre insu, oui et non.

Vous ne vous informez pas et on ne vous informe pas vraiment. Ce n'est pas bon pour les affaires.

Si on faisait autant d'information sur la fabrication du produit et tout ce qu'implique sa production industrielle, qu'on fait de publicité, peut-être auriez-vous le choix.

Mais vous avez besoin de votre téléphone portable, n'est-ce pas ? Tout est fait pour ça. Vos baskets, votre PDA, tout votre style de vie est échaffaudé autour de ces produits.

Alors qui se soucie, au bout du compte, si ce besoin finance des activités criminelles quelque part dans le monde ?

C'est tout le problème de l'insouciance, en 2007, malgré les progrès inimaginables des système d'information.

Tout le monde s'en fout.

Lien vers l'article du ''Monde''

jeudi 13 décembre 2007

Le roi est fou !

On peut passer des mois à chasser une bonne recrue. On peut chercher pendant des années l'idée géniale qui remettra une entreprise sur les rails (sans jamais la trouver). Et parfois, on peut tout simplement tomber nez à nez, au détour d'un couloir, sur la cause essentielle de tous les maux d'une entreprise.

C'est une expérience unique.

Un moment de cinéma, le dénouement d'un terrible scénario.

Voilà l'homme qui prend les décisions que les autres regrettent, qui opère les changements à ne surtout pas opérer, qui recrute et finit par promouvoir au détriment de ceux qui triment les incompétents les plus aboutis de la profession - une classe d'élite.

Le voilà, triomphant en petit comité, parmi ceux qui comptent, célébrant sa dernière trouvaille avec une satisfaction d'une rare pureté.

Au milieu de ce petit discours informel, une phrase, une seule, à retenir, un contre-sens caractérisé. L'expression d'une certitude dénuée de réalité.

Il ne s'agit même pas de favoritisme, du moins pas à ce moment-là, peut-être quelques semaines plus tôt.

Ce moment-là, c'est la grande illusion. La magie. Le charme agit. L'employeur se fait prestidigitateur, il change l'incompétent en travailleur qualifié, adoubé par la direction, doublement certifié.

Cet homme-là a fait son choix, à la tête de l'employé qui lui plaît bien, avec qui il a partagé à peine quelques phrases, les siennes; la personne qui a eu le bon goût de l'écouter parler sans l'interrompre, qui n'a pas eu le temps ni l'occasion de démontrer ses nombreux défauts, sera son atout, son champion, son legs à l'entreprise, frappé de son sceau.

Cet homme-là ne se trompe jamais. Certains savent qu'il se trompe mais ne peuvent pas le contrer-dire; ceux qui peuvent le contre-dire ne savent pas.

Dans une entreprise qui se cherche, cet homme-là est le plus dangereux de tous, car il ne se contente pas d'être incompétent : il recrute les incompétents, les garde, les multiplie. Il cultive la médiocrité, récompense au pif, et s'indigne des mauvais chiffres de l'entreprise, qu'il explique très bien : le marché, le 11 septembre (2001, ça date quand même, non ?), les clients, le numérique (qui n'est donc pas un progrès ?)…

Et cet homme est chef d'entreprise…

mardi 27 novembre 2007

Recherche d'emploi acharnée

Le recherche d'emploi, ça use, ça use. La recherche d'emploi, ça use les petits nerfs.

Pour gagner son bifteck, il faut savoir employer les grands moyens, c'est un fait, mais toujours avec tact.

C'est très facile à dire quand on est en CDI, mais les gens en poste sont toujours, eux aussi, en recherche de quelque chose : augmentation, évolution, intéressement… et ces choses-là se négocient longuement. Parfois sans succès.

Le propos reste le même pour tout le monde : zen !

Même si on joue sa vie, quelque part.

Même dans la détresse, gardez votre sang froid. Même avec les huissiers à la porte, gardez la tête haute; vous êtes toujours à un entretien du salut. Même si vous êtes dans votre droit, si vous convenez parfaitement au poste proposé, si c'est la neuvième candidature rejetée ce mois-ci, il n'est jamais de bon conseil de perdre son calme face à un employeur ou l'un de ses représentants.

L'entretien d'embauche commence à la minute où vous lisez l'annonce. Il ne faut surtout pas être désagrable avec la standardiste qui a pour mission de ne pas vous passer au téléphone la personne que vous cherchez à contacter. C'est une future collègue, vous n'avez aucun intérêt à vous la mettre à dos. Elle connait probablement votre employeur potentiel par son prénom; elle ne vous pistonnera pas, mais un mot défavorable de sa part peut précipiter votre CV à la corbeille. Surtout si vous postulez dans la communication.

Dans un contexte de chômage important, le marché est en faveur de l'employeur : il a l'embarras du choix. Personne n'embauchera un demandeur d'emploi agressif (à part peut-être dans certains milieux, mais ils recrutent généralement par relation).

Passez vos nerfs sur un oreiller, insultez dans votre tête l'employeur qui vient de refuser votre candidature, fâchez-vous virtuellement. Mais si vous avez une petite chance de trouver un jour la bonne opportunité, celle qui se cache là où vous ne l'attendrez plus, par pitié, n'allez pas la gâcher par un mot de travers à la mauvaise personne.

Il y a trop d'aléatoire dans la recherche d'emploi pour se permettre pareil risque.

vendredi 26 octobre 2007

Tout ça pour un téléphone…

Comment séduire, intriguer et divertir le consommateur aujourd'hui ?

Demandez à Steve Jobs, c'est son dada. Le destin de l'Iphone, c'est comme un épisode de Columbo. On connait déjà la fin, mais on reste jusqu'au bout !

Pas besoin de boule de crystal (un marché auquel ne s'intéresse pas encore la firme de Cupertino), on sait déjà que le dernier né frappé d'une pomme croquée va faire un carton à l'occasion des fêtes de fin d'année.

Il aurait été trop simpliste de l'annoncer lors de la toute récente Apple Expo. Trop attendu, le produit ne pouvait que satisfaire. Avec un peu de suspens (sortira, sortira pas ?), l'ombre des géants qui négocient l'avenir de la téléphonie, les théories les plus folles ont envahi le net, éclaboussé la presse traditionnelle, générant le buzz si recherché, celui qui fait pâlir d'envie Bill Gates.

Le phone selon Apple sera sans doute le produit de l'année. Révolutionnaire, ergonomique, beau. Mais pas économique. Un pur produit Apple.

Alors, quel sera votre Iphone ? Désimlocké, importé, envoyé par un ami qui vit dans un pays où tout est permis ? Sobre, vous allez adopter à la fois Apple et Orange, signature de contrat en bonne et due forme, garanti sur facture ?

Tout ce tintamare dans un marché saturé ? La convergence entre informatique informaticienne et grand public en un seul objet ? Plus fort que l'ipod ?

Apple, ou l'art de vendre.