Est-ce que l'on prend mieux un refus quand il vous est adressé personnellement ?
Dans le cadre d'une candidature, c'est la loi de la jungle, il y a un élu pour 12 à 450 déçus. La plupart sont froissés, vexés ou blessés, ou les trois à la fois.
Je le sais, j'en veux toujours à la société Virgin Megastore de n'avoir pas retenu ma candidature au siècle dernier car je n'avais pas le profil recherché, disait une lettre standard comme on les déteste tant.
Un refus, c'est un refus, que ce soit standard ou sur mesure, quelle différence ?
Confronté au problème régulièrement depuis que je suis passé de l'autre côté de la barrière et que mon employeur me fait confiance pour décider des entrées dans mon service, j'ai d'abord tenté de jouer le jeu. Lors de mon premier recrutement, ayant mal formulé mon annonce, j'ai dû répondre à une centaine de candidatures souvent mal cadrées, parfois juste un peu décalées, et de temps en temps pas faciles à départager. Eh bien à moins de décider d'y passer ses nuits, puis d'arrêter carrément de travailler pour ne se consacrer qu'au courrier, on finit par se rendre à l'évidence : il n'y a pas moyen de paraître humain quand on refuse une candidature.
Il faut répondre rapidement pour que les gens passent à autre chose, sachent qu'on s'est occupé d'eux, on ne fait pas attendre bêtement un demandeur d'emploi. Il a autre chose à faire et surtout, ce n'est pas la peine de laisser planer le doute, de donner de faux espoirs. Le recruteur vous doit bien ça.
Le refus doit comporter 5 aspects incontournables :
1 - on s'est intéressé à la candidature, on cite un passage du CV
2 - on signale très vite si la candidature cadrait avec l'annonce - si c'est
non, on a trouvé une sortie qui ne froisse personne, on la prend et on
abrège
3 - on explique très clairement qu'il s'agit d'un refus - pas d'euphémisme, de
style ou de poésie, c'est non, ne rappelez pas
4 - on est désolé, mais on ne peut pas prendre tout le monde
5 - on encourage à poursuivre les démarches et on souhaite bonne chance, on
n'est pas là pour décourager les gens.
On ne fait surtout pas d'humour. Votre meilleur copain vous embaucherait, nous ne sommes donc pas votre ami, mais bel et bien cet employeur qui n'a pas besoin de vous. Faire de l'humour ou du calembour dans un tel courrier, ce serait de la provocation.
Au bout du compte, on retombe très vite dans les mêmes schémas, et à moins d'être un écrivain qui s'ignore, on finit par écrire les mêmes lettres. En voulant personnaliser mais dire les mêmes choses à tout le monde, par souci d'équité et surtout par trouille d'oublier un détail crucial (le fait qu'il s'agit d'un refus, par exemple), on obtient des courriers très semblables à des lettres standard; il y a peu de chances que le destinataire croit une seule seconde que vous y avez passé du temps.
De toutes façons, une mauvaise nouvelle reste une mauvaise nouvelle. Candidats malheureux, essayez donc de ne pas vous formaliser : la plupart du temps, le recruteur est aussi malheureux que vous de n'avoir pas pu satisfaire votre requête. Bon courage pour la suite de vos démarches…
