Quidamned !

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dimanche 30 décembre 2007

Gérer sa connexion au monde

Faut-il être trentenaire pour comprendre tous les aspects des moyens de communication ?

Faut-il avoir connu le téléphone à cadran, avec sa sonnerie standard, imposée à tout le monde par le constructeur, pour vous réveiller du sommeil le plus profond en pleine nuit à travers 3 cloisons ?

Il semble que pour beaucoup de gens, les nouveaux moyens de communications ne soient absolument pas maîtrisés : ils sont littéralement subis.

Et pourtant, comme tout objet, tout bien de consommation, ces merveilles technologiques sont étudiées pour s'adapter au consommateur, et non l'inverse.

Le volume de la sonnerie est modulable depuis des années. Le choix de la sonnerie est plus ou moins restreint, d'aucuns ne savent même pas qu'ils entendent l'hymne national hollandais à chaque appel. Le vibreur, en particulier, est une merveille : discret, relativement efficace, c'est généralement la meilleure option pour être prévenu d'un appel sans assourdir ses voisins avec une version polyphonique de la Marseillaise.

Ensuite, et c'est plus compliqué, le téléphone, portable ou fixe, tout comme internet, le fax, ont une fonction essentielle trop souvent oubliée du fait de leur autonomie toujours plus longue et de la généralisation de l'illimité : toutes ces merveilles peuvent être éteintes à tout moment, aussi longtemps que vous le souhaitez.

Si vous souhaitez vous adonner à une activité sans être dérangé, déconcentré ou interrompu, il suffit de mettre tout votre matériel hors-tension. Vous retournez ainsi au Moyen-Âge, en termes de télécommunications. Vous devenez soudain injoignable, déconnecté du monde. Vous n'êtes plus disponible que pour l'activité que vous avez choisie, pour la personne qui vous accompagne dans ces instants exquis, où seule la perceuse du voisin peut vous atteindre.

Un ami n'avait jamais réalisé qu'il pouvait décrocher son téléphone pour ne plus être dérangé dans ses moments les plus intimes. Il n'y avait jamais pensé. Et pourtant, quelle nuisance. Un cas typique de coïtus interromptus a telephono.

Est-ce si difficile ? Cela vous parait-il stupide, désuet, inutile ? L'électronique serait-elle addictive ? Seriez-vous devenu sans le savoir un maniaque de la communication ?

Au-delà de l'aspect purement technologique, qu'est-ce qui pousse les gens à se rendre disponible en permanence ?

Il y a ceux qui considèrent que c'est ça le progrès, qu'il faut nécessairement être joignable en permanence, parce que c'est écrit dans le manuel. Si on a besoin de moi, je suis là. Qu'on se le dise.

Il y a ceux qui veulent qu'on les appelle. Qui appellent les autres pour leur demander pourquoi on ne les a pas appelé. Qui s'inquiètent d'un intervalle trop long entre deux sonneries. Les appeler, c'est s'intéresser à eux. Les appeler, c'est un peu les aimer. En plein dîner, ils s'éclipsent de table, mais pas trop loin, pour qu'on entende vaguement la conversation, les éclats de rire, sans pouvoir réellement écouter; au retour à table, on a droit au CV de la personne qui a appelé, le sujet de la conversation, la bonne nouvelle… Forcément, pour ces gens-là, la fin du forfait est une fatalité, la panne de batterie un drame.

Enfin, il y a les pros. Ceux dont le portable est payé par l'entreprise, qui doivent répondre à tout prix, leur mode de vie est réglé autour du portable. Mais ils échappent peut-être désormais à la catégorie des êtres humains. Ils sont en service commandé 24h sur 24h. Se méfier des imitations : le semi-pro à qui son entreprise n'a rien demandé, mais qui s'est si mal débrouillé dans son travail qu'il reçoit des alertes à tout moment, qu'il doit réparer ses errements à distance, son job n'en dépend pas vraiment, mais il aime à le penser et à le faire croire aux autres. Cet animal-là est le roi du coïtus interromptus a job. Reviens vite mon chéri; va sauver le monde !

Pour avoir fait le tour de la question, des irréductibles soucieux de leur bonheur et fâchés par l'attitude abusive des opérateurs de téléphonie mobile en France, avec des forfaits en légère augmentation sur 10 ans et des terminaux invariablement inabordables. Joignables par mail ou par ligne fixe, au prix d'une sonnerie si douce qu'on ne l'entend pas toujours.

Rater un appel, est-ce si grave ?

Mon entourage le sait : si vous avez un problème de santé, appelez une ambulance, le numéro est plus court. Un incendie ? Attrapez un extincteur, appelez les Pompiers, mais ne me dérangez pas. Un danger ? Appelez la Police !

Et si Jean-Pierre Foucault appelle pour me faire gagner des millions (improbable puisque je suis sur liste rouge), je risque fort de passer à côté de la fortune.

Ne dit-on pas, après tout, que le silence est d'or ?

samedi 15 décembre 2007

Commerce mondial du jemenfoutisme

2007 est l'année de la surprise.

Comme chaque année, me direz-vous.

Stupeur et émoi à l'annonce de terribles nouvelles.

A la lecture du Monde, aujourd'hui, on peut apprendre qu'un élément essentiel à la fabrication des téléphones portables, le coltan, fait l'objet d'un traffic incroyable dans le monde.

Vous changez de téléphone trois fois par an, ces téléphones quasiment donnés par votre opérateur contre la certitude que vous allez rester client pendant 12 à 24 mois ? Vous perpétuez un traffic, vous assurez la prospérité d'une milice dans un pays lointain et quelque part, tout le monde s'en fout. L'Australie et le Congo, c'est pas la porte à côté.

Enfin, vous participez.

Contre votre gré, à votre insu, oui et non.

Vous ne vous informez pas et on ne vous informe pas vraiment. Ce n'est pas bon pour les affaires.

Si on faisait autant d'information sur la fabrication du produit et tout ce qu'implique sa production industrielle, qu'on fait de publicité, peut-être auriez-vous le choix.

Mais vous avez besoin de votre téléphone portable, n'est-ce pas ? Tout est fait pour ça. Vos baskets, votre PDA, tout votre style de vie est échaffaudé autour de ces produits.

Alors qui se soucie, au bout du compte, si ce besoin finance des activités criminelles quelque part dans le monde ?

C'est tout le problème de l'insouciance, en 2007, malgré les progrès inimaginables des système d'information.

Tout le monde s'en fout.

Lien vers l'article du ''Monde''

jeudi 6 décembre 2007

Pouvoir d'aphone

Comment va votre pouvoir d'achat en ce moment ?

Noël approche, les sapins sont de sortie, et la grande question, c'est… combien ? Combien allez-vous pouvoir dépenser ?

Attention, ce chiffre vous définit en tant que personne.

Vous connaissez le score de l'année dernière, il va falloir faire encore mieux cette année.

Combien, la diagonale de votre future télé Full HD, qui ne se chiffre plus en centimètres, mais en pouces ? Combien de chevaux, la prochaine voiture ? Combien de watts, les enceintes ? Combien de millions de pixels, l'appareil photo-téléphone-lecteur MP3-video ?

Le pouvoir d'achat, au cœur des débats un peu partout en France, vous n'y échappez pas, vous êtes concerné, puisque vous n'arrêtez pas de dépenser. Le pouvoir d'achat, vous l'avez, vous vous êtes bien débrouillé, encore, cette année.

Evidemment, tout augmente. Le prix, proportionnel à votre désir, n'arrête pas de grimper.

Fight Club, c'est démodé. Les objets que vous possédez vous possèdent depuis bien longtemps.

Votre prochain téléphone mobile ne sera pas le dernier : il est déjà dépassé à son arrivée en rayon.

Votre forfait de téléphone mobile, c'est un loyer dont vous devez vous acquitter pour être habité par une cartouche qui sonne et qui vibre, qui vous sauve la vie plusieurs fois par jour et qui vous réveille même la nuit.

Il y a le forfait, et le hors-forfait. Une minute de trop et c'est l'amende. Tolérance zéro. Dépendance totale.

Quand vous discutez au téléphone, est-ce que vous pesez davantage vos mots quand vous êtes hors-forfait ? Est-ce que vous stressez quand vous arrivez dans la dernière minute ? Est-ce que vous entendez tomber les euros de votre poche quand la conversation s'éternise ? Vous arrive-t-il de soupçonner vos amis de toucher une commission sur vos minutes de dépassement ?

En cas de grand dépassement, pourrait-on négocier avec son opérateur une remise de peine pour bonne conduite, une liberté d'appeler à condition de donner les noms de ses complices, échanger des renseignements sur leurs habitudes de consommation contre quelques minutes de plus ?

Il y a toujours une vie au-delà du forfait, une vie surtaxée.

C'est sans doute un réflexe de consommateur : le bonheur est dans le prix.

On vous vend le téléphone fixe illimité, vous consommez du portable toujours trop limité. Vous préférez la discussion de couloir, dans la rue ou dans une brasserie au beau milieu du déjeuner à la tranquille conversation du soir dans un fauteuil. On vous vend internet haut débit illimité à prix fixe sur des écrans 24 pouces, mails à volonté, vous voulez envoyer des SMS payants en toute liberté, du surf rationné sur un écran minuscule que vous tapotez en y laissant l'empreinte de doigts tous gras. On vous donne un portable correct avec votre forfait, il vous faut le tout petit trop petit très cher qui prend de la vidéo, dessiné par un spécialiste de la voiture de sport, qui fait des photos approximatives de vous joue contre joue avec une amie dans une boîte parisienne une vodka-orange à la main. Vous avez MSN gratuit au bureau et à la maison, vous allez trouver le moyen de payer une petite fortune pour l'avoir aussi dans le métro !

Et vous êtes tellement utile à l'activité économique de votre pays qu'au bord du déficit, d'aucuns négocient actuellement pour vous permettre de continuer à consommer.

Vous avez demandé le pouvoir ? Ne quittez pas…

mardi 27 novembre 2007

Recherche d'emploi acharnée

Le recherche d'emploi, ça use, ça use. La recherche d'emploi, ça use les petits nerfs.

Pour gagner son bifteck, il faut savoir employer les grands moyens, c'est un fait, mais toujours avec tact.

C'est très facile à dire quand on est en CDI, mais les gens en poste sont toujours, eux aussi, en recherche de quelque chose : augmentation, évolution, intéressement… et ces choses-là se négocient longuement. Parfois sans succès.

Le propos reste le même pour tout le monde : zen !

Même si on joue sa vie, quelque part.

Même dans la détresse, gardez votre sang froid. Même avec les huissiers à la porte, gardez la tête haute; vous êtes toujours à un entretien du salut. Même si vous êtes dans votre droit, si vous convenez parfaitement au poste proposé, si c'est la neuvième candidature rejetée ce mois-ci, il n'est jamais de bon conseil de perdre son calme face à un employeur ou l'un de ses représentants.

L'entretien d'embauche commence à la minute où vous lisez l'annonce. Il ne faut surtout pas être désagrable avec la standardiste qui a pour mission de ne pas vous passer au téléphone la personne que vous cherchez à contacter. C'est une future collègue, vous n'avez aucun intérêt à vous la mettre à dos. Elle connait probablement votre employeur potentiel par son prénom; elle ne vous pistonnera pas, mais un mot défavorable de sa part peut précipiter votre CV à la corbeille. Surtout si vous postulez dans la communication.

Dans un contexte de chômage important, le marché est en faveur de l'employeur : il a l'embarras du choix. Personne n'embauchera un demandeur d'emploi agressif (à part peut-être dans certains milieux, mais ils recrutent généralement par relation).

Passez vos nerfs sur un oreiller, insultez dans votre tête l'employeur qui vient de refuser votre candidature, fâchez-vous virtuellement. Mais si vous avez une petite chance de trouver un jour la bonne opportunité, celle qui se cache là où vous ne l'attendrez plus, par pitié, n'allez pas la gâcher par un mot de travers à la mauvaise personne.

Il y a trop d'aléatoire dans la recherche d'emploi pour se permettre pareil risque.

lundi 12 novembre 2007

Phone culture

Qu'est-ce qui rythme votre journée ?

Il faut se lever le matin pour aller travailler, beaucoup trop tôt.

Vers midi, il faudra déjeuner.

En fin d'après-midi, on finit bien par quitter le travail, faire quelques courses, on s'efforce d'arriver à temps pour ne pas rater une émission de télé, on se prépare un plateau pour regarder les informations à 20h, le film du soir ou bien un DVD.

Toute cette mécanique est bien rôdée, 5 jours par semaine, le weekend est un peu plus aléatoire.

Enfin, c'était avant l'émergence du téléphone mobile.

Quel stress !

Chaque minute, quelqu'un peut appeler pour proposer un déjeuner, annuler un rendez-vous, précipiter le cours des événements.

En général, c'est la famille ou des amis.

Si vous avez un poste à responsabilités, c'est votre supérieur (le fameux n+1, comme on dit quand on est branché) qui appelle pour vous rappeler la réunion du lendemain - en fait, un petit coup de pression pour se rassurer, puisqu'il vous a vu noter le rendez-vous sur votre PDA.

Ou alors, c'est un n-1 plus prompt à décrocher son téléphone qu'à résoudre ses propres problèmes, tellement dépendant de vous, qui appelle au secours, vous permettant une nouvelle fois de sauver la planète et de montrer à quel point vous êtes important…

Si vous êtes encore néophite, vous recevez régulièrement des alertes promotionnelles de votre fournisseur, mais vous ne le savez pas tout de suite, votre esprit cherche pendant quelques secondes, en panique, qui peut bien vous solliciter. Votre grand-mère toujours un peu souffrante ? La Française des Jeux qui vous cherche partout pour toucher enfin votre super-cagnotte ?

Est-ce que c'est ce rush qui vous pousse à rester joignable toute la journée, 16 heures sur 24 ?

Est-ce que c'est l'imprévu, l'attente du coup de fil qui chamboule tout, qui vous fait décrocher si vite ?

Cette activité supplémentaire, écouter ses messages, envoyer des SMS, réengregistrer son message d'accueil, choisir sa sonnerie, changer son fond d'écran, est-ce absolument nécessaire, ou bien est-ce parce que c'est totalement superflu, précisément, que c'est amusant ?

Evidemment, le téléphone mobile est un progrès indéniable, un outil de communication devenu essentiel dans la vie de tous les jours. Il permet sans doute de sauver des vies, ou bien tout simplement de prévenir quand vous êtes en retard, et c'est déjà pas mal.

Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Un forfait entre 20 et 50 euros par mois, c'est-à-dire 240 à 600 euros par an hors dépassements, un terminal entre 100 et 300 euros, un ou plusieurs chargeurs prêts à fonctionner à la maison et au bureau, les contacts à mettre à jour, qu'on perd quand on change de téléphone, tout un style de vie modifié pour intégrer ce petit morceau de technologie qui fait des photos toutes petites ?

dimanche 11 novembre 2007

Une expérience humaine grâce à l'informatique

Je viens de lire un commentaire d'un lecteur et ami (dans le désordre), dans ma boîte mail, daté d'une petite heure environ.

C'est toujours fascinant de se dire qu'il y a une heure, cette personne était comme moi, devant un oridnateur, chez elle ou dans un web café, en France ou peut-être en voyage dans n'importe quel pays, peut-être qu'il y faisait jour.

Il y a une heure, cette personne était donc debout, et j'étais moi-même en train de bouiner (s'adonner à une activité quelconque) sans faire attention à ma boîte mail. J'aurais pu lire ce courriel instantanément, y répondre, peut-être avoir une réponse dans la minute suivante. Si j'étais branché MSN, on aurait même pu avoir une conversation. Il se trouve que le format courrier était meilleur, car on écrit plus facilement qu'on ne dit certaines choses.

After hours, passé 22h, on n'appelle pas les gens. C'est l'usage. On estime qu'ils dorment, qu'ils ont envie d'être tranquilles, on ne veut pas déranger.

Mais grâce à la technologie, on peut faire passer ses idées en temps réel, au moment où elles viennent, sans avoir à attendre que la personne soit disponible, et sans délai de livraison.

C'est de la communication instantannée, dans le respect des usages et des personnes.

C'est surtout un moyen de garantir la circulation des idées. Sans ces moyens, cette personne aurait sans doute oublié de m'appeler, je n'aurais probablement pas songé à la recontacter, et nous nous serions perdus de vue, alors que nous avons tant de choses à nous dire. Quelle honte ! (Sans cette technologie, je serais déjà couché depuis deux bonnes heures, et ma maman ne serait pas consternée par mes cernes, il faut bien le reconnaitre…)

Au bout du compte, la technologie rapproche les gens, à moindres frais et sans efforts. Ne vivons-nous pas une époque formidable ?

mercredi 31 octobre 2007

56 secondes

56 secondes, c'est le temps écoulé lors de ma dernière conversation téléphonique avec ma grand-mère, incluant une quizaine de sonneries avant décrochage.

Je poursuivais la conversation quand elle raccrocha brusquement, me laissant finir ma phrase, à peine entamée, dans le vide. Sensation désagréable que j'évite pourtant en veillant à ne pas laisser le moindre blanc entre deux phrases. Mais je ne suis pas le seul à travailler mon style, visiblement.

Et pourtant, rien ne presse.

Retraitée depuis quelques années, occupée à ne rien faire et à regarder la télé, ma grand-mère est plutôt bavarde en général, mais jamais au téléphone. C'est le propre des générations qui ont connu le téléphone depuis son origine, le coût de la communication étant prohibitif, rendant toute conversation minimaliste.

Or, bénéficiant d'un forfait illimité chez Free, je sais que cet appel téléphonique national ne me coûtera pas un sou, qu'il dure 1 ou 55 minutes. Ma grand-mère devrait le savoir, je lui ai dit maintes fois, mais elle a sans doute oublié, ce concept étant trop nouveau pour elle. Moi qui pensais la divertir un peu, je reste sur ma faim, mais je ne me formalise pas, bien entendu. Elle n'y est pas pour grand chose.

Les compagnies de télécoms, en revanche…

vendredi 26 octobre 2007

Tout ça pour un téléphone…

Comment séduire, intriguer et divertir le consommateur aujourd'hui ?

Demandez à Steve Jobs, c'est son dada. Le destin de l'Iphone, c'est comme un épisode de Columbo. On connait déjà la fin, mais on reste jusqu'au bout !

Pas besoin de boule de crystal (un marché auquel ne s'intéresse pas encore la firme de Cupertino), on sait déjà que le dernier né frappé d'une pomme croquée va faire un carton à l'occasion des fêtes de fin d'année.

Il aurait été trop simpliste de l'annoncer lors de la toute récente Apple Expo. Trop attendu, le produit ne pouvait que satisfaire. Avec un peu de suspens (sortira, sortira pas ?), l'ombre des géants qui négocient l'avenir de la téléphonie, les théories les plus folles ont envahi le net, éclaboussé la presse traditionnelle, générant le buzz si recherché, celui qui fait pâlir d'envie Bill Gates.

Le phone selon Apple sera sans doute le produit de l'année. Révolutionnaire, ergonomique, beau. Mais pas économique. Un pur produit Apple.

Alors, quel sera votre Iphone ? Désimlocké, importé, envoyé par un ami qui vit dans un pays où tout est permis ? Sobre, vous allez adopter à la fois Apple et Orange, signature de contrat en bonne et due forme, garanti sur facture ?

Tout ce tintamare dans un marché saturé ? La convergence entre informatique informaticienne et grand public en un seul objet ? Plus fort que l'ipod ?

Apple, ou l'art de vendre.

vendredi 7 septembre 2007

Apple écrase les prix… mais doit s'excuser

Pas facile d'être cool sur le marché du téléphone portable, quand on vient de l'informatique.

Apple semble honnête dans sa démarche, offrant le meilleur de la technologie au prix le plus juste. C'est un peu cher, mais beau et tellement pratique.

Le client Apple doit se faire une raison : s'il veut profiter du bond technologique bi-annuel de la marque (et de l'industrie en général), il doit composer avec le fait que tout matériel acheté devient automatiquement obsolète tous les six mois, parfois même plus rapidement; son prix aussi ! Si on calcule mal sa date d'achat, trop près d'une Apple expo par exemple, on s'expose à une grosse déception.

Cela tient au culte du secret de la marque la plus innovante du marché de l'informatique, composant primordial de sa stratégie, savant mélange de technologie et de marketing. Dans un contexte extrêmement concurrenciel, Apple ne peut pas se permettre de laisser filtrer la moindre information, perdant nécessairement au passage les consommateurs les moins aguéris.

Les acheteurs d'Iphone de la première heure ont fait une douloureuse expérience : ils n'ont pas voulu attendre, ils ont payé le prix fort. Deux mois après sa sortie, Steve Jobs a en effet annoncé une baisse de 200 dollars, une baisse aussi spectaculaire que soudaine. Une aubaine pour le futur acheteur, une "arnaque" pour celui qui a acheté le produit plus de deux semaines auparavant.

Le client Apple le sait bien : il ne faut jamais acheter une première génération de produits.

Apple teste son produit en le mettant sur le marché : c'est le seul moyen de le connaître vraiment, en situation réelle, dans les mains du client acheteur (paying customer), ses réactions étant plus révélatrices que celles d'un béta-testeur qui n'a pas dépensé un sou ou d'un employé de la firme californienne.

Au bout de quelques semaines de ventes, on connait généralement mieux le produit : son design définitif, ses capacités réelles, ses petits défauts, et du même coup l'intérêt réel de l'investissement. En quelque sorte, les premiers acheteurs décident du succès d'un produit Apple.

Tout en poursuivant ses recherches, la firme californienne attend elle aussi les réactions du public pour préparer son deuxième essai, qui peut intervenir sous la forme d'une mise à jour au bout de six mois, ou bien d'un changement radical un an après.

Dans la cas de l'Iphone, premier pas d'Apple sur le marché de la téléphonie mobile, un changement brutal de stratégie vient d'intervenir à peine 2 mois après le lancement des ventes, mais 8 mois après la toute première présentation du produit au public, selon une stratégie clairement agressive. Comme lors de la sortie de l'ipod shuffle, un baladeur mp3 caché dans une clé USB2 à un prix deux fois moindre que ceux de la concurrence, Apple a saisi l'opportunité de tuer le marché. Le but avoué est de toucher le grand public d'ici Noël.

Seulement voilà, un client, ça se respecte. Steve Jobs a dû présenter ses excuses au possesseurs d'iPhone, et la firme a logiquement offert de compenser une partie de la perte engendrée par cette baisse de prix sous forme d'avoir… sur un prochain achat Apple ! Si si, c'est un geste, ce n'est pas une démarche purement marketing… D'aucuns prétendent déjà qu'il ne s'agit pas d'une baisse de prix audacieuse, mais la révision d'un prix de départ sciemment gonflé afin de mieux profiter de l'enthousiasme du lancement de l'Iphone.

Cette expérience témoigne de la difficulté à sortir des bons produits, au bon moment, au bon prix. Apple innove, étonne, ravit… mais la recette de son succès peut aussi bien causer sa perte !