Quidamned !

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jeudi 18 juin 2009

Dure vie de consommateur (de DVD)

A peine le disque lancé, c'est le double KO.

D'abord, l'ALPA me répète que ce n'est pas bien de télécharger des films. Alors que je viens d'acheter ce DVD. Et que le pirate efface probablement le message de l'ALPA lorsqu'il produit une copie.

Ensuite, on me fait savoir que sans blu-ray, mon écran HD n'est qu'une bête télé. L'insulte.

J'étais bien, confortablement installé dans mon fauteuil IKEA, télécommande à la main, heure d'avoir enfin l'opportunité de voir "Le jour ou la terre s'arrêta" avec Keanu "Neo" Reeves, sur un DVD acheté à la Fnac.

Et en deux coups de pub, je suis fâché. Parce que j'ai 600 DVDs, que mon écran HD Samsung est une pure merveille, que je sais ce qu'est une bête télé, j'en avais encore une il y a deux ans, et que malgré tout l'attrait du Blu-ray et l'empressement des industriels à nous faire oublier le DVD, oui, je kiffe royalement mon pauvre petit DVD désuet, l'image est parfaite, les couleurs magnifiques, et je compte bien profiter de cette technologie pendant quelques années, avant de songer à m'équiper en encore plus fort, encore plus beau, et toujours un peu trop cher.

C'est tout le problème des nouvelles technologies. En termes d'image, le confort est indéniable.

C'est en communication que ça dérape. La promotion agressive est agaçante !

Ce que j'aimerais, surtout, quand je regarde un DVD dument acheté (à la Fnac en prix vert), après avoir vu pas plus tard qu'hier soir un film dans une salle de cinéma avec une place achetée plein pot (Terminator Salvation à l'UGC Normandie, avec environ une quarantaine de personnes à la séance de 22h), c'est qu'on me foute la paix !!!

Si ces messieurs de l'ALPA lisent ces lignes, s'il vous plait, pensez un peu à ces consommateurs bien gentils qui achètent les films et qui aimeraient ne plus se sentir agressés quand ils insèrent la précieuse galette dans leur platine.

mercredi 7 janvier 2009

Notion de liberté

Le salaire de Steve Jobs est un sujet d'étude à lui tout seul. Patron historique d'Apple, hors-normes, indispensable mais déjà remplaçable, à ce qu'on dit, richissime et néanmoins simple mortel.

L'homme murit, sa santé lui appartient, elle est ce qu'elle est, mais curieusement, il vient d'en perdre l'exclusivité, et cela contre son gré.

Comprenez bien que lorsque Steve Jobs tousse, l'action Apple perd des points. Si l'on apprenait que ses jours étaient comptés, ce serait un désastre financier. Toute information compte.

Déjà, la rumeur courait depuis quelque temps : une perte de poids remarquée, sa décision de ne pas participer au traditionnel "keynote", discours annuel annonçant les derniers bijoux de la firme, son exercice de prédilection… un doute un seul, et l'action en souffrait, toute une stratégie marketing risquait de tomber à l'eau, car déjà fondée sur le culte du secret, technologique, de la nouvelle exclusive, du coup de théâtre réglé au quart de seconde, au slide près.

Pour faire taire la rumeur et garantir la stabilité du cours, Steve Jobs a donc été contraint de partager avec les actionnaires (et ainsi le grand public) un secret qui n'a rien à voir avec l'informatique, celui de sa santé. On ne l'y reprendra plus, il l'a bien dit, mais c'est chose faite.

Même l'un des hommes les plus "puissants" au monde ne peut se soustraire à son devoir. Fort heureusement, les nouvelles sont bonnes, on s'en satisfera…

vendredi 5 septembre 2008

Hollywood : entre origines et originalité

Des nouvelles d'Hollywood, rapportées par mon ami Nicolas Copin, sur son blog. Il revient. Après Batman et Superman, c'est Robocop qui profite des progrès techniques et cinématographiques, ainsi que du renouvellement de génération, et de la grande place désormais attribuée aux héros de comics sur le très grand écran, pour dépoussiérer une franchise qui avait bien mal tourné.

Si vous avez raté Robocop, l'œuvre mythique de Paul Verhoeven (qui a enchaîné sur Basic Instinct et Starship Troopers, entre autres), vous n'avez probablement pas vu Robocop 2, d'Irvin Keschner, une suite inégale mais passable. Robocop 3, lui, n'est sorti que dans quelques vidéo clubs.

Si vous avez vu le premier Robocop, vous avez peut-être été scandalisé par la violence, l'apparition du gore dans un film difficilement classable. Il était interdit aux moins de 13 ans lors de sa sortie en salles, car il dénote un rapport à la vie humaine, et particulièrement au corps humain, propre à Verhoeven : dans un film bien structuré et l'ambiance basique, quand ça saigne, ça ne coule pas, ça éclate. Du pré-Tarantino caractérisé.

Après le succès de Batman Begins, restart insipiré d'une franchise épuisée et décousue, le policier robot peut donc revenir. Les studios ne sont pas dirigés par des gens originaux (artistes ?) : ça marche chez les copains, alors on fait pareil.

Il faut se rappeler le succès de Strange Spécial Origines, recueil mensuel de comics qui permettait aux fans de redécouvrir des héros bien ancrés dans leurs formules respectives; on y faisait la lumière sur des aspects souvent méconnus de leur personnalité, généralement liés à leur génèse ou à un épisode marquant de leur carrière.

Le spectateur, cible théorique de ces œuvres (produits ?), pourrait se plaindre de la pauvreté artistique d'une démarche qui vise à intégrer systématiquement le pourquoi du comment de chaque personnage de chaque film. C'est une option, pas une nécessité.

En l'occurrence, dans The Dark Knight, on évoque ici et là l'origine du joker, mais il n'y a pas de séquence dédiée - le fameux flashback nous a été épargné. Sans ce détour, on entre ainsi dans le vif du sujet, le joker reste entier dans son mystère. Et même quand il parle de son père, qui lui aurait infligé les cicatrices qui le caractérisent (le sourire étendu), il reste maître du récit. Après tout, il raconte peut-être cela pour se donner un genre dramatique : allez savoir s'il ne s'est pas tailladé lui-même le visage sans autre raison que, justement, la perte de la raison (cf. "Souriez", the killing joke, classique de Brian Bolland et Allan Moore).

Mais voilà. Le spectateur intéresse les studios pour sa capacité à payer sa place, pas pour son point de vue artistique. On veut qu'il se déplace, qu'il ait envie de voir, qu'il paye, pas nécessairement qu'il soit à l'aise une fois qu'il s'assied dans la salle. Pas nécessairement qu'il soit satisfait - il ne reviendra pas pour ce film-là, mais son insatisfaction le motivera probablement à tenter sa chance ailleurs, et c'est bon, globalement, pour le cinéma.

Ainsi revient Robocop, dans ce qui ne serait ni une suite, ni un remake, mais probablement un nouveau regard sur le même personnage, comme Marvel se l'est permis avec Hulk. On ne prend pas les mêmes, mais on recommence. Comme si Verhoeven n'avait jamais existé. Puisque ça marche.

En termes de stratégie, on peut se demander si l'effet de modene va pas finir par jouer des tours aux "suits" qui dirigent les studios hollywoodiens. Si un jour, Warner décide de faire mourir Batman, va-t-on assister à une hécatombe dans l'ensemble des franchises comics (et assimilés) ?

mardi 15 avril 2008

99 francs : à voir 99 fois

Ce n'est pas tous les jours qu'on regarde un divx qui vous donne envie d'acheter le DVD.

Un divx, le plus souvent c'est un fichier pirate. Le principe, contrairement à la loi, c'est de le faire tourner entre copains pour éviter de payer. Et ça nuit clairement à la création artistique. Par définition.

Jan Kounen avait abordé le sujet au moment de la sortir de Blueberry, en mettant en avant un point assez juste, déclinable à l'envi : pourquoi regarder un film d'une qualité extraordinaire sur un écran 15" avec une compression sauvage ?

Aujourd'hui, avec les écrans 24 à 30", les cartes graphiques grand public avancées et les codecs de compression aboutis, la qualité des fichiers piratés est excellente. Mais le problème se pose toujours. Un film à la maison, c'est bien, mais ça n'a rien à voir avec un écran de 30 mètres de large et de 10 mètres de haut. Réagir tout seul dans son salon ou au milieu d'une foule, c'est très différent. C'est bien aussi. Mais pas nécessairement pour découvrir un film. Nécessairement pas, devrais-je dire.

99 francs, il fallait le voir en salles. Enfant de la pub, partie prenante du système, employé dune boîte de com, je n'ai pas souhaité me replonger dans cet univers si familier en dehors de mes heures de travail.

Et j'ai eu tort.

Parce que c'est Kounen. Ce n'est pas du cinéma américain, dont il emprunte quelques codes. Ce n'est pas du cinéma français. C'est un monde à part. De la mise en scène juste, extrêment juste. Pointilleuse. On n'imagine pas la tension sur le tournage, parce qu'on oublie que tout ça a été tourné; mais en y réfléchissant après coup, on se dit que M. Kounen, il doit vraiment emmerder ses acteurs entre deux claps. Pour les pousser à l'excellence. Regardez bien : tous sont justes. Pas une seconde de relâchement. Pas de faute. Nickel.

Parce que Jean Dujardin ne fait pas du OSS117 ou du Jean Dujardin. Il est Octave Parango, il n'est pas vraiment Beigbeider, il est quelque chose d'autre. Il est authentique, sans être caricatural.

Même le point qui me fache encore un peu, que le réalisateur explique très bien, et qui doit agacer tout le monde par sa longueur (j'essaie de ne pas en dire trop), je crois que je vais finir par l'apprécier. Un auteur, ça se respecte. Surtout quand il sort le grand jeu, dans un exercice pas évident, qui consiste à s'approprier l'œuvre d'un autre, et à en faire son propre chef d'œuvre.

99 francs : à voir absolument, à revoir passionnément, à faire des pauses, des retours, à consommer sans modération.

Actuellement en prix vert à la Fnac. J'y cours.

jeudi 27 décembre 2007

Sagesse avérée des professionnels de la Prévoyance

Il y a des lectures qui amusent, qui saisissent ou qui divertissent. Il y a aussi certaines lectures qui émeuvent, qui consternent ou qui bouleversent. La lecture attentive et constructiviste d'un contrat d'assurance englobe tout cela, et va même plus loin.

On dira ce qu'on voudra des professionnels de l'assurance (les assureurs et leurs collaborateurs), il y a deux choses qu'on ne peut pas leur retirer, que vous soyez sinistré en attente prolongée de dédommagement ou grand veinard à qui il n'arrive jamais rien : ils ont le sens du détail et de la formule, double compétence qui n'est pas donnée à tout le monde.

Un paragraphe suffit à poser les bonnes questions, à définir les limites de l'inconnu et peut-être à faire trembler le cosmos.

Il s'agit des exclusions communes à toutes les garanties.

En langage courant, ce sont les cas où vous n'avez aucune chance de vous faire rembourser, quel que soit votre contrat d'assurance. Même dans un pays développé assez stable politiquement comme la France, vous allez voir que ce n'est guère rassurant. Pour qui possède, on comprend mieux pourquoi il faut à tout prix éviter les conflits en tous genres - et inversement, pour qui ne possède pas, pourquoi le recours au conflit ne pose pas de problème a priori.

Deux cas assez pratiques montrent à quel point la tâche d'assureur est délicate. D'une part, vous avez les conséquences de la guerre civile ou étrangère ou d'insurrection ou de confiscation par les autorités. En clair, si ça chauffe, votre matériel n'est pas assuré. D'autre part, les conséquences de la désintégration du noyau de l'atome. En cas de problème lié au nucléaire, on pense notamment à l'explosion d'une bombe atomique entrainant un dysfonctionnement de votre matériel (la fameuse impulsion électro-magnétique, par exemple), celui-ci ne sera pas couvert. L'assurance, dûment payée et enregistrée, ne donne pas droit à un quelconque remboursement. Sécurité zéro.

En tant que citoyen, on s'imagine mal être confronté aux conséquences de la désintégration du noyau de l'atome. Et pour reprendre l'expression de Jerry Seinfeld, en cas de conflit, si votre foyer se trouve dans le rayon d'une explosion nucléaire, l'assurance de vote baladeur MP3 n'est sans doute pas votre principal problème. Vous venez de prendre une bombe sur la figure, votre maison est en ruines, le quartier est dévasté, vous respirez des gaz hautement nocifs, votre vie ne tient qu'à un fil, et votre assureur refuse de couvrir les frais de réparation de votre console ! Quel juriste est à l'origine de ce point précis ? Qui donc prévoit, en cas de conflit armé induisant une attaque atomique, de ne pas assumer le coût de réparation de votre console de jeu portable ? Il suffisait de prévoir un cas aussi improbable, d'écrire noir sur blanc que c'était éliminatoire, et le tour est joué. Un pied délivre l'autre, comme à chat perché.

Dans un pays où l'électricité est en partie assurée par des réacteurs nucléaires, que se passe-t-il en cas de sur-tension fatale ? N'est-ce pas là, au bout du compte, une conséquence (franchement indirecte) de la désintégration du noyau de l'atome ?

Allons un peu plus loin. Attardons-nous une minute sur le sort du soldat, de faction dans une zone de conflit a priori sous contrôle quelque part au Moyen-Orient, après des mois de surveillance sans la moindre coup de fusil. Pour tuer l'ennui, il réussit à se procurer une petite console portable, et souscrit une assurance vol-casse. Si son camp finit par essuyer une attaque, en plus du risque pour sa vie, sait-il que son matériel ne sera pas couvert ? Qui est le mieux couvert, d'ailleurs ? Lui ou sa console ? Est-ce que cela risque d'influencer ses décisions ?

Une chose est sûre, l'assureur ne se soucie pas de Dieu. Nulle mention sur les conséquences d'une intervention divine. Oubli de juriste ? Preuve ultime de l'absence de Dieu ? Bien sur que non ! Cela rejoint tout simplement un autre point, la Perte par suite d'un événement de force majeure (Perte provoquée par un événement irrésistible, imprévisible, extérieur, empêchant la récupération physique de l'Appareil garanti). Si, un jour, la colère de Dieu détériorait votre console portable, il vous faudrait récupérer l'objet pour montrer les dégâts, prouver que Dieu existe, et que c'est lui qui a détérioré votre matériel.

L'assurance, au fond, c'est une question de bon sens et de précision.

jeudi 6 décembre 2007

Pouvoir d'aphone

Comment va votre pouvoir d'achat en ce moment ?

Noël approche, les sapins sont de sortie, et la grande question, c'est… combien ? Combien allez-vous pouvoir dépenser ?

Attention, ce chiffre vous définit en tant que personne.

Vous connaissez le score de l'année dernière, il va falloir faire encore mieux cette année.

Combien, la diagonale de votre future télé Full HD, qui ne se chiffre plus en centimètres, mais en pouces ? Combien de chevaux, la prochaine voiture ? Combien de watts, les enceintes ? Combien de millions de pixels, l'appareil photo-téléphone-lecteur MP3-video ?

Le pouvoir d'achat, au cœur des débats un peu partout en France, vous n'y échappez pas, vous êtes concerné, puisque vous n'arrêtez pas de dépenser. Le pouvoir d'achat, vous l'avez, vous vous êtes bien débrouillé, encore, cette année.

Evidemment, tout augmente. Le prix, proportionnel à votre désir, n'arrête pas de grimper.

Fight Club, c'est démodé. Les objets que vous possédez vous possèdent depuis bien longtemps.

Votre prochain téléphone mobile ne sera pas le dernier : il est déjà dépassé à son arrivée en rayon.

Votre forfait de téléphone mobile, c'est un loyer dont vous devez vous acquitter pour être habité par une cartouche qui sonne et qui vibre, qui vous sauve la vie plusieurs fois par jour et qui vous réveille même la nuit.

Il y a le forfait, et le hors-forfait. Une minute de trop et c'est l'amende. Tolérance zéro. Dépendance totale.

Quand vous discutez au téléphone, est-ce que vous pesez davantage vos mots quand vous êtes hors-forfait ? Est-ce que vous stressez quand vous arrivez dans la dernière minute ? Est-ce que vous entendez tomber les euros de votre poche quand la conversation s'éternise ? Vous arrive-t-il de soupçonner vos amis de toucher une commission sur vos minutes de dépassement ?

En cas de grand dépassement, pourrait-on négocier avec son opérateur une remise de peine pour bonne conduite, une liberté d'appeler à condition de donner les noms de ses complices, échanger des renseignements sur leurs habitudes de consommation contre quelques minutes de plus ?

Il y a toujours une vie au-delà du forfait, une vie surtaxée.

C'est sans doute un réflexe de consommateur : le bonheur est dans le prix.

On vous vend le téléphone fixe illimité, vous consommez du portable toujours trop limité. Vous préférez la discussion de couloir, dans la rue ou dans une brasserie au beau milieu du déjeuner à la tranquille conversation du soir dans un fauteuil. On vous vend internet haut débit illimité à prix fixe sur des écrans 24 pouces, mails à volonté, vous voulez envoyer des SMS payants en toute liberté, du surf rationné sur un écran minuscule que vous tapotez en y laissant l'empreinte de doigts tous gras. On vous donne un portable correct avec votre forfait, il vous faut le tout petit trop petit très cher qui prend de la vidéo, dessiné par un spécialiste de la voiture de sport, qui fait des photos approximatives de vous joue contre joue avec une amie dans une boîte parisienne une vodka-orange à la main. Vous avez MSN gratuit au bureau et à la maison, vous allez trouver le moyen de payer une petite fortune pour l'avoir aussi dans le métro !

Et vous êtes tellement utile à l'activité économique de votre pays qu'au bord du déficit, d'aucuns négocient actuellement pour vous permettre de continuer à consommer.

Vous avez demandé le pouvoir ? Ne quittez pas…

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